20 octobre : L’Existrans prend la Bastille

Publié par jfl-seronet 125 lectures
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L’Existrans : la marche des personnes trans et de celles et ceux qui les soutiennent aura lieu cette année le samedi 20 octobre à Paris. Le cortège partira de la Place de la Bastille à 14 heures pour une marche symbolique et militante où chacune et chacun sont attendus pour défendre les revendications du Collectif Existrans. Quelles sont ces revendications ?
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"Pour cette seizième édition, et dans un climat politique où le changement semble être l’objectif de toutes et tous, nous comptons bien faire entendre nos voix afin que cesse la transphobie ordinaire impulsée par l’Etat français", explique le Collectif Existrans qui a des attentes assez précises vis-à-vis de l’Etat.
 
"Des papiers : si je veux, quand je veux"
"Nous attendons de l’Etat français l’arrêt immédiat et sans conditions de la marginalisation des populations trans, énonce le Collectif. Les communautés trans sont quotidiennement stigmatisées. Emploi, logement, sécurité, justice, prestations sociales, actes administratifs : aucun domaine n’échappe à la précarité dans laquelle nous sommes plongé-e-s. Sans état-civil conforme à notre genre identitaire et/ou à notre apparence, chacune des actions de la vie quotidienne devient un parcours du combattant."

"Il arrive d’ailleurs que, face à ces difficultés, au rejet, aux violences transphobes qui peuvent aller jusqu’au meurtre, certaines personnes trans craquent et se suicident. Stop ! Il faut que cela change ! Si la possibilité d’avoir des papiers en conformité avec son identité de genre est un enjeu central dans ce combat pour plus de dignité, il n’en reste pas moins qu’un enjeu parmi d’autres tout aussi importants", explique Existrans qui demande donc et "sans délai" : "Le changement d’état-civil sans condition, sans obligation de stérilisation et de suivi psychiatrique".
 
Des revendications urgentes
Dans le document de présentation de la prochaine marche, le Collectif Existrans fait le point sur l’ensemble des revendications qui y seront portées. Par exemple : "Le libre choix des médecins, avec le maintien des remboursements des parcours de transition en France ou à l’étranger" ; "La reconnaissance de la transphobie comme discrimination liée à l’identité de genre et non à l’identité sexuelle" ; "La lutte contre la transphobie par des campagnes nationales de sensibilisation" ; "La formation et la sensibilisation des personnels en contact avec les personnes trans (santé, éducation, social, administratif, justice, etc.).
 Certaines revendications sont liées aux enjeux de santé. Existrans demande ainsi : "Des recherches sur les interactions entre antirétroviraux et hormonothérapie, et sur les effets de la prise d’hormones à long terme" ; "Plus de campagne de prévention contre le VIH/sida, les hépatites et les IST en direction des personnes trans" ; "Le démantèlement immédiat des équipes hospitalières en charge des questions trans". D’autres revendications portent sur "L’abolition de la loi sur le racolage public et le refus de la pénalisation des clients des travailleurs et travailleuses du sexe, qui aggravent la précarité des personnes trans concerné(e)s" ; "Le respect de l’identité de genre et l’amélioration des conditions des personnes trans en prison" ; "Faciliter la régularisation des personnes trans migrantes".
 
Craignons la transphobie, pas les trans !
"Il est urgent que ces mesures légitimes, cohérentes et vitales soient prises en compte afin que chacun(e) puisse vivre décemment et librement, en conformité avec les principes fondamentaux de notre République, fondée sur le respect de la dignité humaine ainsi que sur le droit à disposer de son corps. Des principes à valeur constitutionnelle. Si la France est le pays des droits de l’homme : qu’elle le montre !", tonne le Collectif. "Si nous soulignons le petit pas en avant opéré à l’occasion du débat sur la loi concernant le harcèlement sexuel, ayant introduit la transphobie dans le code pénal [voir article sur Seronet], cela n’est cependant pas suffisant !  L'adoption de ce texte ne doit pas reléguer au second plan les autres revendications des communautés trans ! Les petits pas ne doivent pas nous épargner d’en faire de grands !", indique Le Collectif Existrans.


"La France va-t-elle enfin sortir de l'âge de pierre et faire l'effort d'adapter sa législation aux préconisations européennes telles que la résolution 1728, ou encore aux principes de Jogjakarta comme c’est le cas depuis le mois de mai 2012 en Argentine [voir interview sur Seronet, ndlr] ? Sur la question des droits de l'Homme, une sérieuse mise à niveau s'impose ! Il existe aujourd’hui une réelle opportunité d’éradiquer de façon pérenne le règne de la stigmatisation et l’omerta gouvernementale : saisissons-la et soyons nombreux et nombreuses  le 20 octobre prochain afin de faire entendre la voix des trans oublié(e)s, fantômes de la République, invisibles dépossédé(e)s de leurs identités !"


Le Collectif Existrans soutient la campagne internationale Stop Trans Pathologization 2012.

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