8 mars, presque de A à Z

Initiative Publié par jfl-seronet 1188 lectures
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Cette année, Seronet a souhaité proposer une approche un peu différente pour la Journée internationale des droits des femmes… en sélectionnant par ordre alphabétique différentes entrées qui parlent des femmes : en mots, en chiffres, en maux et en découvertes ! Un panorama avec ses partis pris... qui donne à réfléchir. Bonne découverte.

Officialisée par les Nations Unies en 1977, la Journée Internationale des droits des femmes trouve son origine dans les luttes des ouvrières et des suffragettes du début du 20e siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Depuis 1977, c’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes dans tous les domaines. On le sait peu… mais généralement l’Onu Femmes définit une thématique chaque année. Cette année, celle qui a été retenue est "les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50-50 d’ici 2030".

A la rue !

En France, 2 % des noms de rue portent des noms de femmes.

A comme avortement

Que ce soit dans certains pays européens (Pologne, Italie, etc.) ou aux Etats-Unis, l’avortement est désormais de plus en plus souvent remis en cause. L’arrivée de l’administration Trump aux Etats-Unis a suscité des craintes chez les défenseurs de l’avortement, d’autant que le nouveau locataire de la Maison Blanche s’est très vite engagé dans une politique anti-avortement. Il a ainsi signé un décret interdisant le financement, par des fonds fédéraux d'organisations non gouvernementales internationales qui soutiennent l'avortement. Cette mesure est un classique des présidents républicains : la mesure avait été mise en place sous le républicain Ronald Reagan en 1984, annulée par Bill Clinton, rétablie par George W. Bush et de nouveau supprimée par Barack Obama. Donald Trump l’a donc rétablie à son tour. Ce désengagement financier américain vis-à-vis de ces ONG a été estimé à 600 millions d'euros. Cette politique est très contestée, notamment dans les pays européens. "Je pense que la décision de l'administration Trump est une mauvaise décision. Et je n'ai vu aucun argument en faveur de cette décision", expliquait récemment le vice-Premier ministre belge et ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo. Le 2 mars dernier, les représentants de près de 50 pays se sont engagés à Bruxelles à débloquer quelque 181 millions d'euros en faveur des droits des femmes dans le monde, afin de compenser la politique anti-avortement de Donald Trump. La Suède a promis une enveloppe de 21 millions d'euros, la Belgique, le Danemark et les Pays-Bas se sont chacun engagés à hauteur de 10 millions d'euros. La France et le Royaume-Uni ont demandé un délai supplémentaire tout en réitérant leur engagement en faveur des droits des femmes, explique "le Quotidien du Médecin". Par ailleurs, les décrets de Donald Trump sur ce sujet ont fait réagir plusieurs scientifiques et médecins car ils ne portent pas seulement atteintes à l’avortement : ils ont également des conséquences sur les programmes de contraception et de réduction de grossesses involontaires. Des experts affirment d’ailleurs que loin de lutter contre l'avortement (objectif affiché par l’équipe Trump), l'assèchement des financements des ONG défendant un accès aux soins et développement des moyens de contraception entraîne mécaniquement l'augmentation des IVG.

B comme Becker-Monderson

En 2016, le musée d’art moderne de la Ville de Paris avait consacré une très belle expo à cette peintre allemande, spécialiste du portrait. On peut voir en ce moment un film de Christian Schwochow, "Paula" (sorti le 1er mars). Il retrace le parcours de cette artiste atypique, née en 1900, qui a fui son mari pour être reconnue comme artiste à Paris. Paula Becker-Modersohn est l’une des premières femmes peintres à imposer son propre langage pictural.

Ça compte !

Il y a des chiffres qui font mal. Chaque jour, plus de 40 000 filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Les complications liées à la grossesse et à l’accouchement demeurent la deuxième cause de décès chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans et on estime à environ 120 millions le nombre de filles victimes de viols ou de rapports sexuels contraints à un moment de leur vie dans le monde. C’est ce que rappelait le patron de l’Onusida, le 8 mars 2016.

C comme CAC 40

A ce jour, deux femmes sont à la tête d’une entreprise du CAC 40 : Sophie Bellon (Sodexo), Elisabeth Banditer (Publicis). Pour celles et ceux qui ne passent par leur temps les yeux rivés sur les "Echos", le CAC 40 (cotation assistée en continu) est le principal indice boursier de la place de Paris. Il est déterminé à partir des cours de quarante actions cotées (donc les 40 plus grandes entreprises françaises) en continu sur le premier marché boursier français.

C comme cardio-vasculaire

A l'échelle mondiale, les maladies cardio-vasculaires, souvent considérées comme un problème "masculin". Pourtant, elles sont la première cause de décès chez les femmes.

Cheffe d’orchestre

Bon, autant prévenir, les femmes qui sont cheffes d’orchestre sont très peu nombreuses : 4 %. On peut notamment citer Emmanuelle Haïm, Laurence Equilbey ou Claire Gibaut.

C comme Colette

Pantomime, actrice, journaliste, mais surtout femme de lettres, la romancière qui écrivait sous le pseudonyme de Willy les romans de son mari est aussi connue pour quelques citations bien sentie. Celle-ci est assez typique du bel esprit de cette personnalité sulfureuse à laquelle l’Eglise catholique refusa un enterrement religieux : "Les femmes libres ne sont pas des femmes".

D comme durée de vie

A l’échelle mondiale, les femmes vivent en moyenne quatre ans de plus que les hommes. En 2011, l'espérance de vie des femmes à la naissance était de plus de 80 ans dans 46 pays, mais de seulement 58 ans dans la région africaine de l'Organisation mondiale de la Santé.

E comme écart de salaire

L’écart de salaire moyen entre les hommes et les femmes est de 19,2 % en faveur des…. hommes.

E comme expertes

Evidemment on ne compte plus les femmes qui sont expertes dans tous les domaines d’activité de la science, de la recherche, etc. Curieusement, cela ne se traduit pas dans les invitations dans les médias. Ainsi la proportion de femmes expertes invitées à commenter l’actualité dans les médias (notamment les télés et radios) est de 20 % !

Femmes à BD !

La maison Gallimard a sorti deux albums consacrés aux femmes qui ont inventé leur destin en bousculant les modes, les conventions, l’ordre établi. Il s’agit de : "Culottées. Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent", volumes 1 et 2. On les doit à la dessinatrice Pénélope Bagieu à son style à la fois alerte et précis, vivant, tonique. Guerrière apache ou sirène hollywoodienne, gardienne de phare ou créatrice de trolls, gynécologue ou impératrice, les Culottées font voler en éclats les préjugés dans le premier volume. Sonita, rappeuse afghane et exilée militante, Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes, Nellie, journaliste d'investigation au 21e siècle, Cheryl, athlète marathonienne ou encore Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde... Voici quelques uns des quinze nouveaux portraits drôles et sensibles de femmes contemporaines qui ont inventé leur destin, savamment croquées par la dessinatrice. Au total des deux volumes, ce sont trente portraits de femmes qu’on savoure. Chaque album est vendu 19,50 euros. Une découverte qui s’impose en cette journée du 8 mars.

I comme injustice

Pas de long discours, une pensée plutôt, celle de madame Roland, tirée de ses mémoires : "Le soin de me soustraire à l’injustice me coûte plus que de la subir". Manon Roland, dite madame Roland, fut un bel esprit des salons littéraires avant d’être guillotinée à la révolution.

K comme Kasischke

Ecrivaine américaine originaire du Michigan, Laura Kasischke est souvent comparée à Joyce Carol Oates pour sa critique vénéneuse de la société américaine. Auteure de poèmes, Laura Kasischke a un style incomparable, une façon très particulière de raconter des destins de femmes… Si vous ne la connaissez pas encore… on ne peut que vous recommander tous ses romans qui sont d’une grande puissance, d’une très grande maîtrise. A lire surtout, la "Couronne verte", "Rêves de garçons", "Suspicious river" ou encore "Les Revenants". Tous ses romans (un peu moins d’une dizaine) sont édités au Livre de poche. Le dernier sorti est "La vie devant ses yeux".

Maire

Parmi les maires élues de leur commune, 16 % sont des femmes.

N comme Nin

On la lit moins… et c’est dommage car cette écrivaine américaine est virtuose et assez iconique puisque Anaïs Nin est l’une des premières à avoir écrit des ouvrages érotiques (ce sont ces mémoires en fait, en onze tomes) avec une liberté de ton assez incroyable pour son époque. Son œuvre littéraire est très vaste. Une de ses citations : "Notre vie est pour une grande part composée de rêves. Il faut les rattacher à l’action".

P comme pauvreté

Le sexe ne fait plus une très grande différence en matière de pauvreté. Ceci dit, les 2,7 millions de femmes pauvres (54 % du total) sont 364 000 de plus que les hommes. Une partie d’entre elles est à la tête d’une famille monoparentale. On trouve aussi un certain nombre de veuves ayant eu de courtes durées de cotisations et de faibles pensions de réversion de leur mari (Observatoire des inégalités, décembre 2016). Les données ne datent pas d’hier… mais pas sûr que celles d’aujourd’hui soient meilleures. En 2011, le taux de pauvreté des femmes était légèrement supérieur à celui des hommes : 14,9 % contre 13,6 %. Chez les 18-29 ans : 21 % des femmes vivent sous le seuil de pauvreté contre 17,7 % des hommes du même âge. Chez les 75 ans et plus : 12,5 % des femmes de plus de 75 ans vivent sous le seuil de pauvreté contre 8,5 % des hommes du même âge. En 2008, 73,7 % des personnes pauvres de 75 ans et plus étaient des femmes (enquête revenus fiscaux et sociaux 2011, Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Chiffres clés 2014, Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Thème2, p.7 et enquête revenus fiscaux et sociaux 2008, Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Chiffres Clés 2010, l’égalité entre les femmes et les hommes, Chiffres Clés 2010, l’égalité entre les femmes et les hommes, tab. 75, 76 p.83, 85).

P comme pension de retraite

Les inégalités dans la vie active se retrouvent au moment de la retraite. La pension de retraite moyenne en brut mensuel est de 1 007 euros pour les femmes et de 1 660 euros pour les hommes.

P comme programme du 8 mars

Pour avoir une idée des manifestations proposées à l’occasion de cette Journée internationale dans le monde entier, on vous conseille de voir sur le site (en anglais) de l’International women's day 2017 events. On peut sélectionner pays par pays les manifestations et événements proposés. Evidemment, il y en a un grand nombre !

R comme RSA

En 2012, les femmes représentent 55 % parmi les allocataires du RSA et 56 % parmi les allocataires de l’Allocation supplémentaire vieillesse et de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (minimum vieillesse). En 2009, elles représentaient 58 % des allocataires du RSA, et 57 % des allocataires du minimum vieillesse (Enquête bénéficiaires des minimas sociaux en 2012, Insee, Cnamts, Cnaf, MSA, Drees, Pôle Emploi, FSV, Cnav, CDC, régime des caisses des DOM.)

S comme sexisme

Le gouvernement français a lancé depuis septembre 2016 un grand plan de lutte contre le sexisme en France. "Les mouvements féministes, les lois, les politiques publiques ont permis des progrès considérables. Néanmoins, les inégalités persistent. Certaines se chiffrent, avec des écarts dont l’ampleur surprend bien souvent ceux qui en prennent connaissance : salaires inférieurs, violences, faible représentation dans les médias ou en politique. D’autres se cachent insidieusement des yeux du grand public, se devinent et se supposent : le sexisme est le plus lourd des plafonds de verre à briser !", explique le gouvernement sur un site dédié à ce plan. Ce plan d’actions et de mobilisation contre le sexisme invite l’ensemble des citoyennes et des citoyens à agir et à réagir, en proposant des initiatives qui font reculer le sexisme, en soutenant la mobilisation et en témoignant de leurs expériences du sexisme.

S comme suffragette

En 1903, Emmeline Pankhurst fonda l'Union sociale et politique féminine (Women's social and political union, WSPU) avec ses deux filles Christabel et Sylvia ainsi qu'un groupe de femmes britanniques rapidement nommées suffragettes et commença une bataille plus violente pour obtenir l'égalité entre hommes et femmes. Le féminisme d’aujourd’hui et les droits des femmes lui doivent beaucoup.

T comme tâches domestiques

Le temps supplémentaire par jour que consacrent les femmes aux tâches domestiques par rapport aux hommes est, en France, en moyenne, de 1h30.

T comme travail

La place des femmes dans le monde du travail est un enjeu primordial puisque c’est par le travail que les femmes gagnent leur autonomie financière, l’un des piliers de l’égalité (…) La division du travail à l’entreprise adopte les mêmes contours que ceux de la famille. Les femmes, au nom de leurs qualités "naturelles", y sont assignées à des métiers qui valorisent ces fameuses qualités. Ainsi, 48 % des femmes occupant un emploi sont concentrées dans quatre secteurs d’activité sur les vingt-quatre que compte le pays : la santé et les services sociaux, l’éducation, l’administration publique et le commerce de détail (….) Au fil des ans, le travail à temps partiel est devenu la figure emblématique de la division sexuelle du marché du travail et aussi le moteur du sous-emploi. Aucun gouvernement n’a voulu jusqu’à présent s’attaquer à ce problème, car cette organisation sexuée du travail est constitutive de l’exploitation capitaliste et de la domination patriarcale". Laurence Cohen, responsable nationale au PCF des droits des femmes-féminisme et sénatrice, dans "La place des femmes dans le monde du travail a-t-elle évolué ?" dans "L’Humanité", 8 mars 2016.

V comme VIH

"En 2014, on estimait à environ 220 000 le nombre de nouvelles infections à VIH chez les adolescentes âgées de 10 à 19 ans et les adolescentes représentaient 62 % des nouvelles infections dans ce groupe d’âge à travers le monde. En Afrique subsaharienne, les adolescentes de 10 à 19 ans représentent 72 % de l’ensemble des nouvelles infections à VIH dans ce groupe d’âge. La violence sexiste et l’absence de contrôle sur les décisions qui affectent leur propre vie accroissent le risque d’infection à VIH chez les femmes et les filles". Déclaration Onusida, 8 mars 2016.

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