Belgique : un bon plan… contre le VIH

Publié par jfl-seronet 302 lectures
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Evidemment, lorsque les statistiques sont mauvaises… il est grand temps de réagir. Ce principe vaut dans bien des domaines, y compris celui de la santé. C’est exactement ce qui se déroule en Belgique concernant la lutte contre le VIH/sida. Les chiffres sont mauvais… alors le gouvernement bouge et lance un nouveau plan. Explications.
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Le 28 septembre, Frédéric Soumois, journaliste spécialiste de la santé au quotidien belge "Le Soir", consacre un article au VIH, et plus spécifiquement au dépistage. "En dix ans, le taux de malades infectés par le VIH a crû de 70 %, malgré la haute qualité de la prise en charge des patients, énonce-t-il. La Belgique affiche le double d'infections par rapport à l'Europe". La raison ? Le journaliste la livre : "un dépistage déficient". Il faut reconnaître que les indicateurs ne sont pas bons. Par exemple, plus de la moitié des personnes "découvrent très tard qu'elles sont séropositives, alors qu'elles doivent être traitées d'urgence". De son côté, "La Libre Belgique" a également mené son enquête. Le journal rappelle que "d’après le dernier rapport du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC), la Belgique est, derrière l’Estonie et la Lettonie, et devant le Royaume-Uni, le troisième pays en Europe où l’on a enregistré le plus haut taux d’infections par le VIH/sida". "En 2010, notre pays a connu une incidence de près de deux fois celle de l’Union Européenne et largement supérieure à celle de nos voisins directs, note le journal. Entre 1997 et 2010, le nombre de nouveaux cas d’infections VIH diagnostiqués par an a augmenté de 70 % !"

Répété et répété dans la presse, ce chiffre de 70 % n’est sans doute pas pour rien dans l’offensive qu’a lancée la ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx (PS). Elle souhaite, très logiquement, que ces chiffres baissent. Elle a donc annoncé, fin septembre, le lancement d’un plan qui devrait donner les moyens aux associations de terrain de pratiquer un vrai dépistage intensif. Comme l’explique Frédéric Soumois dans "Le Soir", il s’agit de cibler "les populations à risque, prostitution masculine, bars gays, immigrés subsahariens, usagers de drogues injectées… En faisant tout pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination. Mais aussi en brisant le politiquement correct qui jetait un voile sur le fait qu'un patient sur deux est belge et que l'infection chez les hommes homosexuels grimpe en flèche".

Autrement dit, la ministre Laurette Onkelinx veut dépister les séropositifs sur le terrain. "On est trop centré sur le dépistage clinique. Le dépistage doit descendre dans la rue (...) être présent lors d'événements rassembleurs comme les Gay Pride", expliquait la ministre fin septembre. "Mais aussi dans les lieux de prostitution. Et dans les quartiers à forte concentration de population immigrée de l'Afrique subsaharienne (...) Il faut aussi que ceux qui s'injectent des drogues soient touchés, via une collaboration avec les associations", ajoutait-elle alors, citée par RTL. Autre annonce ministérielle, la défense de ce qu’elle appelle un "trajet de soins", afin d'obtenir le meilleur traitement, avec un soutien psychologique sur le long terme. Bref, il s’agit rien moins que d’un nouveau "plan" que la ministre veut opérationnel en juin 2013. Evidemment, un dépistage plus performant aura pour conséquence d’amener plus de personnes (qui vont découvrir leur séropositivité), vers l’hôpital. "C'est pour cela que le budget de la santé doit croître davantage que le reste du budget de l'Etat", concluait la ministre sur RTL.

Contrairement à ce qui peut se passer ailleurs, le nouveau plan belge n’est pas tombé de la branche, c’est le résultat de trois mois de consultations et d’une volonté de faire différemment. Ainsi, comme le rappelle "La Libre Belgique", il s’agira "en ce qui concerne le suivi, la qualité de vie et la prise en charge du séropositif, (…) de veiller à apporter une réponse globale au séropositif et à mieux l’accompagner dès l’annonce du diagnostic, face à ses craintes et ses difficultés : traiter avant tout une personne et non une maladie. Il faudra aussi parvenir à surmonter les obstacles à une bonne prise en charge, qu’ils soient d’ordre linguistique, culturel, social."Pour cela, le plan entend développer un "véritable réseau de prise en charge, structuré et organisé, au sein duquel tous les acteurs - dont le rôle sera clairement défini - sont partenaires".

"Dans ce réseau, les séropositifs eux-mêmes doivent être impliqués, peut-on lire dans le document ministériel, et pas uniquement en leur qualité de patient, mais en tant que personne capable d’assumer un rôle clé dans cette mission". Quant aux associations, "elles doivent y voir leur rôle renforcé, sans relation de subordination au corps médical, mais dans le cadre d’un véritable partenariat". Un des grands principes du plan est… de gagner du temps. "Si tous les médecins spécialistes doivent être impliqués, les généralistes ont un rôle crucial à jouer ; entre les deux, on tentera d’optimaliser la communication et la coopération. On essaiera de raccourcir le temps entre le diagnostic et l’envoi vers un centre spécialisé", indique le journal. Il explique que : "La précocité du diagnostic est cruciale, le dépistage tardif pouvant limiter l’efficacité du traitement et le choix des thérapeutiques, de même qu’augmenter la morbidité et la mortalité. Sans compter que le dépistage tardif entraîne non seulement des implications individuelles mais aussi collectives".

C’est Warning-Bruxelles qui a réagi parmi les premiers aux propos de Laurette Onkelinx dans son allocution à la Conférence Breach (Belgian Research Aids & HIV Consortium). Dans un communiqué (4 octobre), l’association belge "salue chaleureusement les propos" de la ministre et en profite pour tacler les organisateurs de la conférence qui, selon Warning-Bruxelles, ont refusé la tenue d’un atelier intitulé "Vers un conseil positif en Belgique", atelier centré sur "la participation significative des personnes séropositives dans la gouvernance de la lutte contre le VIH/sida". L’association voit dans ce refus une grave entorse au principe GIPA (en anglais : Greater Involvement of People living with AIDS/HIV). Ce principe, suivi par de nombreux pays, vise à garantir aux personnes vivant avec le VIH l’exercice de leurs droits et de leurs responsabilités y compris leur droit à l’autodétermination et à la participation aux processus de prise de décisions qui affectent leur propre vie. Ce principe assure, entre autres, une meilleure qualité et une plus grande efficacité de la riposte au VIH/sida.

Par contraste avec ce refus, Warning Bruxelles se "réjouit donc que la vice-Première ministre et ministre des Affaires sociales et de la santé publique propose un Plan national VIH/sida où "les séropositifs eux-mêmes doivent être impliqués (…) et pas uniquement en leur qualité de patient, mais en tant que personnes capables d’assumer un rôle clé dans cette mission". Autre motif de satisfaction : que la ministre place au cœur de son programme le dépistage rapide "hors les murs". Warning-Bruxelles estime que cet engagement rejoint le travail et la mobilisation que l’association conduit à Bruxelles "depuis deux ans sur l’urgence d’étendre l’offre de dépistage en Belgique, en particulier chez les homo/bisexuels en région de Bruxelles-Capitale. Un projet, TEST OUT, mené en partenariat avec des ASBL (associations sans but lucratifs) de lutte contre le VIH/sida dans les communautés française et néerlandophone, existe depuis 2011. "Warning Bruxelles attend maintenant la mise en place des mesures effectives dans le cadre du Plan national VIH/sida et compte sur une véritable concertation avec les associations engagées sur le terrain de la santé gay en Belgique", conclut l’association dans son communiqué.

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Commentaires

Portrait de erni

ils n'ont pas que des frites!!! ils ont des idées?bonnes en plus