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Discriminations LGBT : le gouvernement fait groupe !

Un projet politique… dans un contexte
Le gouvernement souhaite accompagner les débats sur l’ouverture du mariage et de l’adoption à tous les couples d’un ensemble de mesures, principalement pédagogiques, afin de "lutter sans concession contre ces stéréotypes, ces stigmatisations, ces discriminations, ces violences… et pour faire reculer les archaïsmes dans tous les domaines, qu’il s’agisse de l’éducation, du sport, du travail ou de la santé". Pour ce faire, le ministère des Droits des femmes a lancé une large concertation des acteurs de la société civile (associations, personnes qualifiées, syndicats) dans laquelle AIDES prend pleinement part. Le travail mené s’inscrit, selon le souhait du Premier ministre, dans une démarche d’animation interministérielle, des représentants des cabinets d’autres ministères (Justice par exemple) participent donc aux réunions et à tous les groupes de travail. On notera cependant que le ministère de la Santé n’a pas jugé bon d’envoyer de représentants dans les groupes de travail.
Sur quoi travaillent les groupes ?
Six groupes : six sujets. Un premier groupe traite de la dépénalisation universelle de l’homosexualité : une action internationale de la France réaffirmée récemment à l’ONU par François Hollande. Sont aussi à la discussion le droit d’asile des personnes LGBT persécutées, et les droits des militantes et militants à l’étranger. Le deuxième travaille sur la lutte contre les stéréotypes. Et tout spécialement sur la mobilisation des acteurs de l’éducation, de la culture, de la santé et du sport. A lui aussi de plancher sur les actions contre le suicide des jeunes LGBT. Ce sont les politiques de l’égalité que prend en charge le troisième groupe avec notamment la lutte contre les discriminations dans l’emploi, et la promotion des bonnes pratiques. Le quatrième groupe travaille, lui, sur la lutte contre les violences faites aux personnes LGBT. Champ très large qui va de la prévention, à la poursuite des auteurs, de l’accompagnement des victimes au recueil des données. La famille et la solidarité sont au cœur des travaux du cinquième groupe qui réfléchit et propose sur la lutte contre les discriminations visant les enfants des familles LGBT ainsi que la situation des personnes LGBT vieillissantes. Un dernier groupe consacre ses travaux au parcours des trans : lutte contre la transphobie, rectification de l’état civil, accès aux soins pour celles/ceux qui le souhaitent, etc. Par ailleurs, il est envisagé de créer un groupe qui traiterait de la situation des personnes LGBT en détention.
Questions de méthode
Chacun des groupes suit un programme serré de rencontres : trois en un mois, qui se déroulent toutes au ministère. Cette phase de consultation/concertation devrait déboucher sur un rapport au Premier ministre à la fin du mois d’octobre. Certains participants vont rédiger en complément une contribution. Ce sera le cas de AIDES qui va rédiger une contribution qui sera intégralement retranscrite dans le rapport final remis à Jean-Marc Ayrault. Les organisateurs sollicitent d’ailleurs les contributions écrites. Même si des participantes et participants viennent de régions, le ministère a souhaité éviter tout procès en parisianisme. Najat Vallaud Belkacem participe donc à des rencontres en régions avec les associations LGBT. C’était récemment le cas à Montpellier.
Les assos en sont
Nombreuses, diverses, pointues sur les sujets, représentatives, sont les associations qui ont été invitées par le ministère a participé aux différents ateliers. On y trouve des structures comme l’Inter-LGBT, l’APGL, le RAVAD, OUTrans, la Fédération des Centres LGBT, etc. Et AIDES. Solidaire des mouvements LGBT sur les différents sujets abordés, AIDES entend interpeller plus particulièrement le gouvernement sur les enjeux de santé publique liés au VIH/sida. L’association entend ainsi profiter de cette tribune qu’est cette consultation inédite dans son ampleur pour avancer sur de nombreux sujets comme la lutte contre la sérophobie, les enjeux du vieillissement avec le VIH, la création de dispositifs adaptés aux communautés LGBT, en particulier sur la santé sexuelle.
Des sujets à porter
C’est au cinquième groupe, celui consacré à la famille et la solidarité, que participe Franck Barbier, responsable action thérapeutique et santé à AIDES. Le groupe travaille sur l’homoparentalité, la transparentalité et les personnes LGBT qui vieillissent. Dans le tour de table des participants, il a défendu que la lutte contre les discriminations n’est pas seulement "un parti-pris humaniste ou une mesure de progrès démocratique ; c’est aussi quelque chose qui participe à la santé de groupes de populations et de la population en général". Autrement dit, il y a "un lien qu’il faut bien voir entre discrimination et estime de soi, capacité à prendre soin de soi, à s’inscrire dans un système de prise en charge continu, à prendre un traitement notamment au long cours, à se faire dépister, à renforcer sa maîtrise contre les risques auxquels on est exposé, etc." Franck Barbier a rappelé que "les discriminations sont facteurs de mauvaise santé dans la population, à bien des endroits et au-delà du constat des répercussions délétères psychiques ou sociales qu’on peut tous faire. AIDES en luttant contre les discriminations, notamment à l’endroit des groupes aujourd’hui plus vulnérables, entend favoriser la santé des personnes et voit cette lutte comme une action concrète contre le VIH/sida, qui concerne particulièrement les personnes LGBT". Il a aussi insisté lors de son intervention sur un autre point. "Les discriminations qui frappent les personnes LGBT se cumulent parfois avec celles dues au VIH, ou aux discriminations liées à l’état de santé. Quant la sérophobie s’ajoute à l’homophobie ou la transphobie, c’est une double peine". "La sérophobie devrait être une circonstance aggravante des discriminations liées au genre ou à l’orientation sexuelle", a-t-il notamment défendu. Un exemple, parmi d’autres, de ce qui est défendu par AIDES. Les travaux se poursuivent. Résultat ? Le rapport au Premier ministre fin octobre. Il restera alors à surveiller la traduction politique qui en sera faite.
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