Etats-Unis d'un côté, macaques de l'autre : deux études importantes

Publié par olivier-seronet 1058 lectures
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La journée du jeudi 18 février a commencé comme la veille avec deux présentations importantes, l’une concernait l’épidémie de VIH/sida aux Etats-Unis et l’autre présentait les derniers résultats d’un travail en cours concernant l’infection à SIV (le virus qui entraîne une maladie de type sida chez le macaque) chez certaines espèces de singes qui sont infectées par le SIV, mais ne développe pas pour autant la maladie.
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L’épidémie de VIH/sida aux Etats-Unis
Kimberly Smith, professeur de médecine et spécialiste du VIH, a rappelé aux participants que l’épidémie de VIH/sida concerne les Afro-américains de manière bien plus importante que les blancs ou les hispaniques. En effet, les Afro-américains représentent 12 % de la population, mais 48 % des cas de VIH/sida aux Etats-Unis. Elle a montré que certaines villes ou régions américaines connaissent des taux de prévalence comparables à certains pays d’Afrique. Kimberly Smith a ensuite longuement traité des raisons de cette situation inacceptable dont les causes sont multiples comme, par exemple, la pauvreté, le faible accès à l’éducation, le nombre élevé d’emprisonnement et le fort taux d'infections sexuellement transmissibles, etc. Elle montre aussi que la probabilité d’exposition au VIH est bien plus importante chez les Afro-américains puisque que la prévalence est élevée au sein de cette communauté. L’accès aux soin et aux traitements y est également plus faible. Ainsi, plusieurs cohortes montrent que les médecins retardent l’accès au traitement des Afro-américains parce qu’ils ont des préjugés sur le fait que les personnes afro-américaines prendront moins bien leur traitement. En revanche, des expériences d’accompagnement social de la prise en charge médicale démontrent qu’en adaptant le système aux besoins des personnes les plus vulnérables on obtient des résultats tout à fait comparable en terme de réussite des traitements. Kimberly Smith a dressé un tableau sombre de la situation de l’épidémie de VIH/sida aux Etats-Unis démontrant que la première puissance mondiale reste dans l’incapacité d’adapter son système de santé pour répondre aux besoins de toutes les communautés, et tout particulièrement les plus fragiles.

Les signes sooty mangabeys ne développent pas la maladie sida
Guido Silvestri, de l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis), a fait état des derniers travaux de son équipe qui tente d’expliquer pourquoi les signes mangabeys couronnés ne développent pas le sida lorsqu’ils sont infectés par le SIV (virus proche du VIH circulant chez les singes) à la différence d’autres espèces de singe comme le macaque qui, elles, développent la maladie. Les mangabeys ne voient pas leur système immunitaire endommagé malgré des charges virales de SIV très élevées. Ces travaux pourraient avoir un impact important dans la mise au point d’un vaccin anti-VIH. Les derniers résultats, qui demandent à être confirmés, montrent, en particulier, que certaines cellules de l’immunité des mangabeys ne possèdent pas à leur surface les clés qui permettent au virus SIV de les infecter (à la différence de celles des macaques). Ces cellules permettraient, puisqu’elles sont protégées de l’infection, de maintenir un haut niveau de production de molécules qui conduiraient au maintien de la production de nouveaux CD4, ce qui maintiendrait le système immunitaire complètement fonctionnel.

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