Médicaments : les ruptures ont doublé en 2016

Thérapeutique Publié par jfl-seronet 955 lectures
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Les ruptures de stock de médicaments ont connu une très forte augmentation en 2016 : elles ont doublé ! Depuis 2006, les professionnels de santé de tous les pays, dont la France, notent une hausse importante du nombre de ruptures d’approvisionnement en médicaments. Pharmacies en ville établissements hospitaliers sont concernés et toutes les spécialités médicales touchées comme le pointe un rapport de l’Ordre national des pharmaciens. Questions… et réponses.

Qu’appelle-t-on rupture d’approvisionnement ?

On parle de rupture d’approvisionnement de médicament lorsqu’une pharmacie de ville ou une pharmacie à usage intérieur (à l’hôpital) ne peut plus dispenser un médicament à un patient dans un délai de 72 heures, indique la réglementation (décret du 28/09/2012).

A qui peut être imputable une rupture d’approvisionnement ?

Soit à une rupture de stock qui se définit comme l’impossibilité de fabriquer ou d’exploiter un médicament ; soit à une rupture dans la chaîne de distribution qui se définit comme le non approvisionnement d’une officine ou d’une pharmacie hospitalière en l’absence de rupture de stock.

Quelles sont les causes des ruptures d’approvisionnement ?

Plusieurs facteurs jouent. Les principaux sont des difficultés liées à la production : capacité de production insuffisante, retards, manque de matières premières (ce manque expliquerait 17 % des ruptures selon l’Agence de sécurité du médicament), défaut de qualité entraînant une suspension de l’activité, etc. Jouent aussi un rôle la mondialisation de la fabrication (une unique usine pour tous les pays) et de la demande, l’augmentation subite des ventes à la suite, par exemple, d’un changement des recommandations et la libre circulation des biens et de la distribution vers des pays à prix plus avantageux (on privilégie les ventes là où cela rapporte le plus au risque de désorganiser l’approvisionnement ailleurs).

Quels sont les risques pour les personnes malades ?

Comme le rappelle le rapport de l’ordre national des pharmaciens, ces ruptures d’approvisionnement peuvent avoir des conséquences néfastes pour les personnes, et cela d’autant plus si elles concernent des médicaments dits d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), comme ceux contre le VIH ou les hépatites virales. "En effet, l’indisponibilité transitoire, totale ou partielle de médicaments est susceptible d’entraîner un problème de santé publique : mise en jeu du pronostic vital, perte de chance importante pour les patients", note le rapport de l’Ordre.

Quelles spécialités médicales sont concernées ?

Le Rapport 2016 indique qu’entre février 2015 et novembre 2016 : 200 000 déclarations de rupture ont été faites. Au total, ce sont 297 présentations de spécialités pharmaceutiques, dont 14 vaccins, qui ont été en situation de ruptures de stock entre janvier et novembre 2016. Ce sont principalement les médicaments pour les maladies des voies digestives et du métabolisme (47), les maladies du système nerveux (46), les maladies cardiovasculaires (45) qui sont concernés. En dermatologie, 13 médicaments ont connu des ruptures, mais c’est dans cette spécialité que le pourcentage de ruptures de stock est le plus grand : 6,1 %. Quasiment toutes les spécialités sont concernées : hormones sexuelles, médicaments du système génito-urinaire, anti-infectieux généraux à usage systémique dont vaccins, médicaments antiparasitaires, médicaments du muscle et du squelette, etc.

Quelles sont les solutions ?

Tous les acteurs de la chaîne doivent mettre la main à la pâte pour anticiper les ruptures et en cas de ruptures apporter des solutions : exploitants, grossistes répartiteurs, pharmaciens de ville ou d’hôpitaux. L’Agence nationale de sécurité du médicament gères les ruptures et risques de ruptures des MITM (médicaments anti-VIH et contre les hépatites virales, par exemple). Les MITM sont des médicaments pour lesquels il n’y a pas d’alternative thérapeutique disponible en quantité suffisante. La dernière loi Santé, entrée en vigueur en janvier 2016, comporte de nouvelles obligations pour l’ensemble des acteurs, dont, par exemple, la mise en œuvre d’un plan de gestion de pénurie par les industriels ou encore l’interdiction d’exportation pour les grossistes répartiteurs, si la rupture concerne un MITM. Ces nouvelles règles complètent des règles anciennes que les grossistes répartiteurs doivent déjà respecter : disposer d’au moins 15 jours de stock, avoir 90 % de la collection des médicaments en stock, fournir le marché français en priorité avant d’exporter, etc.

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