Pour la Trans… formation des droits !

Publié par jfl-seronet 100 lectures
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Le 17 mai dernier, l’ONUSIDA a tenu à rappeler le rôle des "expériences des organisations de personnes transsexuelles dans la riposte au sida". Un combat quotidien pour la transformation des droits. Explications.
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Le choix de la date : le 17 mai n’est évidemment pas le fruit du hasard. C’est, en effet, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie que l’ONUSIDA a décidé de rappeler le rôle majeur des organisations trans dans la lutte contre le sida. "En Amérique latine, les personnes transsexuelles sont tous les jours confrontées à une stigmatisation et une discrimination fondées sur leur identité sexuelle, note l’agence onusienne. De telles situations limitent leur accès au système d'éducation, aux possibilités d'emploi et aux services de santé, et augmentent donc leur vulnérabilité au VIH".


Reste, selon l’ONUSIDA, que "l'engagement et le pouvoir de mobilisation de la communauté transsexuelle ont obtenu d'importants changements politiques et sociaux menant vers une société plus pluraliste et démocratique basée sur le respect de la diversité". On peut en avoir une idée plus précise avec quelques unes des réalisations présentées dans le document intitulé : "Transformer les droits en réalité. Les expériences des organisations de personnes transsexuelles" lancé donc le 17 mai. Produit par l’Alliance internationale contre le VIH/sida, le Réseau transsexuel latino-américain et des Caraïbes (REDLACTRANS) et l'ONUSIDA, le rapport est une compilation de six études de cas qui "se focalise sur les efforts faits par les organisations transsexuelles en Amérique latine pour aboutir à une société inclusive basée sur le respect des droits de l'homme".


"Ce travail reflète les besoins des personnes transsexuelles dans le contexte de l'Amérique latine tout en soulignant leur leadership et comment cela a conduit à des changements politiques et institutionnels significatifs", commente Cesar Nuñez, le directeur régional de l'ONUSIDA pour l'Amérique latine, cité dans le communiqué de l’agence. "Seuls la participation et le leadership des personnes transsexuelles en identifiant les stratégies pour protéger et garantir leurs droits humains nous permettent d'atteindre un monde avec zéro discrimination", estime ce spécialiste. Le rapport souligne que des progrès ont été faits en Argentine et en Uruguay en matière de reconnaissance légale des droits de l'homme des personnes trans.


Pour l’Argentine, il s’agit du "vote de la loi sur l'identité sexuelle" qui "confirme les personnes transsexuelles comme citoyens à part entière aux yeux de la loi". En Argentine, l'organisation transsexuelle ATTTA a joué un rôle de sensibilisation clé dans la récente adoption de la loi sur l'identité sexuelle. "Avec cette loi, nous revendiquons notre droit à l'identité. Nous ne serons plus oubliés par la démocratie. Avec cette loi, nous sommes là pour faire l'histoire", affirme Marcela Romero, présidente de ATTTA et coordinatrice de REDLACTRANS. En Uruguay, le commerce du sexe a été formalisé et légalisé par un décret du gouvernement. Les travailleurs du sexe bénéficient désormais d'une assurance santé, de la retraite et d'autres avantages.


En Honduras et en Bolivie, le rapport souligne la réussite de la participation des trans au sein de structures clé de la lutte contre le sida comme les instances de coordination nationale pour les subventions du Fonds mondial. Par ailleurs, le Salvador et l'Equateur ont pris des initiatives dans le domaine des soins de santé complets, ce qui a abouti au développement de programmes nationaux qui tiennent désormais compte des besoins des trans. "Cette compilation est, en elle-même, un précieux outil pour la sensibilisation et augmentera les connaissances relatives aux problèmes de la transsexualité dans la région et dans le monde, permettant aux preneurs de décision d'améliorer les programmes et les approches existants", affirme Javier Hourcade Bellocq, le représentant latino-américain et des Caraïbes de l’Alliance internationale contre le VIH/sida. "Nous ne pouvons pas renforcer l'accès universel aux services anti-VIH si de solides règlementations reconnaissant l'identité sexuelle ne sont pas en place. Nous avons besoin de gouvernements qui garantissent une "tolérance zéro" contre la violence, les abus et les crimes", ajoute Javier Hourcade Bellocq.