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Risques cardio-vasculaires : nouvelles recommandations

Le VIH est déjà, par sa multiplication dans le corps, un facteur de sur-risque cardiaque. Cela est dû notamment à l'inflammation produite par la réplication du virus sur le système cardio-vasculaire, mais l'ensemble des raisons n'est pas encore connu. A cela s'ajoutent certaines caractéristiques, parfois associées entre elles, comme la prise d'antiprotéases, un "gros ventre", une hausse du "mauvais" cholestérol, des triglycérides (graisses dans le sang) notamment. A ces caractéristiques, s'ajoutent des facteurs de risque qui concernent la population dans son ensemble. Les facteurs de risque généraux sont, entre autres, le fait d'avoir plus de 50 ans pour un homme, plus de 60 pour une femme, des antécédents familiaux d'infarctus, être fumeur ou avoir arrêté depuis moins de trois ans, avoir de l'hypertension artérielle (traitée ou non), avoir du diabète, etc. Les personnes vivant avec le VIH consomment plus de tabac que la population générale, et elles prennent aussi de l'âge.
Les experts du rapport Yeni ont récemment procédé à une réactualisation de leurs recommandations de 2008, notamment sur cette question cardiovasculaire et les risques associés à certains traitements anti-VIH, dont l'abacavir (contenu dans Ziagen, Kivexa ou Trizivir) et certaines antiprotéases. Après une analyse détaillée de différentes études scientifiques portant sur cette question, le groupe d'experts recommande "de prendre en compte le risque cardio-vasculaire, et plus particulièrement coronarien, chez tous les patients infectés par le VIH." Il est notamment recommandé aux médecins de conseiller l'arrêt du tabac, de tenir compte de la glycémie (niveau de sucre dans le sang), de surveiller les graisses dans le sang et la tension artérielle et d'inciter à faire de l'exercice et un régime en cas de surpoids.
Outre ces orientations générales, les recommandations portent aussi sur l'abacavir. Pour les experts : "Chez des patients ayant un haut niveau de risque cardio-vasculaire (…) et une charge virale indétectable, il convient d'éviter d'introduire l’abacavir s’il existe une alternative efficace." Puis : "Chez des patients naïfs [personnes n'ayant jamais pris de traitement], les données disponibles ne permettent pas d'émettre de recommandation concernant le choix de l'abacavir au regard du risque cardio-vasculaire." Autrement dit, il convient d'être prudent avec l'utilisation d'abacavir chez les personnes ayant déjà plusieurs autres facteurs de risque.
Par ailleurs, si on prend l'abacavir depuis plus d'un an, rien ne dit qu'il faille le retirer. Dans ce cas, il est recommandé au médecin de faire une "analyse individuelle du rapport bénéfice/risque".
Les recommandations réactualisées prennent aussi en compte les antiprotéases. Une prise à long terme de certaines antiprotéases comme Kaletra ou Telzir peut provoquer une "augmentation progressive du risque coronarien." C'est-à-dire qu'année après année, le risque s'accumule. Selon la situation, le médecin pourra proposer un changement soit pour une autre antiprotéase (Invirase, par exemple), soit en changeant de classe de médicament. "Dans cette perspective, une analyse individuelle du rapport bénéfice/risque est recommandée", indiquent les experts qui ajoutent qu'il "est indispensable de s'assurer (en considérant toute l'histoire thérapeutique du patient) que le médicament introduit [le nouveau] et ceux qui lui seront associés sont pleinement actifs".
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Commentaires
Je me trouve en plein dans le sujet!
Kivexa, Kaletra et Telzir...