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Un compagnon de longue date
Soumis par KRIS3 le 26.06.2012
Je ne sais pas si je vais initier un forum super joyeux à la base , mais j'aimerais confronter vos idées aux miennes sur le sujet !
J'ai regardé ici sur la recherche ( sujet sur la depression impossible à ouvrir ) ou sur Google , et je n'ai trouvé qu'un seul sujet sur l'influence de la maladie ou des traitements sur le comportement ou le caractère des séropositifs ;
un extrait de ce lien disait :
"Est-ce que les personnes atteintes d'une maladie mentale sont plus susceptibles d'être atteintes du VIH/SIDA ou est-ce que cette affection peut amener la personne à développer une maladie mentale? En fait, comme vous le savez sans doute, les problèmes de santé mentale peuvent toucher tout le monde. Cependant, il semble que les personnes vivant avec le VIH sont plus susceptibles d'avoir des problèmes de santé mentale. En fait, le sentiment de détresse émotive, la honte associée, le sentiment de rejet et la stigmatisation suffisent à ce qu'une personne s'isole, déprime et perde son équilibre mental. De plus, les personnes souffrant d'une maladie mentale se placent parfois dans des situations plus à risque et elles courent donc le danger d'être contaminées par le VIH/SIDA. Cette contamination peut avoir lieu autant en milieu hospitalier qu'en société. C'est le plus souvent lors de contacts sexuels non protégés ou lors d'échanges de seringues que les personnes atteintes d'une maladie mentale sont contaminées. Puisque leur jugement peut parfois être altéré, elles ne réfléchiront pas nécessairement aux conséquences de leurs gestes.
-Tout d'abord les médicaments en eux mêmes dans le traitement VIH habituel ont-t-il changé votre caractère de sympa-joyeux-optimiste en moins sympa-joyeux-optimiste ou pas du tout !
-Etes-vous passé par une phase maniaco-depressive (style : rhaaaaaa , touche pas à ça ! ou rangement partout et cuisine immaculée ) et en êtes-vous sorti ?
-Est ce le fait d'être ou de vous considérer comme Séropositif(ve) qui a changé votre vision du monde , des gens , de vos amis ou de l'entourage ?
-Etes-vous devenus plus intransigeants dans les rapports avec les autres ou peut-être plus agressifs ?
On m'a demandé hier soir si j'étais sous anti-depresseur ; à priori non ! d'autant que les photos sur ma galarie donne plutôt envie d'être heureux ...
Mais je me demande si puisque je suis seul chez moi en pension d'invalidité et sans activité , plus un traitement actuel et un autre à venir , si tout cela y compris ma situation de séropo dans cette ville , ne vont pas accentuer le caratère plutôt renfermé que je ressens chez moi !
Peut-on encore être heureux quand on est séropo ???
Je sais que je ne devrais pas me plaindre avec les photos sur ma galérie mais comme disait le ptit Charles , '' Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveillesIl me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil
Merci de m'avoir lu , dans l'attente de vos commentaires sans restrictive aucune ,et merci d'avance .
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ELISE
Un ancien sujet
http://www.seronet.info/billet_forum/vih-cerveau-et-co-morbidites-18776
Il y avait eu à l'époque des échanges intéressants sur le sujet des effets du vih et/ou des traitements sur le cerveau.
Les personnes préalablement atteintes de pathologies psychiatrique font partie des plus vulnérables à une éventuelle contamination.
Pour ce qui est de la déprime, la solitude, l'enfermement, ils ressortent souvent du fait que les séropos ne font pas eux-même le travail d'acceptation nécessaire sur leur santé, leur responsabilité, leurs rapports aux autres. Il est plus facile de reprocher à la société, la famille, les amants le rejet dont nous ferions l'objet plutôt que de chercher à comprendre comment nous-même provoquons ce rejet par notre attitude. ce repli sur soi et la dépression qu'il peut entrainer ne sont pas une fatalité et je connais nombre de séropos qui ne vivent pas de cette façon. Il est vrai que ce ne sont pas ceux qui s'expriment le plus sur Seronet...
Questionnaire (réponse ind.)
ta question ne saurait recevoir de réponse universelle.
-Tout d'abord les médicaments en eux mêmes dans le traitement VIH habituel ont-t-il changé votre caractère de sympa-joyeux-optimiste en moins sympa-joyeux-optimiste ou pas du tout !
réponse 1 : je n'ai jamais été sympa, joyeux, optimiste ; j'ai toujours pensé que le bonheur était un sous-produit.
-Etes-vous passé par une phase maniaco-depressive (style : rhaaaaaa , touche pas à ça ! ou rangement partout et cuisine immaculée ) et en êtes-vous sorti ?
réponse 2 : de la cuisine ? affirmatif, je reste parfois deux jours consécutifs sans faire la vaisselle, sans prendre de douche (en hiver), je passe un coup de tondeuse, et du blush si je dois sortir.
-Est ce le fait d'être ou de vous considérer comme Séropositif(ve) qui a changé votre vision du monde , des gens , de vos amis ou de l'entourage ?
réponse 3 : le truc, c'est que depuis 24 ans, je suis englué à mon statut de séropo et aussi de gay (virtuel), je ne saurais donc distinguer ce que j'aurais pu être si je n'avais pas été ça, donc délesté du poids de devoir être heureux, je me suis servi de ce que j'avais sous la main, bricolant, cultivant un petit potager aromatique, sans trop me soucier de savoir si cela correspondait à des normes de bonheur bien figées, les trucs qu'on voit à la tv, pour moi c'est de la SF, par exemple,
-Etes-vous devenus plus intransigeants dans les rapports avec les autres ou peut-être plus agressifs ?
réponse 4 : exigeant, je l'ai toujours été, mais agressif ou intransigeant, je ne crois pas,
ma conclusion :
- c'est que c'est assez tentant de tout confondre, par exemple, certains traitements ARV auraient un impact avéré sur le moral des patients, comment le nier, mais à la base il y avait peut-être un terrain propice à la dépression ou à d'autres formes de fragilité psychique, (schizo, maniaco-dép., addicts, etc.), comment le savoir ?
- la notion d'isolement, chacun est concerné, LGBT confondus, vieillards, etc.
- vivre avec une petite pension d'handicapé (ou d'invalide) ne prédispose pas à un épanouissement véritable, mais la caissière à temps partiel imposé ne doit pas s'éclater non plus chez Auchan, 22 h / semaine,
les spécificités en fait s'additionnent : le type (admettons), gay, foutu à la porte de ses parents à l'âge de 17 ans, sans presque de diplômes, découvrant sa séropositivité en même temps qu'il décroche son premier CDI, dans la Creuse (au hasard), vivant seul avec son chat aurait quelque raison de développer une petite déprime,
mais la même chose pourrait advenir à un petit mâle du Marais, aux relations multiples, employé dans une boîte de com et super pote avec ses parents,
le prisme du VIH n'a pas de règles bien définies, chacun fait comme il peut, hommes, femmes, nous sommes les seuls à considérer prématurément que l'existence a une fin, et que nous devons parfois accepter des douleurs, des handicaps que nous n'aurions jamais soupçonnés à notre âge,
il y a évidemment de quoi se sentir perturbé, surtout, si par miracle, vous êtes en plus rejeté par une société qui vous regarde comme un pestiféré qui alourdit les déficits publics,
les maladies psychiques, dans ces cas-là, auraient toutes les raisons de proliférer.
bien à vous, F.
Lorsque j'entends maladies mentales, je comprends
Je vais bien, tout va bien
J'ai un peu de mal à faire concis et digeste en ce moment, mais je n'en souffre pas trop.
Je ne pense pas que ce soit dû à une maladie mentale...
Alors juste un lien
http://sidasciences.inist.fr/?Sida-et-complications
qui signale une étude qui évoque, chez les seropos de + de 60 ans, des troubles cognitifs chez une personne sur deux, et une démence avérée pour une sur dix.
Tout comme Ferdy j'ai un peu de mal à
Tout comme Ferdy j'ai un peu de mal à évaluer la part qu'a le VIH dans ce que je suis aujourd'hui et ce que j'aurais pu être sans lui.
En 1995 j'ai connu un problème très sérieux durant lequel j'ai perdu 15kg en 15jours (42,3° de fièvre) et où on m'a donné tout un cocktail de molécules.
Sitôt sorti de l'hôpital j'ai pendant plusieurs semaines été pathologiquement hyper-actif (alors que j'étais squeletique et toujours fiévreux)
et optimiste. Rien ne me faisait peur et je me serais cru par exemple tout à fait capable de remporter haut la main les élections présidentielles (pour donner un idée).
Ce ne fut qu'une parenthèse mais elle m'a montré combien les médocs pouvaient déranger notre cerveau.
J'avais repris des études et au cours de celles-ci j'ai pu identifier des problèmes que je n'avais pas "avant":
_ problèmes de concentration avec "décrochements", "absences"
_ problèmes de mémoire à moyen terme: j'oubliais assez facilement ce que j'avais étudié l'année précédente, beaucoup plus facilement semblait-il que les autres étudiants
Des tests de ma mémoire immédiate ont montrés que celle-ci était excellente... mais les problèmes étaient toujours là.
Ces soucis étaient-ils étaient-ils liés à certains médicaments? à une démotivation (pourtant ils survenaient aussi quand un thème m'intéressait franchement)? à un parasitage du cerveau par les problèmes liés à ma séropositivité? à l'âge (pourtant des étudiants plus âgés ne semblaient pas concernés)? à l'action du virus sur le cerveau?... ?
Je pense que ce n'était pas que lié à l'âge et que soit les médicaments, soit le virus, soit mon statut de séropositif (soit un peu des trois) en constituaient la raison principale.
Certes il m'est difficile de savoir ce que je serais sans ce virus mais je le soupçonne responsable, du moins en partie, d'une perte non négligeable de mes facultés mentales.
Concernant le caractère... ce n'est pas beau à voir.
Je suis en effet assez facilement irritable et dépressif, mais là mon vécu de séropositif me semble être une explication qui va de soi (chacun son vécu en la matière, par exemple des homosexuels de souffrir aussi d'homophobie, des hétérosexuels d'être négligés par les associations pour séropos).
Les contraintes liées au VIH, même si elles sont bien moins lourdes qu'il y a 20 ans, me sont de plus en plus pénibles à vivre et cela influe forcément sur mon caractère.
La question est assez difficile je pense,
La question est assez difficile je pense, un peu comme de savoir qui de la poule ou de l'oeuf a été le premier. Est-ce que le Vih est susceptible d'entraîner des troubles psy ou bien les troubles psy exposent ils davantage au risque de contamination ?
Pour ce que je peux en savoir, en particulier pour les troubles bipolaires, qui sont un trouble de l'humeur, il semblerait que dans les phases d'excitation, le sentiment d'hyper-puissance et d'invulnérabilité que certaines personnes peuvent éprouver les expose à des situations de risque accru.
Quelques débuts d'études ont été faites à ce sujet : http://www.lesinrocks.com/2010/08/30/actualite/les-maniaco-depressifs-plus-exposes-au-vih-1126351/
Sans en faire une généralité biensûr, je pense que cela est assez juste. Je suis moi-même bipolaire et j'ai contracté le vih quelques mois avant que le diagnostic de bipolarité ne soit posé, ce qui est assez long dans le temps puisque il a fallu a peu près vingt ans en ce qui me concerne, après de longues années en psychothérapie et même de psychanalyse, cette dernière s'avérant d'ailleurs absolument contre-indiquée pour ce type de troubles.
Lors d'une période d'excitation de plusieurs jours (pendant laquelle je pouvais vivre en hyper-activité sans dormir pendant trois nuits et travailler tout autant en journée), j'ai délibérément eu une relation non protégée avec un partenaire choisi sur le net par son statut sérologique positif. Je sais que beaucoup ici vont hurler, mais c'est comme ça. On m'a quelques fois demandé si, si c'était à refaire, je le referais ? On aimerait pouvoir dire qu'on regrette, ce serait si facile, mais ça n'a pas de sens quand on n'avait pas le choix. Je sais que c'est difficile à comprendre.
Je ne dis pas bien entendu que toutes les personnes présentant ce type de trouble s'exposent ainsi, mais il est reconnu que toutes ont des conduites à risques pendant les phases d'excitation, qui sont variables en intensité selon les personnes. Certaines prennent des drogues, d'autres de l'alcool, conduisent vite et imprudemment. Les manifestations sont assez diverses.
Les personnes bipolaires ressentent les émotions de manière excessive par rapport à la moyenne de la population générale (selon la courbe de Gauss). Ce qui constitue une petite joie pour la plupart des gens se transforme en bonheur intense. Ca peut présenter des avantages, mais il y a le revers de la médaille, puisque ces phases sont toujours suivies d'une période de désespoir et de mélancolie intense. Et le cycle recommence quelques jours, semaines ou mois plus tard, selon l'intensité du trouble.
La seule solution qui existe pour traiter le trouble bipolaire est la prise médicamenteuse à vie d'un thymo-régulateur, molécule qui évite d'avoir une humeur trop haute, associé à un antidépresseur qui évite une humeur trop basse.
Je suis sous traitement et ça va. En plus de la tri-thérapie, ça fait un joli cocktail dans mon pilulier.
Le trouble bipolaire, tant qu'il n'est pas diagnostiqué et traité, est un véritable calvaire si bien que la prévalence de personnes qui se suicident est très élevé. Pour ceux qui connaissent, la romancière Virginia Woolf était bipolaire.
Une fiche sur le trouble, qui est bien faite : http://www.orpha.net/data/patho/FR/fr-troublesbipolaires.pdf