SM et VIH

Portrait de Superpoussin
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Je me souviens d’un documentaire (dont j’aimerais bien retrouver le titre) sur un homme atteint de mucoviscidose qui s’était lancé dans les pratiques masochistes extrêmes.

Aurait-il agit ainsi sans cette maladie qui le condamnait à avoir une vie fortement écourtée ?

Sans doute la perspective d’une vie écourtée et l’absence de perspective de pouvoir connaître le bonheur selon les canons en vigueur l’a-t-il libéré d’une bonne partie des contraintes sociales et donné le courage d’oser des pratiques jugées tabous, peut-être aussi a-t-il voulu inconsciemment punir ce corps décevant. Enfin peut-être a-t-il aussi eu une démarche autodestructrice car incapable de se suicider?

Si on est touché par le désespoir au point d’accepter l’idée du suicide n’est-il pas cohérent de se payer toutes les folies qui nous tentent, quitte à les payer de ce corps auquel on n’est plus attaché ?

Avant 1996 et l’arrivée d’approches thérapeutiques efficaces contre le VIH la situation de beaucoup de séropositifs seul(e)s et sans enfant pouvait ressembler à bien des égards à celle de cet homme : espérance de vie courte, corps meurtri, perspectives d’avoir une vie « normale » apparemment inexistantes,…

La violence ritualisée et extériorisée peut-elle permettre d’effectuer une catharsis, de nous purger de la violence cachée, de la violence que nous subissons intimement ?

Enfin, pour celles et ceux qui ont désappris à faire l’amour d’une façon classique sereinement, le monde du BDSM ne peut-il pas offrir une alternative pour (re)vivre des rapports intimes complices débarrassés de l’épouvantail viral ?

Cet univers alternatif ne peut-il pas être aussi une solution à l’angoisse de la panne apparemment fréquente chez les hommes touchés par le VIH ?

Combien de séropositifs rescapés des temps anciens, ayant vécu les débuts de l’épidémie, ont flirté avec des pratiques SM ?

 

Portrait de Superpoussin

 

Bob Flanagan n'était pas séropositif mais atteint de mucoviscidose et condamné à une vie courte, vie durant laquelle il se sentit vivre en vivant son masochisme.

 

Son cas peut-il être source de réflexion pour certains d'entre nous?

 

http://www.videodrom.org/spip.php?article76