Parmi les activités de la semaine, outre les répétitions de chant, nous sont également dispensés des cours de technique vocale, dont l'un pour améliorer notre respiration. Où j'ai découvert, ou plutôt pris conscience, que pour chanter correctement il fallait parfois faire l'inverse de ce que l'on fait dans la vie de tous les jours.
Ainsi, comme nous le dit l'animatrice de l'atelier, sommes nous dans la vie courante toujours "en représentation" : vêtements ajustés, ventre rentré, toujours attentif au regard des autres, et donc jamais vraiment naturel et à l'aise, toujours un peu bloqués dans une attitude rigide.
"Vous devez faire le culbuto" nous dit-elle, et chacun de s'imaginer la forme de cet objet qui bascule toujours mais ne se renverse jamais, et dont la forme arrondie et sensuelle (et lestée vers le bas !) permet de pencher toujours sans jamais se renverser. Donc pas de ceinture qui serre ni de chemise cintrée, mais des vêtements qui permettent à l'air de gonfler tout le corps, du bas ventre aux poumons en occupant tout l'espace disponible. Inutile de dire que ça m'arrange, puisque mes rondeurs naturelles me prédisposent mieux que quiconque à faire le culbuto ! 
Je n'ai pu m'empêcher de faire le parallele avec mes (nos ?) attitudes sur Seronet : n'y suis-je pas finalement trop souvent "en représentation", attentif à ce que lecteur va penser de mon écrit (et donc de moi...) plutôt qu'à la sincérité des sentiments que je veux transmettre ?
"Vous devez être dans le don (l'offrande à l'auditeur, au spectateur) lorsque vous chantez" nous a-t-elle aussi précisé, mais aussi "prendre du plaisir pour en donner aux autres". Tiens, ça aussi ça me suggère une réflexion : je donne ici ce que j'ai à donner, mais j'y trouve aussi mon plaisir, et c'est dans l'échange que se trouve l'équilibre.
Enfin, "ayez conscience que vous êtes un dans une collectivité" : à l'inverse du soliste, le choriste doit occuper toute sa place mais en laissant la place aux autres, que chaque pupitre puisse s'exprimer pour le plaisir de tous, chanteurs et auditeurs.
N'en est-il pas de même ici ?
Finalement, le chant mène aussi à la réflexion sur moi-même et sur les autres.
Et c'est tant mieux.
Sereinement
François