Une pétition contre le massacre des usagers de drogues aux Philippines

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A Manille (Philippines), la guerre contre la drogue tue plus que jamais. Depuis juin dernier et les déclarations du nouveau président Duterte notoirement virulent à l’égard des consommateurs de produits psychoactifs, près de 3 900 personnes ont été tuées dans des opérations dites "anti-trafic", sans compter les morts inexpliquées des rapports de police, s’alarme des organisations non gouvernementales internationales de protection des droits humains. En un an, on serait passé de 7 000 meurtres à près de 15 000, dans un véritable phénomène de chasse aux sorcières meurtrière envers les personnes consommatrices de drogues aux Philippines. Ce climat violent a conduit des activistes à documenter des arrestations problématiques où des suspects coopératifs, parfois mineurs, sont violemment frappés voire laissés pour mort par des policiers. Malgré des déclarations officielles contestant des allégations d’assassinats, le taux officiel de morts lors d’arrestations a doublé depuis juin 2017. Les organisations internationales et philippines demandent une réaction officielle pour faire justice sur ces graves accusations, tout comme la délégation d’une mission officielle des Nations Unies pour évaluer la responsabilité du gouvernement philippin dans ces meurtres. "Le président a appelé à plusieurs reprises au meurtre de masse contre les usagers de drogues et a promis de protéger la police contre les poursuites. Il a même menacé de tuer des activistes. Même en l'absence d’ordre officiel, le droit international considère que l’incitation d’individus à commettre un meurtre est suffisant pour rendre responsable de ces mêmes crimes", explique l’appel des ONG. Face à ces atteintes aux droits fondamentaux, les militant-e-s demandent une prise de position des instances internationales et une pression pour changer les lois et politiques répressives à l’égard des personnes consommatrices de drogues, qui participent à leur stigmatisation et à la haine à leur égard. Isolées, les associations philippines de droits humains appellent à être soutenues et entendues, pour que cessent ces violences.

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