Hépatite B et traitement
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Quand doit-on prendre un traitement anti-VHB ?
Contrairement à l'hépatite C (où l'on a aujourd'hui de grandes chances de pouvoir guérir définitivement les personnes contaminées), les chances d'une réelle guérison d'une hépatite chronique sont ici très faibles. Le traitement du VHB vise surtout à contrôler la multiplication du virus : si le virus ne se multiplie plus, il ne va plus contaminer d'autres cellules hépatiques, et on va donc stopper la destruction chronique du foie par notre système immunitaire.

Concrètement, cela signifie qu'un traitement ne se justifie que si la multiplication du virus de l'hépatite B est importante (charge virale VHB supérieure à 100 000 copies/ml) et qu'il faut la contrôler. Si la charge virale est faible, un traitement n'est pas nécessaire. Enfin, et cela peut paraître paradoxal, si la charge virale est extrêmement forte, on ne traitera pas non plus ! En effet, dans ce cas, cela signifie souvent que le système immunitaire ne cherche même pas à se défendre contre le virus (qui se multiplie "à fond les ballons... en toute impunité !").
Or, le problème dans l'hépatite B, ce n'est pas directement le virus, mais le système de défense qui va chercher à détruire les cellules du foie contaminées. Donc si le système de défense est peu actif, il ne va pas détruire le foie et le traitement n'est pas nécessaire. D'autant plus que la quantité de virus à contrôler étant phénoménale, il risque fort de ne pas être très efficace !

(Attention : la charge virale est souvent rendue par les laboratoires en Unités Internationales (UI) : 1 UI/ml + 5 copies/ml). 

 

 

 

Quels traitements ?
Il existe deux grandes familles de traitement pour le VHB :

  • L'interféron alpha qui a une action anti-virale dite non-spécifique (car cela marche sur de nombreux virus, dont le VHC).
  • Les nucléosides qui agissent spécifiquement en bloquant le VHB (et le VIH).

 

L'interféron alpha n'est pas systématiquement utilisé. Il est prescrit seul pendant une durée de 48 semaines, mais la réponse peut être évaluée après 12 à 24 semaines. Si la charge virale baisse, on poursuivra jusqu'à 48 semaines. L'interféron alpha est efficace dans 20 à 30 % des cas. Dans ces cas, deux personnes sur trois guérissent complètement (résultats obtenus en analysant ces personnes 5 ans après la fin du traitement). En revanche, si la charge virale ne bouge pas sous interféron alpha, inutile de continuer, on passera à la famille des nucléosides utilisée sans interféron alpha. On pourra utiliser un nucléoside seul. Aujourd'hui, le ténofovir (Viread), l'entecavir (Baraclude) ou la telbivudine (Tyseka) sont privilégiés en premier traitement.

Mais si l'on est co-infecté par le VIH, il faudra directement utiliser une trithérapie anti-VIH qui couvrira aussi l'hépatite B (c'est-à-dire comprenant habituellement Viread ou
Truvada). La guérison est hélas très exceptionnelle en cas d'hépatite B chronique chez une personnes séropositive, et l'interféron alpha n'est, en général, pas utilisé. Une étude est en cours en France sur ce sujet.

 

Ces traitements sont-ils efficaces ?
Le traitement du VHB par nucléosides est un traitement extrêmement efficace, et si l’on évite certaines erreurs (comme l’utilisation du 3TC (Epivir ou Zeffix), seul, qui fait apparaître rapidement des virus de l'hépatite B résistants), le traitement à toutes les chances d’être efficace et d’empêcher durablement l’évolution de la fibrose du foie.
En cas de virus résistants, comme pour le VIH, il faudra vérifier la liste des résistances qui concernent plusieurs nucléosides (on parle de résistances croisées) et adapter, en conséquence, le choix de la ou des
molécules.

 

Quels effets indésirables ?
Bien que plutôt mieux toléré que dans le cadre de l’hépatite C, l’interféron alpha peut parfois rendre colérique, dépressif, insomniaque, fatigué... Dans la mesure du possible, on a tout intérêt à bien prévenir son entourage personnel et professionnel avant ! Il peut aussi être à l’origine de signes grippaux (fièvre, courbatures, maux de tête, etc.). Enfin, on suivra certains paramètres du sang comme le nombre de globules blancs et de plaquettes qui peuvent diminuer au fur et à mesure des injections.
Les nucléosides sont bien connus puisque certains sont largement utilisés depuis de nombreuses années dans le cadre du traitement du VIH. Les effets indésirables sont assez rares. Il faudra rester vigilant sur la fonction rénale en cas de traitement par Viread ou Truvada.

 

Peut-on guérir définitivement l'hépatite B ?
En réalité, contrairement au VHC dont on peut réellement guérir, personne ne guérit totalement de l’hépatite B. Même les personnes qui ont “guéri” spontanément (90 % des cas) conservent des particules virales dans leur foie. Ces personnes ont fabriqué des anti-corps efficaces et ne risquent rien, mais en cas d’immunodépression sévère, ce virus pourrait se réveiller. Pour les personnes qui n’ont pas réussi à éliminer spontanément le virus et qui sont en phase d’hépatite chronique, le traitement (notamment par interféron alpha) peut parfois aider à “guérir”, c'est-à-dire permettre l’apparition d’anti-corps efficaces qui débarrasseront le foie de tous les virus actifs. Mais là encore, quelques virus resteront cachés, endormis dans le foie...
Enfin, dans l’immense majorité des cas, le traitement ne fait que bloquer la multiplication du virus, donc stopper l’évolution de la maladie, mais le virus est bel et bien là. Le traitement doit être poursuivi en permanence, en veillant à une bonne observance.

 

Et si l’on est aussi séropositif pour le VIH ? -> voir la fiche : Traiter l'hépatite C (ou B) et le VIH

Pour en savoir plus sur les hépatites B -> voir fiche "L'alphabet des hépatites : les hépatites B et Delta"

Dossier réalisé par Fabien Sordet

Illustration  : Stéphane Blot et Laurent Marsault