Les neuropathies périphériques sont des atteintes des nerfs des extrémités du corps (pieds, mains). Elles débutent en général par des sensations anormales (fourmillements, brûlure ou sensation de froid, d'électricité, d'avoir le pied serré, de marcher dans du coton…). Si elles s'aggravent, la sensation devient douloureuse.
Quelles causes ?
Les neuropathies peuvent avoir différentes origines : infection par le VIH, toxicité médicamenteuse (Zerit, Videx, Hivid, Flagyl (métro- nidazole), certains anti-tuberculeux, etc.), diabète (et d'autres maladies), carence en vitamines B, alcoolisme… Le risque est plus important lorsque plusieurs médicaments pouvant entraîner des neuropathies sont associés.
Si l'on prend Zerit ou Videx et qu'on commence à avoir les sensations anormales indiquées ci-dessus, il faut consulter son médecin dans les jours suivants et envisager de modifier le traitement anti-VIH. Avec Zerit, diminuer la dose (sur avis du médecin) peut parfois suffire à améliorer la situation.
Lorsque les symptômes persistent, il est conseillé de consulter un neurologue pour qu'il établisse un diagnostic précis.
Les médicaments anti-douleur
Certaines personnes séropositives souffrent de douleurs parfois sévères dues à des neuropathies causées par le VIH, les médicaments ou les deux. Il faut souvent essayer plusieurs traitements anti-douleur avant de trouver celui ou ceux qui soulagent le mieux, bien que leur efficacité reste fréquemment insuffisante :
• les douleurs modérées sont parfois calmées par l'ibuprofène (Ibuprofène, Nureflex, Advil, etc.) ou par les médicaments contenant de la codéine (Paracétamol Codéine, etc.) ;
• certains anti-épileptiques peuvent réduire les douleurs des neuropathies : Neurontin (gabapentine), Lamictal (lamotrigine), Lyrica (prégabaline), Rivotril (clonazepam)… On peut également essayer certains "anciens" antidépresseurs comme Laroxyl (amitriptyline). Le médecin doit s'assurer de l'absence d'interaction (un médicament modifiant l'effet d'un autre) avec les anti-VIH. Il faut commencer ce type de traitement anti-douleur par de très petites doses, de préférence au coucher car il peut entraîner une somnolence. On augmente les doses très progressivement, jusqu'à ce qu'on ressente un soulagement ;
• la morphine a parfois une certaine efficacité, seule ou associée à un des médicaments cités ci-essus.
Des consultations spécialisées
En France, en cas de douleur importante ou durable, demandez à votre médecin de vous orienter vers un centre anti-douleur pour avoir un avis spécialisé. La lutte contre la douleur est un droit inscrit dans la loi. On peut aussi s'informer sur la douleur et les centres anti-douleur par Internet, par exemple sur www.sante.gouv.fr (Thèmes, Douleur), www.institut-upsa-douleur.org ou encore www.doctissimo.fr (Les grands dossiers, Douleur).
Les traitements complémentaires
• Certaines neuropathies pourraient s'améliorer grâce à un apport en vitamines B. On peut consommer des aliments riches en vitamines B (germe de blé, levure de bière, foie, viandes rouges, poissons, fruits de mer, etc.). Si besoin, on peut prendre un supplément multi-vitaminé (en évitant les surdosages, notamment en B6, car cela peut aggraver la neuropathie).
• Limiter la consommation d'alcool : pas plus de 3 verres par jour pour les hommes, 2 verres pour les femmes. Au-delà, risque de toxicités diverses, notamment pour les nerfs.
• La L-carnitine (Levocarnyl) pourrait avoir un effet protecteur vis-à-vis de certaines causes des neuropathies.
• La kinésithérapie, l'acupuncture peuvent soulager certaines douleurs.
• Eviter de porter des chaussures trop serrées ; pour atténuer temporairement la douleur, on peut tremper le pied douloureux dans l'eau froide ou appliquer de la glace emballée dans un gant ou un sac (pas au contact direct de la peau).




