VIH : les molécules du futur

Que nous réserve l’avenir ? Zoom sur les médicaments anti-VIH qui devraient arriver sur le marché français dans les 3 prochaines années.

Cobicistat

Ce booster d’antiprotéases (il ralentit leur élimination par le foie) a été conçu pour concurrencer Norvir actuellement seul sur le marché. Il permettra le développement de combos "deux-en-un" l’associant aux antiprotéases Reyataz ou Prezista. Malheureusement, il ne semble guère mieux toléré sur le plan digestif que Norvir. Commercialisation attendue : mi-2014.

Elvitégravir

Cette anti-intégrase devra s’utiliser en une prise par jour, boostée par le cobicistat. Elle semble aussi efficace qu’Isentress (actuellement commercialisée) chez des personnes en multi-échec thérapeutique, avec des virus multi-résistants. Les effets indésirables seront-ils similaires ? Pas sûr en raison du booster. Commercialisation attendue : fin 2014.

Dolutégravir

C’est une anti-intégrase de nouvelle génération, en une prise par jour. Elle est au moins aussi puissante que Sustiva, mais beaucoup mieux tolérée : ni symptôme psy, ni rash cutané. Un comprimé "tout-en-un", le Trii, l’associant à Kivexa (lamivudine + abacavir) est en développement avancé. Point fort : le dolutégravir reste efficace sur des virus résistants aux deux autres anti-intégrases, Isentress et elvitégravir, mais en deux prises par jour. Le dolutégravir est disponible en autorisation temporaire d’utilisation (ATU). Commercialisation attendue : 2014.

Ténofovir alafénamide

Ce ténofovir de deuxième génération (TAF) est une version améliorée du ténofovir disoproxil (TDF) actuellement commercialisé (présent dans Viread, Truvada, Atripla, Eviplera). Son efficacité semble supérieure à des doses beaucoup plus faibles, selon les études précoces. Cela devrait diminuer la toxicité à long-terme sur les reins et faciliter les co-formulations de trithérapie. Un comprimé « tout-en-un », le premier avec une antiprotéase, est en projet (darunavir, cobicistat, emtricitabine, TAF), de même qu’un "Quad 2" contenant ce "nouveau ténofovir". Commercialisation attendue : 2015 au mieux.

Les combos "tout en un"

De plus en plus de trithérapies sont contenues dans un seul comprimé. Atripla et Eviplera sont désormais disponibles. Ils seront bientôt suivis par deux combos Stribild et le Trii (en 2014), avant d’autres encore dont certains incluront des antiprotéases (après 2015). En projet également des combos deux-en-un Reyataz/cobicistat et Prezista/cobicistat.

On espère aussi pour plus tard :

- Cénicriviroc : ce médicament de la classe des anti-CCR5 (co-récepteur qui permet au VIH  d’entrer dans nos cellules) a également une action anti-CCR2 qui pourrait lui conférer une action anti-inflammatoire (dont on espère qu’elle protégera les CD4).

- BMS-068 : le premier de la nouvelle classe des inhibiteurs d’attachement (du VIH au récepteur CD4). C’est la première étape de l’entrée du VIH, juste avant l’accrochage au CCR5 (ciblé par Celsentri) et la fusion avec la membrane (Fuzeon).

- S/GSK-744 : cette anti-intégrase, si elle est prise par injection intramusculaire ou intraveineuse semble pouvoir rester trois mois dans l’organisme, ce qui en fait une molécule très prometteuse.

- Albuvirtide : cet inhibiteur de fusion (empêche le VIH de pénétrer dans les cellules) pourrait être efficace en une injection par semaine. Plus intéressant que l’actuel Fuzeon, de la même classe, à prendre deux fois par jour en injection sous-cutanée.

- Ledgins : cette nouvelle classe d’ARV se bloque sur l’intégrase du VIH en agissant différemment des anti-intégrases actuelles. Cela lui permettra de rester efficace sur les virus résistants, et laisse espérer un possible effet additif avec les anti-intégrases actuelles.Il est impossible de prévoir si ces médicaments expérimentaux seront effectivement commercialisés, et quelle sera leur efficacité et leurs effets indésirables dans la vraie vie.