VIH : les molécules du futur

Que nous réserve l’avenir ? Zoom sur les médicaments anti-VIH qui pourraient arriver sur le marché français dans les prochaines années. La recherche de nouvelles molécules contre le VIH reste active, pour des médicaments appartenant à des classes déjà anciennes ou totalement nouvelles (anti maturation). De nouvelles stratégies (traitements de maintenance après un traitement d’attaque) et de nouveaux modes d’administration (injections avec effet retard) font également l’objet d’investigations poussées.

Ténofovir alafénamide (Taf) : ce ténofovir de deuxième génération est une version améliorée du ténofovir disoproxil fumarate (TDF) actuellement commercialisé (présent dans Viread, Truvada, Atripla, Evi- plera, Stribild). Son efficacité est au moins aussi bonne à des doses plus faibles, selon les études. Cela devrait diminuer la toxicité sur les reins ou le système osseux et faciliter les co-formulations de trithérapie. A noter que le TDF, le ténofovir actuel, doit perdre le brevet qui assure le monopole de sa commercialisation en 2017 et que des versions génériques du ténofovir, moins chères, vont alors faire leur apparition.

Les combos "tout en un" : de plus en plus de trithérapies sont contenues dans un seul comprimé. Atripla, Eviplera, Stribild et le Triumeq sont désormais disponibles. Ils seront bientôt suivis par des combos dont certains incluront des antiprotéases. En projet possible des combos deux en un Reyataz/cobicistat et Prezista/cobicistat, le cobicistat étant un booster d’antiprotéase (comme le ritonavir - Norvir).

On espère pour plus tard...

• BMS 955176 : un inhibiteur de la maturation. Il s’agit d’une nouvelle classe de molécules agissant sur la maturation, comme pour les antiprotéases, mais selon un mécanisme différent en se fixant sur la polyprotéine et non sur la protéase, en empêchant celle-ci d’agir.

• Cabotégravir : une anti-intégrase. Cette molécule pourrait, outre une utilisation "classique" dans une trithérapie, être associée à un seul non nucléoside, ou bien être disponible sous une forme injectable mensuelle à effet à retard évitant la prise quotidienne de comprimés. Ce développement est en cours et devra confirmer son intérêt.

• Cénicriviroc : Ce médicament de la classe des anti-CCR5 (co-récepteur qui permet au VIH d’entrer dans nos cellules) a également une action anti-CCR2 qui pourrait lui conférer une action anti-inflammatoire (dont on espère qu’elle protégera les CD4).

• BMS-068 : Le premier de la nouvelle classe des inhibiteurs d’attachement (du VIH au récepteur CD4). C’est la première étape de l’entrée du VIH, juste avant l’accrochage au CCR5 (ciblé par Celsentri) et la fusion avec la membrane (Fuzeon).

• Albuvirtide : Cet inhibiteur de fusion (empêche le VIH de pénétrer dans les cellules) pourrait être ef cace en une injection par semaine. Plus intéressant que l’actuel Fuzeon, de la même classe, à prendre deux fois par jour en injection sous-cutanée.

• Ledgins : Cette nouvelle classe d’ARV se bloque sur l’intégrase du VIH en agissant différemment des anti-intégrases actuelles. Cela lui permettra de rester efficace sur les virus résistants, et laisse espérer un possible effet additif avec les anti-intégrases actuelles.

Il est impossible de prévoir si ces médicaments expérimentaux seront effectivement commercialisés, et quelle sera leur efficacité et leurs effets indésirables dans la vraie vie.