AAH, pensions d’invalidité : non au recul des droits

Politique Publié par jfl-seronet 1291 lectures
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Plusieurs organisations ont lancé une pétition qui demande au gouvernement de revenir sur certaines dispositions qui, si elles étaient maintenues, conduiraient à "une stagnation voire un inadmissible recul du pouvoir d’achat pour 500 000 personnes en situation de handicap ou atteintes de maladie invalidante".

"AAH, pensions d’invalidité : non au recul des droits et à l’aggravation de la précarité" est le titre d’une pétition que viennent de lancer plusieurs organisations : l’AFM Téléthon, AIDES, l’Association des paralysés de France, le CFPSAA, la FFAIMC, la Fnath, le Gihp, Santé mentale France, l’Unafem et l’Uniopss. Elle sera remise au président de la République, Emmanuel Macron, au Premier ministre, Edouard Philippe, à la ministre des Solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, et à la secrétaire d’Etat chargée des Personne handicapées Sophie Cluzel.

Dans ce texte, les organisations dénoncent "une stagnation voire un inadmissible recul du pouvoir d’achat pour 500 000 personnes en situation de handicap ou atteintes de maladie invalidante", des décisions dont les signataires dénoncent le caractère "brutal" et prises "sans aucune concertation". Dans leur pétition, les signataires dénoncent le fait que ces personnes "seront partiellement ou totalement exclues des avancées, encore timides et différées dans le temps, que constituent les revalorisations de l’AAH (1) et de la prime d’activité annoncées récemment", par le gouvernement. Qui seront les principales victimes de ces mesures dont parle la pétition ? Tout d’abord les "allocataires de l’AAH vivant en couple : pas de gain en pouvoir d’achat pour 230 000 personnes !" "Le gouvernement a décidé le gel du plafond de ressources appliqué au couple sans répercuter la hausse annoncée dans le plafond. Mécaniquement, les couples ne bénéficieront donc pas d’augmentation de leur pouvoir d’achat, ces nouveaux modes de calcul neutralisant la revalorisation", explique la pétition.

Ensuite, les "bénéficiaires du complément de ressources : perte très significative de pouvoir d’achat ou très peu de gain pour 65 000 personnes !" "Le gouvernement prévoit la fusion des deux compléments d’AAH (majoration pour la vie autonome (2) de 104,77 euros/mois et complément de ressources (3) de 179,31 euros/mois). Cette fusion s’alignerait sur le montant le plus faible des deux. Les critères d’éligibilité à ces compléments étant différents, cette fusion entraînera au mieux un gain de pouvoir d’achat à la fin du quinquennat de 15 euros/mois, au pire une perte de près de 90 euros/mois (perte de la garantie de ressources, droit acquis de haute lutte en 2005)", détaille la pétition.
Enfin, en seront également victimes : les "personnes titulaires d’une pension d’invalidité : perte substantielle de pouvoir d’achat pour 250 000 personnes !" "Les pensions d’invalidité n’ont été revalorisées que de 1 % en quatre ans. Le gouvernement prévoit qu’à compter du 1er janvier 2018, la prime d’activité pour les salarié-e-s bénéficiant d’une pension d’invalidité sera supprimée soit une perte moyenne de pouvoir d’achat de 158 euros/ mois. Sans compter les pensionné-e-s d’invalidité qui ne peuvent travailler et les aidants percevant le dédommagement PCH [prestation de compensation du handicap, ndlr] qui sont actuellement assujettis à la CSG. Ces derniers seront impactés de plein fouet par son augmentation, sans qu’aucune compensation n’ait été prévue", dénonce le texte.

"Ces décisions inadmissibles, sont contradictoires avec les engagements du président de la République pour l’amélioration du pouvoir d’achat de TOUTES les personnes en situation de handicap. Ensemble, disons "Non au recul des droits, non à l’aggravation de la précarité des personnes en situation de handicap ou atteintes de maladie invalidante !", demandent les auteur-e-s de cette pétition qui espèrent que le gouvernement profitera des débats parlementaires pour supprimer ces mesures "qui mettent en grande difficulté des centaines de milliers de personnes en situation de handicap ou atteintes de maladie invalidante".

(1) : L’AAH aujourd’hui est à 810 euros/mois. Le seuil de pauvreté évalué par l’Insee est de 1 008 euros/mois.
(2) : La majoration pour la vie autonome (MVA) = 104,77 euros/mois pour les bénéficiaires de l’AAH qui vivent dans un logement indépendant et perçoivent une APL (permet aux personnes en situation de handicap vivant dans un logement de faire face aux dépenses que cela implique).
(3) : Le complément de ressources = 179,31 euros/mois pour les bénéficiaires de l’AAH qui ont une capacité de travail inférieure à 5 % (a pour objectif de compenser l'absence durable de revenus d'activité des personnes handicapées dans l'incapacité de travailler.)

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