CROI 2012 : Mercredi, trop de choix tue le choix

Publié par Rédacteur-seronet le 08.03.2012
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Croi 2012
Décevants sur les ARV, innovant sur le "Cure". Un 3e jour de CROI plein de promesses pour l’après demain, sans grand-chose pour l’aujourd’hui.
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La CROI, c’est un peu comme le resto chinois. Trop de choix, alors on prend toujours la même chose… en pestant sur l’accès internet intermittent.


La PTME en plénière
La séance plénière du matin était consacrée à la prévention de la transmission verticale (mère-enfant), avec à la tribune, Dorothy Mbori-Ngacha, de l’Unicef, en Afrique du Sud. Des progrès médicaux considérables grâce aux antirétroviraux ont été constatés, les plus récents étant la possibilité de l’allaitement sous traitement anti-VIH. L’objectif affiché par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est désormais de diminuer la transmission à moins de 5% en 2015 et réduire la mortalité maternelle de 90%.

Une difficulté constatée dans de nombreux pays est le taux élevé de primo-infections, avec augmentation du risque de transmission au bébé, car la charge virale de la mère est alors très élevée. De plus, bien que 91% des mères bénéficient d’une visite dans le système de soin pendant leur grossesse, seul 65% sont dépistées et 50% bénéficient d’un programme de PTME. Les femmes enceintes, notamment jeunes ont un taux de rétention  (non perdues de vue) les plus bas dans les programmes et il existe de nombreuses inégalités socio-économiques d’accès aux services. Problème : pas un mot de l’oratrice sur le désengagement des pays riches du financement des objectifs affichés. Comme une certaine déconnection avec la réalité.


L’enveloppe du virus
Deuxième présentation - très fondamentale - d’un vieux de la vieille, Joseph Sodroski (Harvard Med School), un focus sur la structure et la fonction de la protéine d’enveloppe du VIH, qui est impliquée dans l’accrochage du virus à nos CD4. Cela peut avoir des implications dans la conception d’un vaccin et surtout des anticorps qu’il doit permettre de produire. Avec une conclusion : le meilleur épitope (c'est-à-dire la partie du VIH qu’on cible) du monde ne sert à rien si on n’a pas le bon angle d’attaque.


DE-PIS-TER !
Des nouvelles approches de dépistage ont été discutées au cours de deux sessions le matin et l’après-midi. A domicile, en porte à porte par des équipes qui font du counseling et du test rapide, en auto-test, ou dans les services des urgences. Avec des résultats très positifs.


Recyclage sur ARV
Les données sur les molécules anti-VIH en développement sont nettement moins nombreuses qu’à l’habitude. Avec beaucoup de recyclages. Sur ce plan la CROI 2012 ne sera pas un bon cru. Une session State of the ART qui porte bien son nom. C’est plus l’état de l’art (= de ce qu’on savait déjà) que des nouvelles données.


Guérir ?
L’après-midi, nouveau point fort, la session Cure. Encore plus courrue que la session Prep de mardi matin ! C’est carrément deux salles supplémentaires qu’il a fallues ouvrir. Vite comblées à nouveau ! A la tribune, la clinicienne et chercheuse australienne Sharon Lewin qui s’impose définitivement comme une figure incontournable de la question. On avait longuement développé sa présentation à l’EACS. Aujourd’hui, elle en a proposé une mise à jour en tout point, passionnante, sur laquelle on reviendra très vite. C’est Daria Hazuda, directrice internationale de la recherche du laboratoire Merck (MSD), qui a clos la session avec le développement des produits intéressants pour l’éradication du VIH. Car, c’est la nouveauté de cette CROI 2012, il y a les premiers indices – après la première "preuve de concept" et la guérison de Timothy Brown – que ça pourrait marcher. Ils seront révélés jeudi matin, heure de Seattle.