Génériques : L'Élysée répond à Act Up-Paris

Publié par jfl-seronet 1305 lectures
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Dans un courrier daté du 21 avril, l'Elysée répond à Act Up-Paris par la voix du chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert, sur la question des médicaments génériques et notamment l’impact qu’aurait dans ce domaine d'un accord de libre-échange entre l'Union Européenne et l'Inde. Cette question préoccupe plusieurs organisations non gouvernementales dont la Coalition PLUS.
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Les associations Médecins sans frontières, Coalition Plus (dont AIDES est membre fondateur), Oxfam-France, Sidaction et Act Up-Paris ont adressé le 3 avril dernier un courrier au Président de la République, lui demandant d'organiser de toute urgence une réunion de travail interministérielle sur la question des accords de libre-échange. Quelques jours plus tard à l’occasion d'une réunion de préparation du G8 entre Nicolas Sarkozy et les organisations non gouvernementales (ONG), le président avait réaffirmé son soutien aux médicaments génériques et à leur fabrication dans les pays émergents (c’est particulièrement le cas en Inde). A cette occasion, il avait annoncé qu'une réunion de travail interministérielle serait organisée rapidement "par ses collaborateurs". Si les ONG ont écrit au chef de l’Etat, c’est qu’elles s’inquiètent, à l’instar d’Act Up-Paris, de "la multiplication des accords bilatéraux négociés par l'Europe, dont les conséquences risquent d'être désastreuses pour l'accès aux médicaments génériques dans les pays en développement (…) Ces accords nuiront à la fabrication de médicaments vitaux dans les prochaines années notamment les antirétroviraux utilisés contre le sida, les anticancéreux, les médicaments utilisés contre les hépatites virales et les outils diagnostics [mesure de charge virale par exemple…]. Le 21 avril dernier, les services de Nicolas Sarkozy ont adressé un courrier à Act Up-Paris. "Je puis vous assurer que le Chef de l'Etat a pris attentivement connaissance des préoccupations dont vous vous faites l'écho concernant l'impact que pourrait avoir la conclusion d'un accord de libre-échange entre l'Union Européenne et l'Inde sur les conditions d'accès aux soins pour les personnes atteintes du sida. Soyez certains qu'il a bien été pris note de votre souhait qu'une réunion de concertation soit organisée au niveau national pour évoquer ce sujet", indique le chef de cabinet du Président de la République.

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Commentaires

Portrait de aurore

quels sont exactement ces accords? et pourquoi nuiraient-ils à la fabrication des médicaments vitaux? Bien amicalement
Portrait de sonia

Comme quoi l"information est très opaque, de quoi nager en eaux troubles...goulou goulou
Portrait de missmyriam

Il est bon que les malades se fassent entendre pendant qu 'il en est encore temps, parce que j en connais une qui si elle arrivait par malheur à être élue en 2012 ne s'encombrerait sûrement pas des préoccupations de la classe que nous représentons....et ne ferait surement pas une réunion.... ce courrier ne serait peut être même pas lu .... je pense que tout le monde aura compris de qui je parle !!! un indice : elle est blonde et ça se voit ! il a du bon des fois sarko; et rappelons quand même qu il fût l un des seuls à soutenir JL Romero à une certaine période....
Portrait de Doume29

Que c'est la France qui verse la plus importante subvention au Fond Mondial de Lutte contre le sida!!
Portrait de Sophie-seronet

Dans les accords de libre-échange entre l'Union européenne et l'Inde, une des dispositions concerne les conditions de production et d’exportation des produits pharmaceutiques. Pour faire simple les accords sont d'abord là pour protéger les intérêts des laboratoires pharmaceutiques européens. Une clause par exemple augmente la durée de la protection des données pour les molécules produites après 2005, ce qui aura pour conséquence d'augmenter le coût de production de nouveaux génériques voire d'empêcher leur production. Concrètement moins de nouveaux génériques plus efficaces. Il ne faut pas oublier que l'Inde est le producteur principal des génériques pour les pays pauvres qui n'ont pas d'autres choix que d'acheter des médicaments à moindre coût. L'enjeu est donc de taille, d'où l'importance de ces négociations, de leur transparence et de la vigilance des associations qui défendent les droits des personnes concernées.

Bises. Sophie

Portrait de aurore

Merci pour l'explication Sophie. Sarko a pris acte des préocupations, espérons que celles-ci passeront avant le profit des labos . Bien amicalement