Journée sans tabac : les poumons à l’honneur

Publié par jfl-seronet le 13.04.2019
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Mondetabac

Chaque année, le 31 mai, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et un grand nombre de partenaires dans le monde marquent la Journée mondiale sans tabac. Cette journée est l’occasion d’une campagne annuelle qui vise à sensibiliser « aux effets nocifs et mortels » de l’exposition au tabagisme ou à la fumée des autres et d’inciter à stopper « la consommation du tabac sous quelque forme que ce soit ». Cette année, l’OMS axe sa journée sur « tabac et santé pulmonaire ».

Le tabac menace la santé pulmonaire

La Journée mondiale sans tabac 2019 portera sur les nombreuses répercussions qu’a l’exposition au tabac sur la santé pulmonaire dans le monde. Il y a notamment le cancer du poumon. « La fumée du tabac est la principale cause de cancer pulmonaire et elle est responsable de deux tiers des décès dus à cette maladie dans le monde, rappelle l’OMS. L’exposition involontaire à la fumée des autres, au domicile ou sur le lieu de travail, augmente aussi le risque de cancer du poumon. L’arrêt du tabagisme peut réduire le risque de cancer : 10 ans après cet arrêt, il diminue environ de moitié par rapport à un fumeur ».

Il y a, bien entendu, les maladies respiratoires chroniques. Le tabagisme est la première cause de broncho pneumopathie chronique obstructive (BPCO), un état dans lequel l’amas de mucus rempli de pus dans les poumons entraîne une toux douloureuse et des difficultés respiratoires particulièrement sévères. Le risque de voir apparaître la BPCO est particulièrement élevé pour les personnes qui commencent à fumer jeune, car la fumée du tabac ralentit sensiblement le développement des poumons. Le tabac aggrave aussi l’asthme. « L’arrêt rapide du tabac est le traitement le plus efficace pour ralentir l’évolution de la BPCO et améliorer les symptômes de l’asthme », rappelle l’OMS.

Une répercussion tout au long de la vie aussi. L’exposition in utero aux toxines de la fumée du tabac, par le tabagisme de la mère ou l’exposition au tabagisme passif, entraîne souvent pour l’enfant une diminution de la croissance des poumons et de la fonction pulmonaire. Les jeunes enfants exposés à la fumée des autres risquent une aggravation de l’asthme, de la pneumonie, de la bronchite et de fréquentes infections des voies respiratoires inférieures, note l’OMS.  « Au niveau mondial, on estime à 165 000 le nombre d’enfants mourant avant l’âge de cinq ans à cause d’infections des voies respiratoires inférieures dues au tabagisme passif. Les conséquences sanitaires continuent de peser sur ceux qui parviennent à l’âge adulte, car la fréquence des infections respiratoires des voies inférieures augmente sensiblement le risque de développer une BPCO chez l’adulte ».

L’OMS n’omet pas la tuberculose… qui voisine mal avec l’usage du tabac. « La tuberculose entraîne des lésions aux poumons et diminue la fonction pulmonaire, état encore aggravé par le tabagisme », confirme l’Organisation mondiale de la santé. « Les composants chimiques de la fumée du tabac peuvent déclencher les infections tuberculeuses latentes, soit environ un quart des sujets concernés. La tuberculose évolutive, aggravée par les effets nocifs du tabagisme pour les poumons, augmente de manière marquée le risque d’incapacité et de décès par insuffisance respiratoire ».

La fumée du tabac est une forme très dangereuse de pollution à l’intérieur des habitations : elle contient plus de 7 000 produits chimiques, dont 69 sont connus pour être cancérogènes. Elle participe donc de la pollution de l’air. Bien qu’elle puisse être invisible et inodore, elle peut demeurer dans l’air jusqu’à cinq heures et entraîner pour ceux-celles qui y sont exposés-es un risque de cancer pulmonaire, de maladies respiratoires chroniques et de diminution de la fonction pulmonaire.

Objectifs 2019

La mesure la plus efficace pour améliorer la santé pulmonaire consiste à réduire le tabagisme et l’exposition à la fumée des autres, note l’agence internationale de santé. « Dans certains pays, de grandes parties de la population, notamment les fumeurs, connaissent mal les conséquences du tabagisme ou de l’exposition à la fumée des autres sur la santé pulmonaire. Malgré des données convaincantes sur les effets nocifs du tabac pour les poumons, on continue de sous-estimer le potentiel de la lutte pour améliorer la santé pulmonaire ». La campagne entend sensibiliser aux « risques posés par le tabagisme et l’exposition à la fumée des autres », à la « connaissance des dangers particuliers du tabagisme pour la santé pulmonaire », à l’« ampleur mondiale de la mortalité et de la morbidité dues aux maladies pulmonaires provoquées par le tabac, notamment les maladies respiratoires chroniques et le cancer du poumon » ; seront aussi publiées de nouvelles données sur le lien entre le tabagisme et les décès dus à la tuberculose ou encore les implications du tabagisme passif pour la santé pulmonaire dans tous les groupes d’âge.

La santé pulmonaire ne résulte pas simplement de l’absence de maladies, note l’OMS. La fumée du tabac a des conséquences majeures à ce niveau pour les fumeurs-ses comme les non-fumeurs-ses dans le monde entier. Pour atteindre la cible des objectifs de développement durable (ODD) consistant à réduire d’un tiers, d’ici à 2030, le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles, la lutte antitabac doit être une priorité pour les gouvernements et les communautés dans le monde entier, rappelle l’institution.