Le suivi dans la balance…

Publié par jfl-seronet le 04.05.2009
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En l'absence des tests de laboratoire dans les pays les plus pauvres qui permettent un bon suivi des personnes en traitement, peser les personnes a une grande utilité. C'est ce qu'indique une récente étude française (Institut Pasteur et MSF). Explications.
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Outre celui de l'accès aux traitements, un des problèmes qui se posent dans les pays en développement est le suivi médical et notamment le coût des examens qui permettent de suivre, au mieux, l'évolution de la maladie chez les personnes touchées et prenant des médicaments anti-VIH. Ces informations sont indispensables pour une prise en charge de qualité. Les associations, dans les pays concernés et ailleurs, l'ont bien compris. Elles se battent pour que les financements (Etats, Fonds mondial…) permettent la mise en place d'examens (mesures de charge virale par exemple) performants et réguliers. Il n'en demeure pas moins que cela n'est, hélas, pas toujours possible. Alors comment juger de l'efficacité des traitements chez une personne suivie ? Un pèse-personne pourrait être la solution. C’est la suggestion, simple, d’une équipe de l’Institut Pasteur pour pallier, a minima et temporairement, l"indisponibilité des tests de laboratoire dans les pays les plus pauvres. Chercheur à l'Institut Pasteur à Paris, Yoann Madec a mené une étude (1), en lien avec des programmes de Médecins sans frontières, sur plusieurs centaines de personnes malades  pour définir si le gain de poids pouvait être utilisé comme outil de suivi. Ces personnes ont été suivies en moyenne pendant deux ans et demi. L'étude a montré qu'une progression de la courbe de poids serait fortement corrélée à la survie. "Trois mois après le début du traitement, ceux dont le gain de poids a été inférieur ou égal à 5 % ont une mortalité à trois  mois six fois plus élevée que les patients qui ont gagné 10 % de leur masse corporelle." Selon les chercheurs, l'insuffisance de gain de poids pourrait refléter la présence d'une maladie opportuniste, comme la tuberculose, ou indiquer une mauvaise observance du traitement. Conscients des limites de cette suggestion (le pèse-personne à défaut d'examens sanguins), les chercheurs indiquent très clairement que leurs résultats "ne doivent pas être interprétés comme un plaidoyer en faveur d'une prise en charge minimaliste des patients sous antirétroviraux dans les pays en développement", mais juste comme l'idée que lorsqu'il n'y a rien, "des outils de suivi simples comme la mesure du poids peuvent être une aide précieuse et ne devraient pas être négligés".
Cette étude a été publiée par la revue Aids en avril 2009.

Crédit photo : velo_city

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