Le VIH dans le monde : les chiffres officiels

Publié par Rédacteur-seronet le 20.07.2012
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Mondeprévalence VIH

Le rapport 2012 publié à quelques jours de la 19e conférence internationale sur le sida par l’ONUSIDA permet de faire le point sur l’épidémie de VIH/sida. Il donne de précieuses indications sur l’incidence, la situation dans les zones où la pandémie est particulièrement présente. Il montre aussi des progrès indéniables et les points de vigilance.

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L’incidence de l'infection par le VIH
34,2 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2011, un nombre record qui s'explique par le net allongement de la vie résultant des traitements antirétroviraux, explique l’ONUSIDA. Environ 1,7 million de personnes sont décédées de causes liées au sida en 2011, soit une baisse de 24 % depuis le pic de 2005. La tuberculose reste la principale cause de décès chez les personnes vivant avec le VIH.
 
Les nouvelles infections

2,5 millions de nouveaux cas dans le monde en 2011, en baisse de 20 % comparativement à dix ans auparavant. Chez les enfants de 15 ans et moins, 330 000 nouvelles infections ont été dénombrées l'an dernier, une diminution de 24 % sur 2009. Environ 1,5 million de personnes adultes ont été contaminées en Afrique subsaharienne en 2011, le nombre le plus faible depuis que la pandémie a atteint son pic en 1997 avec 2,2 millions de nouvelles infections.

 
Personnes prenant des traitements

Plus de 8 millions de personnes contaminées par le virus du sida prenaient des antirétroviraux fin 2011 dans les pays en développement, un nombre record en hausse de 20 % sur 2010, selon le Rapport 2012 de l’ONUSIDA. Depuis 2004, le nombre de personnes séropositives disposant d'un tel traitement dans ces pays a été multiplié par 26. Cela a entraîné en 2011 une baisse de 24 % des décès. 54 % des quelque 15 millions de personnes ayant besoin d'antirétroviraux dans les pays pauvres et à revenus intermédiaires disposent désormais de ces traitements, indique la même source. Reste que derrière ces chiffres, on trouve une autre réalité : l'accès aux antirétroviraux n'est pas encore universel. Michel Sidibé, directeur général de l'ONUSIDA, l’a d’ailleurs indiqué lors de la présentation du Rapport. Il a notamment cité la situation inquiétante en Asie, en Europe de l'Est et en Asie Centrale. "Nous devons de ce fait redoubler nos efforts", a-t-il insisté soulignant que ces "parties du monde voient grimper le nombre de décès et le nombre de nouvelles infections à un rythme très alarmant".
 
Les chiffres en Afrique subsaharienne

23,5 millions de personnes, dont 3,1 millions d'enfants, vivaient avec le VIH en Afrique subsaharienne en 2011. A elle seule, l'Afrique subsaharienne concentre plus de 80 % des personnes vivant avec le VIH et la tuberculose. Toujours selon la même source, on estime que durant 2011, 1,7 million de personnes ont été nouvellement infectées en Afrique subsaharienne. Dans cette région, près de 6,2 millions de personnes recevaient un traitement antirétroviral en 2011 alors qu'elles n'étaient que 100 000 en 2003. Plus de la moitié, 56 % des personnes éligibles pour un traitement en bénéficiaient en 2011. Plus de 80 % des médicaments sont importés.
 
Amérique latine : progrès et conservatisme
L'Amérique latine et les Caraïbes contrôlent l'épidémie de sida, mais une tendance au conservatisme, notamment religieux, menace les efforts pour prévenir la propagation du virus, a estimé (18 juillet) l’ONUSIDA lors d’une conférence de presse au Brésil. En 2011, environ 1,6 million de personnes vivaient avec le VIH en Amérique latine (sur 600 millions d'habitants), dont 230 000 aux Caraïbes. "L'Amérique latine (et les Caraïbes) a relativement stabilisé l'épidémie et a progressé au niveau des traitements médicaux des malades", a estimé Pedro Chequer, coordinateur de l'ONUSIDA au Brésil. En 2011, environ 99 000 personnes ont contracté le virus dans l'ensemble de cette zone et 67 000 personnes en sont décédées. 70 % des personnes malades de cette zone ont un accès aux traitements, indique l’organisme onusien, ce qui a contribué à fortement réduire le nombre de décès. Malgré ces progrès, la région affronte "d'une façon générale une vague de conservatisme préoccupante", faisant que dans certains pays "il y a des restrictions à l'accès aux préservatifs, par exemple dans les écoles", a expliqué Pedro Chequer.

Nouvelles infections à VIH chez les enfants
En 2011, 57 % des femmes enceintes vivant avec le VIH dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires, soit 1,5 million de personnes, recevaient des médicaments antirétroviraux efficaces pour éviter la transmission du virus à leur enfant. Cela représente une augmentation de près de 10 % en un an seulement. Près de 330 000 enfants ont été nouvellement infectés par le VIH en 2011. Cela représente une baisse de 24 % par rapport au nombre d’enfants nouvellement infectés en 2009. Environ 3,4 millions d’enfants de moins de 15 ans vivaient avec le VIH en 2011. 91 % d’entre eux vivaient en Afrique subsaharienne. Selon les estimations, 230 000 enfants sont décédés de maladies liées au sida en 2011. En décembre 2011, 562 000 enfants recevaient un traitement antirétroviral, alors qu’ils n’étaient que 456 000 en 2010. La couverture du traitement antirétroviral reste beaucoup plus faible chez les enfants que chez les adultes.

Jeunes
Environ 4,9 millions de jeunes (15 à 24 ans) vivaient avec le VIH en 2011. 75 % d’entre eux vivaient en Afrique subsaharienne. Près de 890 000 jeunes (15 à 24 ans) ont été nouvellement infectés par le VIH en 2011, soit 2 400 jeunes par jour. Seulement 24 % des jeunes femmes et 36 % des jeunes hommes répondaient correctement à cinq questions qui leur étaient posées concernant la prévention et la transmission du VIH, selon les enquêtes en population les plus récentes menées dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Femmes et filles
Le VIH est la principale cause de décès des femmes en âge de procréer. Selon les estimations, 1,2 million de femmes et de filles ont été nouvellement infectées par le VIH en 2011. Environ 63 % des jeunes (15 à 24 ans) vivant avec le VIH sont des jeunes femmes. À l’échelle mondiale, les jeunes femmes de 15 à 24 ans sont les plus vulnérables à l’infection à VIH, avec des taux d’infection deux fois plus élevés que chez les hommes de la même classe d’âge.

Transformations sociales
En 2012, 80 % des pays avaient des lois générales anti-discrimination et 62 % des pays indiquaient disposer d’une législation interdisant la discrimination à l’encontre des personnes avec le VIH. 78 % des pays indiquaient avoir des lois ou des politiques protégeant les femmes de la discrimination. 22 % des pays indiquaient avoir des lois protégeant les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. 15 % des pays indiquaient avoir des lois protégeant les personnes transsexuelles de la discrimination. En 2012, 46 pays, territoires et zones imposaient des restrictions à l’entrée, au séjour ou à la résidence des personnes vivant avec le VIH. Ces dernières années, plus de 100 pays ont poursuivi au pénal des citoyens qui n’avaient pas fait connaître leur statut VIH. Le réseau mondial des personnes vivant avec le VIH a identifié 600 condamnations de ce type, la plupart dans des pays à revenu élevé. 

Sciences et technologies
Des études ont établi que si une personne vivant avec le VIH reçoit un traitement antirétroviral, le risque de transmission du virus à son partenaire sexuel est réduit jusqu’à 96 %. De ce fait, l’accès accru au traitement antirétroviral va immanquablement accentuer la baisse du nombre de nouvelles infections à VIH. Les études font également état d’une baisse notable du nombre de personnes séronégatives nouvellement infectées lorsqu’elles ont reçu un traitement antirétroviral quotidien prescrit sur une longue durée. Cependant, ces essais ont aussi montré que pour des personnes en bonne santé, il est très compliqué d’observer un traitement antirétroviral quotidien. La circoncision masculine s’avère efficace pour prévenir l’infection à VIH transmise aux hommes par les femmes, puisqu’elle réduit jusqu’à 60 % le risque de contracter le virus, mais son acceptation est lente.


Investissements
Les investissements mondiaux dans la lutte contre le VIH ont totalisé 16,8 milliards de dollars US environ en 2011, soit une hausse de 11 % par rapport à 2010. Dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires, les ressources nationales prennent désormais en charge plus de 50 % de la riposte mondiale. Le total des ressources nationales dévolues à la lutte contre le VIH dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires a augmenté de plus de 15 % entre 2010 et 2011, atteignant en 2011 8,6 milliards de dollars US (7,3 milliards de dollars US–10 milliards de dollars US), un record. En 2011, 56 des 99 pays à revenus intermédiaires finançaient plus de la moitié de leur riposte au sida. Le financement de la lutte contre le VIH par la communauté internationale est resté pour une large part stable entre 2008 et 2011. L’aide internationale aux pays à revenus faibles ou intermédiaires a représenté 8,2 milliards de dollars US en 2011. Les États-Unis ont financé 48 % du total de l’aide internationale pour la riposte au VIH en 2011. Selon les estimations, entre 22 et 24 milliards de dollars US seraient nécessaires chaque année pour la riposte mondiale au VIH d’ici à 2015 et le déficit de financement est estimé à plus de 7 milliards de dollars.