Observant observé

Publié par Costa le 16.05.2008
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observance
Á quand la machine qui forcera les gens à prendre leur traitement à temps ? C’est ce qu’on pourrait craindre face aux recherches menées par l’université de Floride. Afin de lutter contre les problèmes d’observance rencontrés par de nombreux patients, des chercheurs viennent, en effet, de mettre au point la machine « idéale » pour surveiller de près la prise de médicaments
Avec le VIH plus encore qu'avec toute autre pathologie, ne pas prendre régulièrement son traitement entraîne un risque de développer des mutations et des virus résistants, ce qui menace, à terme, la santé publique.
Après avoir testé plusieurs centaines de moyens de contraindre les patients à prendre leur traitement à l'heure dite, Melker et son équipe viennent ainsi de mettre au point la machine « idéale » : la DOT à domicile. DOT pour Directly Observed Therapy ou traitement sous surveillance directe. Une boîte un peu plus petite qu'une boîte à chaussure installée à demeure chez les personnes traitées qui bipe dès que l'heure de la prise est arrivée. Si le patient ne presse pas aussitôt le bon bouton, la machine sonne de plus en plus fort puis finit par avertir le coordinateur médical de la clinique que le patient n'a pas pris son traitement. Bigre !

Le médecin pourra ainsi savoir combien de fois vous avez pris votre traitement et à quelle heure exactement
, se réjouit Richard Melker, en soulignant qu'il ne s'agit pas seulement de savoir si le patient l'a pris ou pas, mais quand il l'a pris ou pourquoi il ne l'a pas fait.
Autre avantage, selon lui : éviter aux patients de se rendre quotidiennement à la clinique pour prendre leur traitement sous surveillance, comme les autorités peuvent les obliger à le faire dans le cadre de pathologies présentant un risque pour la santé publique. Au pays de Big Brother, rien d'impossible pour protéger la population...

Bientôt filmés ?
Mais outre appuyer sur le bouton dans les temps, il faudra également pouvoir prouver qu'on a bien pris son traitement. C'est là qu'intervient le 2-butanol, une capsule de gel faiblement dosée en alcool qui, 10 minutes après avoir été ingérée, se transforme en gaz dont la présence peut être vérifiée en soufflant. Associée au traitement, elle permettra donc de prouver - en soufflant - que ce dernier a bien été pris convenablement. La machine sera dotée d'une carte mémoire ou d'une clé USB qui enregistrera les résultats de chaque test d'haleine et que les patients amèneront une fois par mois à la clinique où l'on imprimera leurs résultats.

Optimiste sur les possibilités offertes par ce nouvel appareil de contrôle, Richard Merkel explique qu'il pourrait être utilisé dans le suivi de patients atteints d'autres pathologies transmissibles comme la tuberculose, mais aussi dans les essais cliniques où on ne peut établir la preuve formelle de l'efficacité d'un traitement si les patients ne le prennent pas correctement.
Satisfaits que la technique marche, ils envisagent éventuellement de réduire sa taille pour l'adapter à celle d'un téléphone portable, ce qui permettra peut-être un jour de libérer les "patients"...

Costa

Commentaires

Portrait de Dareck90

Jusqu'ou iront-ils ? et une web cam... pour être certain que le patient a bien pris tous les comprimés !