Politiques publiques des drogues : sortons de l’impasse !

Publié par Rédacteur-seronet le 17.11.2018
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Droit et socialpolitique des drogues

Le 19 novembre prochain, sera débattu, à l’Assemblée Nationale, le projet de loi Justice qui propose d’instaurer une amende forfaitaire délictuelle pour le délit d’usages de stupéfiant, plusieurs organisations dénoncent, dans un tribune publiée par Le Monde, et à travers la publication d’un livre blanc, les conséquences néfastes de ce projet de réforme sur la santé et les droits des personnes usagères de drogues. Seronet publie cette tribune, signée par Aurélien Beaucamp, président de AIDES.

À l’heure où le Canada choisit de légaliser le marché du cannabis, un nombre croissant de pays amorce aujourd’hui des réformes majeures issues d’un constat partagé : l’échec des politiques publiques en matière de drogues fondées sur une logique de répression.
Cette prise de conscience s’observe au niveau international. En effet, le 27 juin 2017, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) invitaient l’ensemble des États membres à mettre un terme à la pénalisation de l’usage de drogues, favorisant ainsi la mise en œuvre cohérente des Conventions internationales sur le sujet.
Pourtant, face à ce grand mouvement mondial, le gouvernement français s’entête à nager à contrecourant pour maintenir et renforcer un arsenal pénal qui a montré toutes ses limites. De fait, le projet de réforme de la justice pénale qui entend pénaliser tout citoyen majeur pris en flagrant délit d’usage de drogues d’une amende de 300 €, témoigne d’une vision de notre société déconnectée de la réalité et d’une incompréhension de la problématique.

Comme le reconnaissent les rapporteurs de la Mission d’information de l'Assemblée Nationale sur le sujet de l’amende forfaitaire délictuelle, ni le cadre pénal actuel, ni l’amende forfaitaire ne sont à la hauteur des enjeux posés par la consommation de produits stupéfiants. Systématiser et standardiser la sanction au détriment de l’accompagnement et de l’orientation vers le soin ne constitue en rien une avancée. Si le souhait du gouvernement est d’optimiser les conditions de travail des acteurs de la chaîne pénale, ne serait-il pas plus responsable d’assumer une réelle dépénalisation de l’usage simple à l’instar de la Norvège ou du Portugal ?

L’amende se justifie aussi sous l’argument protecteur d’un maintien de l’interdit pour les mineurs, mais seuls les majeurs sont concernés par cette mesure qui reflète une réelle confusion entre l’interdit éducatif et l’interdiction pénale. Ce projet risque par ailleurs d’entraîner un regain de tension entre les forces de l’ordre et la population, ainsi qu’une charge croissante pour les services de la justice, notamment face aux nombreuses situations de défaut de recouvrement.
Cette réforme ne répondra pas non plus à l’objectif gouvernemental de modernisation de l’action publique. En effet, le renforcement nécessaire du Centre national chargé de traiter ce contentieux, et l’augmentation des contestations risquent de neutraliser les économies de temps réalisées par ailleurs. Les moyens financiers consacrés à la Justice sont de toute façon structurellement insuffisants.

Nous souhaitons enfin rappeler ici que la dépénalisation de l’usage simple est une étape nécessaire mais insuffisante pour résoudre les problèmes à la lutte contre les réseaux criminels et la corruption. De fait, la question d’une potentielle régulation du marché des produits psychoactifs et l’élaboration d’une politique cohérente encadrant toutes les drogues devraient être une priorité pour le gouvernement.

Nous, personnalités publiques et associations professionnelles ou communautaires, auditionnées par les rapporteurs ou sensibles au sujet traité, signifions notre appel à un débat national sur les drogues. En un temps où tout bouge en ce domaine en Amérique du Nord comme en Europe, la politique de notre pays ne doit pas rester figée dans une dimension essentiellement répressive comme dans le projet de loi en préparation.. Un débat national peut permettre d’aboutir à une solution prenant en compte tous les aspects d’une nouvelle législation en matière de drogues, efficace aussi bien au plan de la santé que de la sûreté publique.
Maintes fois amendée, la loi de 1970 a démontré toute son incapacité à protéger la population, notamment les plus jeunes. C’est un échec flagrant auxquels les territoires abandonnés de la République paient un lourd tribut. 
Sortons de l’impasse, il est grand temps de repasser à l’offensive, dans le bon sens cette fois.

Liste des signataires : Maxime Atton (directeur de NORML France), Aurélien Beaucamp (président de AIDES), Jean-Michel Delile (président de la Fédération Addiction), Katia Dubreuil (présidente du Syndicat de la magistrature), Bernard Kouchner (ancien ministre de la Santé), Christine Lazerges (présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme), William Lowenstein (président de SOS Addictions), Malik Salemkour (président de la Ligue des Droits de l’Homme), Philippe de Botton (président de Médecins du Monde), Alessandro Stella (président d’Asud).

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Fumer du cannabis entraîne de plus en plus de graves complicationsLes morts impliquant le cannabis ont augmenté ces dernières années. Selon une enquête, les hommes trentenaires sont les principaux exposés.Par Publié le 15/11/2018 à 12:46 | Le Point.fr Dans cette etude, l'usage du cannabis etait << a visee autotherapeutique >>, notamment anxiolytique, sedative et hypnotique, pour plus d'un patient sur cinq.

Dans cette étude, l'usage du cannabis était « à visée autothérapeutique », notamment anxiolytique, sédative et hypnotique, pour plus d'un patient sur cinq.

© Steven Senne/AP/SIPA

Le nombre de notifications de problèmes de santé et de décès liés au cannabis et aux cannabinoïdes a augmenté en France entre 2012 et 2017. Les données présentées au Comité scientifique spécialisé temporaire sur le cannabis thérapeutique devraient inciter à la prudence. Ce comité a été créé en septembre par l'Agence nationale de sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé pour juger de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis à visée thérapeutique dans notre pays. Il a récemment recueilli le point de vue des professionnels de santé et a examiné des données de vigilance afin d'évaluer les éventuels risques.

Le Dr Émilie Bouquet, du Centre d'évaluation et d'information sur les pharmacodépendances et addictovigilance du CHU de Poitiers, a présenté les résultats d'une enquête nationale menée dans 13 centres français. L'analyse a porté sur 2 217 notifications de vigilance impliquant du cannabis seul ou en association à de l'alcool et/ou du tabac entre 2012 et 2017. « Le nombre de cas avec du cannabis a triplé, passant de 179 en 2012 à 562 en 2017, quand le nombre global des notifications doublait, passant de 2 833 à 5 560 cas », a-t-elle précisé.

Les trentenaires les plus touchés

Globalement, les hommes trentenaires sont les principaux concernés, avec le plus souvent une exposition chronique ainsi qu'une consommation fréquente de tabac, voire d'alcool. Pour plus d'un patient sur cinq, l'usage de cannabis était « à visée autothérapeutique », notamment anxiolytique, sédative et hypnotique. Les complications rapportées étaient psychiatriques dans plus de la moitié des cas, avec une dépendance et/ou une demande de sevrage (35 %), devançant largement les troubles psychotiques, une agressivité, une impulsivité et/ou de la violence ainsi que des manifestations anxieuses, dépressives, voire des idées suicidaires. Selon le Dr Bouquet, des antécédents psychiatriques étaient retrouvés chez la moitié des personnes concernées.

Mais les problèmes ne s'arrêtent pas là. Les notifications font état de problèmes neurologiques dans 15,6 % de cas, touchant surtout les âges extrêmes. Il s'agit principalement de troubles de la conscience, de la mémoire, des fonctions cognitives et de la concentration, d'accidents vasculaires cérébraux ainsi que de convulsions et d'épilepsie. Les complications gastro-intestinales concernent 7,8 % des personnes (essentiellement des nausées et des vomissements, ainsi que des douleurs abdominales). Quant aux troubles cardiaques, retrouvés dans 7,7 % des cas, ils prennent en général la forme de tachycardie, de palpitations et parfois d'infarctus.

Plus d'une centaine de décès

Toujours selon le Dr Bouquet, les morts impliquant le cannabis ont augmenté entre 2012 et 2016. Sur cette période, la spécialiste dénombre 131 décès directs, dont 62 liés au seul cannabis, et 136 décès indirects, dont 73 avec cette unique drogue. Entre 2012 et 2017, 16 décès ont été notifiés spontanément, impliquant le cannabis seul ou en association avec le tabac et/ou l'alcool, hors drames.

Dans le cadre de l'évaluation d'une mise à disposition du cannabis à visée thérapeutique et de spécialités à base de cannabinoïdes, Émilie Bouquet estime donc qu'il faut « impérativement tenir compte de ce risque de complications rares mais graves pour les éventuels futurs patients exposés, maintenir la vigilance, poursuivre la recherche sur la sécurité d'emploi et former/informer les professionnels de santé amenés à prescrire, délivrer et administrer ces produits ».

 

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                                         La fumette tue , l,Acool non ! chercher l,erreur .... un manque des lobbyistes  !

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Le LSD a 80 ans : de la psychiatrie à la contre-culture américaine

Entre sa synthétisation par le chimiste suisse Albert Hofmann en 1938 et son interdiction par l’ONU en 1971, le LSD est passé entre les mains des psychiatres du monde entier, de la CIA, mais aussi de grands intellectuels américains.

Par Romain Geoffroy Publié aujourd’hui à 14h00, mis à jour à 14h00

Un portrait du chimiste Albert Hofmann imprimé sur des buvards de LSD, lors d’une exposition à la Bibliothèque nationale suisse, à Berne, en septembre 2018.

 

Un portrait du chimiste Albert Hofmann imprimé sur des buvards de LSD, lors d’une exposition à la Bibliothèque nationale suisse, à Berne, en septembre 2018. FABRICE COFFRINI / AFP

« J’entends souvent dire que le LSD a été découvert par accident. C’est uniquement vrai en partie. »

Quand il synthétise pour la première fois cette substance, le 16 novembre 1938, le chimiste suisse Albert Hofmann ne peut soupçonner les retombées culturelles, politiques et médicales de cette découverte. Retour sur quatre-vingts ans d’histoire du LSD, qui n’a pas uniquement été la drogue du Summer of love.

  • 1938-1943, la découverte

Une épi de seigle infectée par le champignon pendant l’exposition « LSD, un enfant problématique de 75 ans » à la Bibliothèque nationale suisse à Berne, le 21 septembre.

 

Une épi de seigle infectée par le champignon pendant l’exposition « LSD, un enfant problématique de 75 ans » à la Bibliothèque nationale suisse à Berne, le 21 septembre. FABRICE COFFRINI / AFP

A l’époque, le jeune scientifique du laboratoire Sandoz, à Bâle, travaille sur l’ergot de seigle, un champignon qui s’attaque aux épis de seigle. A la recherche d’une préparation pouvant tonifier le cœur, il se penche sur la diéthylamide de l’acide lysergique (en allemand : Lysergsäurediethylamid, LSD). C’est la 25e substance de l’ergot qu’il synthétise, elle s’appellera « LSD-25 ». Mais les expérimentations faites sur des animaux ne sont pas concluantes et les recherches sont abandonnées.

Cinq ans plus tard, Albert Hofmann reprend ses recherches. Le 16 avril 1943, alors qu’il reproduit du LSD, il doit interrompre son travail et rentrer chez lui. Il se sent agité, a quelques vertiges, entre « dans un étrange état de conscience », comme il le racontera dans le livre d’entretiens paru en 2003, Le LSD et les années psychédéliques. Les effets disparaissent au bout de deux heures.

Supposant en avoir absorbé des fragments par inadvertance (peut-être à travers la peau), le chimiste tente une expérimentation sur lui-même trois jours plus tard. Prenant ses précautions, il n’ingère qu’un quart de milligramme. Une dose qu’il croit infime, mais se révélant extrêmement puissante. « Cinq fois supérieure à la normale », estimera-t-il plus tard. Le Suisse vit une expérience existentielle, une étrange chaleur prend possession de son corps, les couleurs se mélangent aux sons :

« J’avais complètement sous-estimé le pouvoir de cette nouvelle substance et ce fut une expérience dramatique, un indicible “horror trip”. »

Il décide de rentrer chez lui et demande à son assistante de l’accompagner. Le voyage à vélo est éprouvant, comme il le raconte dans son autobiographie éditée en 1979 par la Beckley Foundation, LSD, mon enfant terrible :

« Sur le chemin, mon état a commencé à prendre des proportions inquiétantes. Tout ce qui entrait dans mon champ de vision tremblait et était déformé comme dans un miroir incurvé. J’avais l’impression de ne pas avancer. Pourtant, la laborantine m’a raconté plus tard que nous avions voyagé très rapidement. »

Le premier trip (voyage) sous acide aura ainsi lieu à vélo. Dans la culture populaire, la découverte du LSD-25 est d’ailleurs célébrée par les initiés chaque 19 avril sous le nom de Bicycle Day. Une fois chez lui, l’état psychologique du chimiste empire, il ne parvient plus à s’exprimer clairement, craint une intoxication. « Je sentais mon corps comme mort et, en même temps, j’avais le sentiment angoissant qu’un démon s’était emparé de moi », raconte le chimiste. Quand, quelques heures plus tard, un médecin arrive, il ne lui trouve aucun symptôme anormal, hormis des pupilles dilatées. Le lendemain, Hofmann se souvient de son voyage intérieur dans les moindres détails, avec le sentiment d’être un homme nouveau : « Ma première pensée a été que ce serait très important pour la psychiatrie. »

  • 1947-1953, de la psychiatrie à la CIA

Après plusieurs années d’expérimentations, la firme pharmaceutique Sandoz décide, en 1947, de le distribuer à de nombreux psychiatres, psychologues ou médecins à travers le monde, sous le nom de Delysid. En faisant ressurgir les conflits d’un patient, le produit rend la psychothérapie plus efficace.

Dès le début de la guerre froide avec l’URSS, le gouvernement américain s’intéresse lui aussi de près aux potentiels du LSD. En 1953, la CIA donne naissance au projet secret MK-Ultra, qui aura, entre autres, pour tâche d’étudier les effets de ce puissant hallucinogène. L’agence cherche à savoir comment utiliser les altérations mentales et comportementales entraînées par le LSD comme « une arme inhibante non mortelle contre des ennemis et des adversaires ». Les expérimentations sur des soldats, des civils américains, cambodgiens et vietnamiens ne donnent pas satisfaction. Un chimiste militaire se suicidera même après avoir été drogué à son insu.

Pendant l’exposition intitulée « LSD, un enfant problématique de 75 ans » à la Bibliothèque nationale suisse, à Berne, le 21 septembre.

 

Pendant l’exposition intitulée « LSD, un enfant problématique de 75 ans » à la Bibliothèque nationale suisse, à Berne, le 21 septembre. FABRICE COFFRINI / AFP

  • Années 1960 et drogue récréative

Au moment où la CIA s’en désintéresse, le LSD est détourné en drogue récréative dans les années 1960. Des personnalités américaines relatent publiquement leurs expériences. Dans une interview publiée dans le magazine américain Look en 1959, l’acteur Cary Grant confie pratiquer la psychothérapie sous acide et assure avoir atteint la « vraie paix intérieure et la connaissance de soi »Comme lui, à Hollywood, l’actrice Betsy Drake (épouse de l’acteur à l’époque) et le réalisateur Sidney Lumet témoignent de leurs révélations vécues lors de ces trips sous surveillance psychiatrique. On dit alors que la substance permet de revivre sa propre naissance.

Rapidement, son usage sort du milieu médical et se popularise dans les milieux intellectuels américains. Au-delà de la contre-culture californienne, il gagne tout le pays, rassemble étudiants, artistes et mouvements anti-establishment.

Timothy Leary et sa troisième femme, Rosemary, se promènent dans leur ranch à Mountain Center, en Californie, en mai 1969.

 

Timothy Leary et sa troisième femme, Rosemary, se promènent dans leur ranch à Mountain Center, en Californie, en mai 1969. ASSOCIATED PRESS

Ancien professeur de psychologie à Harvard, licencié en 1963 pour avoir expérimenté la drogue avec ses étudiants, Timothy Leary se forge une image de « grand prêtre du LSD » auprès d’une jeunesse en quête de liberté. Comme l’auteur britannique Aldous Huxley, il estime que ces buvards imbibés peuvent « ouvrir les portes de la perception ». Leary en fait quelque chose de religieux, il voue un culte à cet acide capable, selon lui, de changer la société. De leur côté, l’écrivain Ken Kesey et son groupe psychédélique Merry Pranksters (« joyeux lurons ») parcourent les Etats-Unis au volant d’un bus multicolore, invitant le public à communier ensemble sous influence lors de leurs « acid tests ».

  • Fin des années 1960, interdiction et laboratoires clandestins

Les autorités s’agacent de ce prosélytisme alors que le pays est déjà sous tension, dans un contexte de discorde et de contestation sociales. « Tout cela touche une frange de la population américaine plutôt jeune – les baby-boomeurs –, ce qui accroît l’impression de conflit de génération », explique Christian Elcock, historien et auteur d’une thèse sur l’histoire du LSD à New York.

Un volontaire participant à un projet de recherche sur le LSD à Viejas, en Californie, le 6 septembre 1966.

 

Un volontaire participant à un projet de recherche sur le LSD à Viejas, en Californie, le 6 septembre 1966. AP

Evoquant un problème sanitaire, les Etats-Unis légifèrent. En 1966, la Californie et le Nevada deviennent les premiers Etats à interdire la production, la vente et l’utilisation de LSD. La France et le Royaume-Uni font de même. En 1968, une loi fédérale américaine rend sa possession illégale dans tous les Etats-Unis. En 1970, sous la présidence de Richard Nixon, la drogue est classée « catégorie 1 », la rangeant de fait dans les « drogues privées d’utilité médicale » et comportant « un important potentiel d’abus ». En 1971, sa catégorisation comme psychotrope illicite par les Nations unies sonne le glas des recherches scientifiques.

L’interdiction n’aura pas les effets escomptés : un marché noir se développe. « Jusque dans les années 1970, des groupes psychédéliques comme The Brotherhood of Eternal Love et leurs laboratoires clandestins produiront plusieurs millions de buvards, retrace Christian Elcock. C’est eux qui diffuseront le plus cette drogue aux Etats-Unis, la distribuant parfois gratuitement. » La quantité infime nécessaire pour un trip (la production d’un kilogramme de LSD permet de faire près de 200 millions de doses) rend son étendue très simple.

Mais, au milieu des années 1970, l’héroïne et les amphétamines regagnent le peu de terrain conquis par l’acide. « Des drogues beaucoup plus lucratives que le LSD pour les dealers, puisqu’elles entraînent une addiction physique », fait remarquer Christian Elcock.

  • Aujourd’hui, une consommation marginale

Des doses de LSD, sous forme de feuilles de timbres, saisies le 15 août 2008 auprès d’un Brésilien dont la valise contenait 40 000 doses.

 

Des doses de LSD, sous forme de feuilles de timbres, saisies le 15 août 2008 auprès d’un Brésilien dont la valise contenait 40 000 doses. DOUANE FRANCAISE / AFP

Si la consommation de LSD a quelque peu ressurgi dans les années 1990 avec l’avènement des raves parties, l’expérimentation de cette substance reste aujourd’hui marginale, estime l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). En 2014, seuls 2,6 % des Français de 18 ans à 64 ans déclaraient en avoir déjà pris au cours de leur vie. De son côté, la recherche scientifique redémarre timidement depuis une dizaine d’années.

De cette drogue qu’il appelait son « enfant terrible », Albert Hofmann regrettera les récupérations politique et spirituelle ayant entraîné son interdiction :

« Il s’agit d’une expérience dangereuse. On ne peut jamais prévoir ce qui va survenir. Il est impossible de savoir si les vécus qui vont émerger de l’inconscient vont être positifs ou négatifs. C’est pour cette raison que les substances hallucinogènes devraient être prises seulement sous le contrôle d’une personne compétente, d’un médecin ou d’un psychiatre. »

Le LSD et les années psychédéliques, d’Antonio Gnoli et Franco Volpi, (Rivages, 144 pages, 2006).

LSD, mon enfant terrible, d’Albert Hofmann (L’Esprit frappeur, 244 pages, 2003).

Substances et dépendances

Chaque jour, des millions de personnes de tous les milieux, de tous les âges, prennent des milliers de substances, aux origines et aux fabrications multiples, dont certaines sont illégales. Mais les drogues interdites aujourd’hui ne l’étaient pas hier, et ne le seront peut-être plus demain. Cette rubrique explorera ces modes de consommation, les plaisirs qu’ils procurent, les problèmes qu’ils provoquent.

Portrait de Léo_

Alors une fois de plus Macron est compagnie sont au rendez vous des lobbys; ils sont là pour raconter des salades comme tout les autres politiciens et se mettrent un max de blé en un minimum de temps dans leurs intêrets perso.

Je suis écoeuré de ses différents gouvernements de M.... 

Pas un pour rattraper l'autre ...

C'est pas sorcier pourtant de légaliser l'herbe et d'encadrer son utilisation grâce au recette de TVA que l'on génererai.

Non seulement on fait rentré de l'argent mais on économise sur les forces de l'ordre qui passent leurs temps à faire du baby-sitting de délinquants, "on les attrapent on les relachent" ... Les gardes à vues de délinquants dans la police national c'est comme les toilettes des aires d'autoroute, on y rentre et sort...

Autre impact sur les réseaux et trafics de drogues; ça leurs coupent l'herbe sous le pied de leurs revenus et ils seront affaibli ; ne pouvant plus s'équiper d'armes ; ils ne pourront plus faire régner la terreur sur le reste de la population.

En matière d'image et de dépendance nouvelle ; on peut se demander : "mais nos jeunes vont-ils tous tomber dans la drogue si on légalise ?"

Eh bien non ça va pas créer plus de droguer , ça va même réduire.

Car pour les jeunes une drogues qui s'achetent en commerce va perdre de son attrait : le fameux "c'est interdit, on le fais ?" ... Ne sera plus d'actualité. Quand on sais que 2 motivations sur 3 sont déclenchés par des pulsions et d'un simple coup de tête. La nouvelle génération sera totalement désintérressé de la beuh.