Rapport de MdM : une précarité toujours plus importante en France

Publié par jfl-seronet le 06.11.2016
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Chiffrespauvretéprécarité

A l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre, Médecins du Monde (MdM) a publié son 16e rapport annuel sur l’accès aux droits et aux soins des plus démunis en France. Comme d’habitude, hélas, il témoigne des "difficultés persistantes rencontrées par ces personnes pour accéder à leurs droits et se faire soigner". Cette dénonciation des inégalités, MdM l’a fait depuis plus de trente ans, y apportant des solutions. Mais l’ONG a bien conscience que cela ne suffit pas et que le problème de ces inégalités persiste car les politiques publiques conduites "sont bien en-deçà des enjeux actuels".

Chacun l’a à l’esprit, l’année 2015 a été marquée par une "crise migratoire sans précédent illustrant des conditions d'accueil inadaptées et conduisant à la violation des droits fondamentaux de ces personnes comme son obligation de protection des demandeurs d'asile et des mineurs non accompagnés", note Médecins du Monde dans un communiqué (13 octobre). Cette même année, les pouvoirs publics décident de multiplier les démantèlements de campements et bidonvilles, mais, le plus souvent, sans solution de relogement. L’effet est dramatique, puisque, note MdM, cela a pour conséquence de renvoyer ces personnes "dans le circuit de l’urgence sociale alors même que les dispositifs d’hébergements sont saturés"

"Près de 98 % des patients vivent en-dessous du seuil de pauvreté"

Aujourd’hui, Médecins du Monde conduit 67 programmes dans 34 villes françaises auprès des populations en situation de grande précarité et d’exclusion. Voici quelques chiffres, fondés sur près de 40 000 consultations médicales et plus de 34 000 entretiens sociaux réalisés dans les centres de soins de l’ONG. Près de 98 % des patients vivent en-dessous du seuil de pauvreté. En cinq ans, le nombre de mineurs isolés rencontrés, vivant le plus souvent à la rue, a été multiplié par cinq. Plus de 88 % des personnes ne disposent d’aucune couverture maladie lorsqu’elles sont accueillies pour la première fois dans les centres de MdM alors que près des trois quarts d’entre elles pourraient théoriquement en bénéficier. Plus de 90 % vivent en hébergement précaire : 60 % vivent chez des tiers, 9 % en squat et 20 % sont sans domicile fixe ou en hébergement d’urgence. De plus, 39 % présentent un retard de recours aux soins et 16 % déclarent avoir dû renoncer à des soins. Plus de quatre femmes enceintes sur dix présentent un retard de suivi de grossesse et 17 % d’entre-elles vivent à la rue.

"Cette année, face aux réponses essentiellement sécuritaires et répressives du gouvernement et à la veille de fêter 30 ans d’actions de Médecins du Monde en France, nous réaffirmons à l’occasion de la publication de ce rapport que la solidarité doit être plus que jamais au cœur de nos politiques publiques et que la France ne doit pas oublier sa tradition de terre d’asile", indique l’ONG.