Rapport Drogues 2016 : la loi de l’offre, la vie des marchés (2/3)

Publié par jfl-seronet le 09.10.2016
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Produitsdrogues

Fin juin 2016, L'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (Onudc) a présenté son rapport annuel mondial sur les drogues. Le version 2016 livre des informations intéressantes permettant d’avoir un aperçu global de l’offre en matière de drogues, de demande, de polytoxicomanie, etc. Seronet vous propose une synthèse sur l’offre des drogues et les différents marchés.

Avalanche de chiffres et de données en tous genres

La culture du cannabis est la plus répandue des cultures de plantes servant à produire des drogues (129 pays au cours de la période 2009-2014), suivie par celles du pavot à opium (49 pays) puis de la coca (7 pays). S’il y a eu une forte hausse des saisies de drogues de synthèse, le cannabis reste la drogue dont le trafic est le plus répandu dans le monde. Si 234 substances étaient placées sous contrôle international en 2014. Elles étaient 244 en janvier 2016. Si vous êtes intéressé-e par les données de saisies, produit par produit et pays par pays, il faut vous reporter au rapport qui en comporte un grand nombre. Dans tous les pays, plus d’hommes (ils représentent 90 % du total, en moyenne) que de femmes ont officiellement affaire au système de justice pénale pour trafic de drogues ou détention de drogues destinées à la consommation personnelle, constatent les experts de l’Onudc. Mais, on constate une augmentation du nombre, au niveau mondial, de femmes qui sont arrêtées pour des infractions liées aux drogues.

Les opiacés

La production mondiale d’opium a chuté en 2015 de 38 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre quelque 4 770 tonnes, soit le niveau enregistré à la fin des années 1990. Selon les estimations de l’Onudc, le nombre de personnes consommatrices d’opiacés (opium, morphine et héroïne) dans le monde a peu évolué ces dernières années. Les opiacés ont encore touché quelque 17 millions de personnes en 2014. Le rapport mentionne le fait que "certains éléments portent à croire que la consommation d’héroïne serait actuellement en pleine recrudescence dans certains pays où elle était auparavant en recul. L’usage d’héroïne a augmenté en Amérique du Nord ces dix dernières années, ce qui s’est traduit par une augmentation du nombre de décès liés à cette substance". Par ailleurs, il semblerait que l’usage d’opioïdes ait progressé en Afrique.

La cocaïne

La fabrication mondiale de cocaïne était légèrement plus élevée en 2014 que l’année précédente, mais demeurait inférieure de 24 à 27 % au chiffre record atteint en 2007, notent le rapport 2016. Certains signes laissent à penser que l’augmentation constatée en 2014 n’est pas une évolution ponctuelle et qu’elle pourrait s’être poursuivie en 2015.

Le trafic de cocaïne passant par l’Afrique semble se développer de nouveau, et on note des indices d’augmentation du trafic à destination de l’Asie, notamment de l’Asie de l’Est et du Sud-Est et du Moyen Orient. La prévalence annuelle de l’usage de cocaïne est demeurée stable à l’échelle mondiale sur la période 1998-2014, variant entre 0,3 et 0,4 % de la population âgée de 15 à 64 ans. Mais si on prend en compte la croissance de la population, le nombre de consommateurs a augmenté, passant de 14 millions environ en 1998 à 18,8 millions en 2014.

Le cannabis

La consommation mondiale de cannabis est restée relativement stable ces dernières années. En 2014, quelque 3,8 % de la population mondiale en avaient consommé durant l’année écoulée, une proportion qui n’a pas beaucoup évolué depuis 1998.

"Les Amériques, suivies par l’Afrique, restent les régions où l’on enregistre les plus fortes production et consommation de cannabis (….) En 2014, les trois quarts environ des saisies mondiales d’herbe ont été réalisées dans les Amériques, surtout en Amérique du Nord tandis que 14 % l’ont été en Afrique et 5 % en Europe", expliquent les experts.
L’Europe, l’Afrique du Nord, ainsi que le Proche et le Moyen-Orient demeurent les principaux marchés de résine de cannabis. Au niveau mondial, les arrestations et les procès liés au cannabis ainsi que l’orientation vers des services de traitement par le système de justice pénale ont diminué.

Les drogues de synthèse et NPS

Le rapport s’appuie surtout sur les données de saisie pour brosser le tableau concernant ces produits. Les saisies de stimulants de type amphétamine ont atteint un nouveau chiffre record de 170 tonnes en 2014. Depuis 2009, les saisies mondiales d’amphétamines ont varié, chaque année, entre 20 et 46 tonnes environ ; celles d’ecstasy ont atteint 9 tonnes en 2014. Le marché des nouvelles substances psychoactives (NPS) reste caractérisé par le fait qu’un grand nombre de nouvelles substances sont signalées. La collecte de données pour l’année 2015 est en cours, mais 75 nouvelles substances ont été portées à l’attention de l’Onudc pour la première fois, contre 66 seulement pour toute l’année 2014. Entre 2012 et 2014, la plupart des substances nouvellement apparues appartenaient au groupe des cannabinoïdes de synthèse. Les saisies mondiales de cathinones de synthèse n’ont cessé d’augmenter depuis qu'elles ont été signalées pour la première fois en 2010. Les saisies ont triplé en 2014 par rapport à 2013, pour atteindre 1,3 tonne. Concernant les NPS, l’Onudc constate que la "situation de l’offre était plutôt dynamique et caractérisée à la fois par une certaine persistance (quelques substances font leur apparition, se répandent et se maintiennent pendant plusieurs années) et des variations (de nombreuses substances ne sont disponibles que pour une courte durée ou qu’à un niveau local).

Lire la partie 1 et 3.