SCMR : l’expérimentation peut démarrer

Publié par jfl-seronet le 13.04.2016
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Marisol Touraine a donné le feu vert au lancement des expérimentations des salles de consommation à moindre risque (SCMR) permises dans le cadre de la loi Santé, entrée en vigueur en janvier 2016. Quels sont les critères d’ouverture ? Quels objectifs ? Seronet fait le point.

Toutes les conditions sont désormais réunies pour le lancement de l’expérimentation des salles de consommation à moindre risque (SCMR) en France, explique le ministère de la Santé (25 mars). Le texte précisant les modalités concrètes que devront respecter ces espaces a été signé par la ministre Marisol Touraine et publié (25 mars) au "Journal officiel". Cet arrêté fait suite à l’adoption définitive de la loi Santé et de sa promulgation en janvier 2016. Un des articles de cette loi permet l’expérimentation pour une durée de six ans de ce nouveau dispositif de réduction des risques liés à l’usage de drogues.

"La France fait le choix d’inclure plutôt que d’exclure. D’accompagner, plutôt que de stigmatiser", a expliqué la ministre, reprenant certaines de ses formules lors des débats à l’Assemblée nationale. L’arrêté fixe les modalités concrètes (présence du matériel médical, horaires d’ouverture, déroulement de la consultation d’accueil, encadrement, etc.) que devront respecter les associations porteuses de projets de SCMR, en lien avec les collectivités locales. A ce jour, deux projets devraient être lancés, un à paris (site de l’Hôpital Lariboisière) et un second à Strasbourg.

Les salles de consommation à moindre risque sont un nouveau dispositif visant à réduire les risques auxquels s’exposent les personnes usagères de drogues. Il s’agit d’espaces où des personnes consommatrices majeures, précarisées et en rupture avec le système de santé, sont accueillies pour venir consommer leurs substances psychoactives dans des conditions d’hygiène adaptées, avec du matériel stérile et sous supervision de professionnels de santé.

Les objectifs de ce dispositif sont d’éviter les infections, les surdoses mortelles et les autres complications sanitaires des usagers les plus marginalisés en leur fournissant des conditions d’injection sécurisée et du matériel stérile ; de permettre à ces usagers d’entrer en contact avec des professionnels du soin et de l’accueil médico-social, pour les inciter notamment à se soigner, à réaliser des dépistages du VIH, des hépatites virales, des IST ; d’améliorer la situation pour les riverains, dans des quartiers où les personnes consommatrices sont nombreuses, en réduisant le nombre d’injections réalisées dehors et la présence de seringues usagées dans l’espace public.

Avec le lancement de cette expérimentation, la France rejoint les nombreux pays où de tels espaces ont été ouverts (Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Danemark, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Suisse) et se sont montrés concluants, indique le communiqué du ministère. L’expérience étrangère a montré que ces salles de consommation permettent aux usagers de recevoir des conseils spécifiques, induisant ainsi une diminution des comportements à risque, des overdoses mortelles et parfois même l’accompagnement vers des traitements de substitution. Ont également été mis en évidence une réduction de l’usage de drogues en public et des nuisances qui y sont associées. "Il ne s’agit en aucun cas de banaliser la consommation de drogues. Mais fermer les yeux face à une telle réalité sociale et sanitaire ne fera pas disparaître le problème. La France fait donc le choix d’inclure plutôt que d’exclure. D’accompagner, plutôt que de stigmatiser", a déclaré Marisol Touraine.