VIH, la Belgique a "sang pour sang" !

Publié par jfl-seronet le 15.02.2012
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Cafouillage, Craintes… Le projet du gouvernement belge de modifier les conventions passées entre l’Assurance maladie belge et les centres de référence SIDA du pays suscite de vifs débats. Il faut dire que l’enjeu est important : la qualité de la lutte contre le sida dans le pays. Un débat d’autant plus sérieux que des structures communautaires, dont The Warning Bruxelles, défendent une stratégie offensive alliant les pratiques de prévention et de soin. Explications.
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Le 25 janvier dernier, un projet de dépistage rapide du VIH hors-les-murs chez les gays et bis de Bruxelles et alentours a été lancé. TEST OUT, c’est le nom du projet, est porté par trois associations communautaires de prévention du VIH : Ex Aequo, Warning Bruxelles et Sensoa. A cette occasion, un atelier (recherche/action) s’est déroulé : l’occasion d’aborder les conditions pratiques de mise en œuvre d’un tel projet à la lumière des expériences françaises (les TROD chez AIDES, par exemple) et flamandes récentes. Lors de cette journée, les associations bruxelloises ont appris que "les crédits alloués à la politique VIH/sida (dépistage, prévention, traitement post-exposition et soins) par l’INAMI-RIZIV [Institut national d'assurance maladie-invalidité] et d’autres instances compétentes au Fédéral étaient gravement remis en cause. "Une des conséquences est la fermeture du Help Center de Anvers, une structure en charge du dépistage. La Fédération Arc-en-Ciel Wallonie [fédération LGBT] se fait le relais (25 janvier) de ce "cafouillage" entre la ministre de la Santé Laurette Onkelinx et les Centres de référence SIDA. Deux sujets posent problème entre la ministre et ces structures dédiées à la lutte contre le VIH/sida. Le premier, comme l’explique Arc-en-Ciel Wallonie, porte sur le financement du dépistage gratuit et anonyme dont le coût effectif se situe entre 60 et 70 euros pour les pouvoirs publics. Du fait des contraintes budgétaires, des conventions avec les centres de références SIDA ne sont pas reconduites : pas de financements, pas de moyens de payer les personnels… la conséquence est la fin d’une offre de dépistage primordiale. Le second problème concerne une convention qui lie Institut national d'assurance maladie-invalidité et les Centres de référence. "Depuis le 1er janvier 2012, le remboursement du traitement post exposition n'est plus couvert par une convention, indique Arc-en-Ciel Wallonie. Pourtant, certains Centres de référence n'étaient absolument pas au courant. Ce qui veut dire que ces traitements, qui coûtent 880 euros, seraient à nouveau à charge du patient" et pas des centres de référence. En fait, il semble que ces conventions n’aient pas été reconduites du fait d’un projet de "convention unique". L’idée du gouvernement serait de regrouper les trois conventions (celle sur le dépistage, celle sur le traitement post exposition et celle sur le fonctionnement des Centres de référence et l'accompagnement des personnes infectées par le VIH/sida) en une seule convention. Le problème, c’est que certaines structures, pourtant directement concernées, en sont mal informées voire pas. "L’inquiétude porte avant tout sur la réduction éventuelle des enveloppes financières dans le cadre de ce projet de convention unique et sur le calendrier de cette régionalisation annoncée des compétences. L’avenir de la politique VIH/Sida en Belgique est aujourd’hui de fait en suspens", explique The Warning Bruxelles dans un communiqué (1er février). Comme c’est souvent le cas avec l’administration, on explique qu’il n’y a pas de raison de s’alarmer. "Il n'y a pas matière à s'inquiéter", assure l’INAMI interrogé par la fédération Arc-en-Ciel Wallonie. Même son de cloche du côté de la ministre de la Santé alors que des questions restent sans réponse : cette mutation conduira-t-elle à rogner les budgets allouer à la lutte contre le sida. Comme le rappelle The Warning Bruxelles, l’association met en avant l’idée que "les pratiques de prévention et de soin sont devenues inséparables". Elle demande donc : "L’accès, l’anonymat et la gratuité à 100% des actes et soins liés à l’infection par le VIH" ; "Une extension conséquente de l’offre de dépistage" ; "Un renforcement de l’offre de traitement post-exposition". Le contexte belge n’est donc pas idéal. The Waring Bruxelles estime même qu’il est "flou" concernant la "redistribution des compétences" et surtout que rien n’assure qu’une prise en charge globale de l’infection à VIH soit garantie. Or, pour l’association, c’est la clé d’une "prévention efficace". Conséquence, l’association appelle (1er février) à la "mobilisation générale par la création du collectif "SANG POUR SANG". "Ensemble, faisons dès aujourd’hui front uni face à la perspective de restrictions budgétaires dans le domaine du VIH/Sida, et demandons de toute urgence l’instauration d’un Conseil National du Sida ainsi que la tenue d’Etats Généraux des personnes vivant avec le VIH en Belgique !", proclame le groupe.