VIH : Sidaction déplore de "véritables lacunes"

Publié par jfl-seronet le 25.03.2017
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ChiffresSidaction 2017

A chaque édition du Sidaction, l’association fait réaliser un sondage (souvent auprès des jeunes) sur la prévention ou l’état des connaissances en matière de VIH (modes de transmission, prévention, etc.). Rebelote en 2017, l’association a fait réaliser par l’Ifop et Bilendi un sondage (1) sur "les Français, l’information et la prévention du sida". Dans un communiqué (23 mars) elle déplore : "Contre toute attente, l’état des connaissances sur le VIH/sida de l’ensemble des Français est aussi alarmant, et ce quel que soit l’âge".

Le sondage de 2017 a été réalisé auprès des jeunes âgés entre 15 et 24 ans. "L’occasion malheureusement de constater, à chaque fois, la détérioration du niveau d’information sur le VIH au sein de cette génération : le sentiment d’information a chuté de 10 points par rapport à 2014" explique le communiqué de Sidaction.

Pour 2017, Sidaction explique qu’elle a voulu vérifier "si le manque de connaissances" et le "sentiment d’invincibilité" face aux risques liés au virus ne "concernaient vraiment que les plus jeunes, qui n’ont pas connu les années noires du début de l’épidémie". Pour ce sondage, un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus a donc été inclus. "Contre toute attente, l’état des connaissances sur le VIH/sida de l’ensemble des Français est aussi alarmant, et ce quel que soit l’âge", déplore donc Sidaction.

De véritables lacunes

S’agissant des méthodes de prévention, les réponses des Français, tous âges confondus, révèlent de "véritables lacunes". Ainsi, "seule une personne sur deux sait, par exemple, qu’il existe désormais un autotest de dépistage du sida vendu en pharmacie". Ainsi, "42 % des Français estiment (….) être mal informés sur les lieux où aller pour se faire dépister afin de connaître son statut sérologique". De plus, "57 % estiment être mal informés sur l’existence d’un traitement d’urgence" en cas de risque d’exposition au VIH. "Des pourcentages identiques pour les 15-24 ans et l’ensemble de la population", note Sidaction.

Idées fausses et idées reçues persistent

Les jeunes sont loin d’être les seuls à croire que l’on risque d’être contaminé par le virus du sida en s’asseyant sur des toilettes publiques ou en buvant dans le même verre qu’une personne séropositive, note le sondage. Il indique que "16 % des Français pensent, par exemple, que l’utilisation d’un produit de toilette intime est efficace pour empêcher la transmission du virus du sida. Un Français sur trois a des représentations partielles et/ou erronées des modes de transmission de la maladie. Plus grave encore, plus de trente ans après l’apparition de l’épidémie et malgré des décennies de promotion du préservatif, un quart reste persuadé que le risque existe même lors d’un rapport sexuel protégé", note Sidaction. L’association explique que cette "méconnaissance généralisée se traduit de façon paradoxale". "D’un côté, la peur du VIH/sida reste très présente, pour 71 % des Français, et notamment chez les plus jeunes : 80 % contre 76 % en 2016. Mais cela n’empêche ni les pratiques à risque, ni la banalisation de la maladie. Près d’un Français sur deux, qu’il soit en couple ou non, estime qu’il a moins de risques que les autres d’être contaminé par le VIH. Pourtant, face au virus du sida, nous sommes tous égaux, et tous concernés".

Les chiffres clefs du sondage

● 42 % des Français estiment être mal informés sur les lieux où aller pour se faire dépister afin de connaître son statut sérologique (même pourcentage pour les 15-24 ans) ;
● 71 % des Français déclarent que le sida leur fait peur (80 % des 15-24 ans) ;
● 44 % des Français pensent que le VIH et le sida renvoient à la même chose (35 % des 15-24 ans) ;
● 15 % des Français pensent que l’utilisation d’un produit de toilette intime est efficace pour empêcher la transmission du VIH/sida (12 % des 15-24 ans) ;
● 16 % des Français pensent que le virus du sida peut être transmis en s’asseyant sur un siège de toilettes publiques (18 % des 15-24 ans) ;
● 22 % des Français pensent qu’il existe des médicaments pour guérir du sida (23 % des 15-24 ans) ;
● 22 % des Français pensent que le virus du sida peut être transmis en ayant des rapports protégés avec une personne séropositive (27 % des 15-24 ans) ;
● 15 % des Français pensent que le virus du sida peut être transmis en embrassant une personne séropositive (21 % des 15-24 ans) ;
● 15 % des Français pensent que le virus du sida peut être transmis en entrant en contact avec la transpiration d’une personne séropositive (21 % des 15-24 ans).
● 44 % des Français estiment qu’ils ont moins de risques que les autres d’être contaminés par le virus du sida, qu’ils soient en couple ou non (28 % des 15-24 ans).

(1) : Sondage Ifop et Bilendi pour Sidaction réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 8 au 13 février 2017 auprès d’un échantillon de 1 001 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 à 24 ans et d’un échantillon de 1 007 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

Faire un don à Sidaction
Le Sidaction 2017 se déroule du 24 au 26 mars 2017. Il est possible de faire un don par téléphone en appelant le 110 (numéro d’appel gratuit) ; par Internet : www.sidaction.org (paiement sécurisé) ; par sms au 92110, en envoyant le mot DON pour faire un petit don de 5 euros (coût d’envoi du sms gratuit ou inclus dans les forfaits sms) ; par courrier : Sidaction - 228 rue du faubourg Saint-Martin - 75010 Paris.

Commentaires

Portrait de jl06

L,éducation Nationale et passer à autre chose depuis un moment .....(5 ans) 

Portrait de Giancarlo

Et quel pourcentage des Français pense que le virus du sida peut être transmis par un séropositif sous traitement qui a une charge virale indétectable ?

Et quel pourcentage des Français pense que les (nouveaux) séropositifs ont une espérance de vie significativement réduite ?

Et quel pourcentage des Français pense que les traitements antirétroviraux ont forcément des effets secondaires difficiles à supporter ?

etc

Si les associations sida passaient plus de temps à défendre les intérêts des séropositifs (en dédiabolisant un peu la séropositivité), et moins de temps à faire de la "prévention" par la peur, l'état des connaissances des Français serait sans doute meilleur.

Sans tomber dans un excès ou l'autre ("être séropo c'est trop cool" versus "être séropo c'est la pire chose qui puisse t'arriver dans la vie"), je pense qu'on devrait communiquer sur le VIH de manière plus factuelle et objective.

Je pense que les idées fausses et reçues que révèle ce sondage sont en bonne partie le résultat de l'infantilisation de la population par des campagnes de prévention basées sur la peur. La peur n'aide pas à rester rationnel et à accumuler des connaissances.

Portrait de unepersonne

malgré toutes les avancées qu'il y a eu en matiere de soins de ttt ,  malgré que les VIH peuvent avoir des rapports sexo sans capotes avec une CV indetect,  le sida reste le sida on meurt toujours de cette merde  

 la rumeur qui court qu'on ne meurt plus du sida fait prendre des risques aux seronegatifs, 30000 personnes seraient sero ignorantes par manque d'infos 

 le sida est et reste encore trop  tabou aux yeux d'une grande partie de la societé, le sidaction n'y changera rien parce qu'il ne matraque pas assez mediatiquement, c'est bien beau d'avoir un badge à la chemise mais ça ne file pas le fric qu'il est necessaire pour trouver un pu.... de vaccin qui sauvera les contaminés   

le jour où je lirai sur le net ,  nombre de morts du sida de l'année un tel  zero , ok le sida sera eradiqué or moi et beaucoup d'autres ne verront jamais ce pu.... de jour arriver 

je pourrai aussi parler du business que le sida engendre et du fric que pourrait mettre l'etat avec ce qu'il ramasse comme taxes   mais bon c'est pas eux qui sont malades  ! 

Portrait de Superpoussin

Giancarlo wrote:

Et quel pourcentage des Français pense que le virus du sida peut être transmis par un séropositif sous traitement qui a une charge virale indétectable ?

Et quel pourcentage des Français pense que les (nouveaux) séropositifs ont une espérance de vie significativement réduite ?

Et quel pourcentage des Français pense que les traitements antirétroviraux ont forcément des effets secondaires difficiles à supporter ?

etc

Si les associations sida passaient plus de temps à défendre les intérêts des séropositifs (en dédiabolisant un peu la séropositivité), et moins de temps à faire de la "prévention" par la peur, l'état des connaissances des Français serait sans doute meilleur.

Sans tomber dans un excès ou l'autre ("être séropo c'est trop cool" versus "être séropo c'est la pire chose qui puisse t'arriver dans la vie"), je pense qu'on devrait communiquer sur le VIH de manière plus factuelle et objective.

Je pense que les idées fausses et reçues que révèle ce sondage sont en bonne partie le résultat de l'infantilisation de la population par des campagnes de prévention basées sur la peur. La peur n'aide pas à rester rationnel et à accumuler des connaissances.

Je partage cet avis, j'irai même plus loin en disant que pour moi le reste qui a été "oublié" représente l'essentiel.

Les associations VIH auront (de nouveau pour certaines) ma sympathie quand elles s'intéresseront davantage aux intérêts des séropos qu'à faire une prévention de transmission des IST basée sur la phobie du VIH, et ce à notre détriment.

Il va sans dire que voilà un moment que j'incite les personnes de mon entourage à ne pas donner un rond au Sidaction et autres associations vivant à nos dépens.