VIH, VHB, VHC : les généralistes, acteurs clés du dépistage ?

Publié par jfl-seronet le 07.09.2014
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Thérapeutiquedépistagevhbvhcvihhépatites

On ne compte plus les plans nationaux et autres recommandations officielles qui prônent le rôle, présenté comme "clef", des médecins généralistes dans le dépistage du VIH et des hépatites B et C. Le Rapport Dhumeaux sur la prise en charge des hépatites virales insistait, il ya quelques mois encore, sur ce point. L’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites a soutenu une recherche expérimentale sur ce sujet menée par l’INSERM, dont elle rend compte dans un récent communiqué (1er septembre 2014). Explications.

Soixante six médecins généralistes de Gironde et du Nord ont été associés à ce projet. A charge pour eux de proposer un dépistage conjoint du VIH et des hépatites B et C à tout consultant âgé de plus de 18 ans et n’ayant encore jamais fait de test auparavant. Le but était principalement d’étudier "la faisabilité d’une telle pratique et renforcer le dépistage en population générale". Mieux sensibilisés et formés aux épidémies du VIH et des hépatites B et C, les médecins généralistes peuvent proposer plus souvent un dépistage conjoint du VIH et des hépatites B et C aux consultants âgés de plus de 18 ans… C’est un des enseignements de cette étude.

Proposer un test de dépistage conjoint VIH/VHB/VHC

Soixante six médecins généralistes de Gironde et du Nord ont donc été recrutés pour participer à cette étude. Durant une semaine, les médecins devaient proposer systématiquement un test conjoint de dépistage VIH/VHB/VHC à toute personne majeure consultant si au moins un des trois tests proposés n’avait jamais été effectué. Si les tests avaient déjà été effectués par le consultant, un dépistage pouvait tout de même être proposé sur la base de signes cliniques ou si une exposition éventuelle aux virus était suspectée. Parmi les 3 566 consultants reçus durant cette semaine, 2 424 présentaient une indication de dépistage. Le dépistage conjoint VIH/VHB/VHC a été proposé à 68 % d’entre eux soit 1 641 personnes. Sur ces 1 641 consultants, 77 % se sont vus réellement prescrire un dépistage conjoint, indiquent les chiffres publiés dans le communiqué.

Des résultats encourageants

"Les résultats montrent la faisabilité et l’efficacité d’une telle initiative", note l’ANRS. En effet, "le nombre médian de dépistages prescrits par médecin est passé de 2 à 16 pour le VIH et de 1 à 17 pour le VHB ou le VHC". Par ailleurs, grâce à cette étude, "les médecins généralistes ont également acquis une meilleure connaissance des situations à risques d’infection (acte chirurgical, tatouage/piercing, etc.). Par conséquent, après l’étude, on note une augmentation des propositions de tests de dépistage selon la situation du consultant", indique le communiqué. "Cette étude montre que sur une courte période, des médecins généralistes formés et motivés peuvent proposer plus souvent un dépistage conjoint du VIH/VHB/VHC. Toutefois, une formation des médecins généralistes sur ces trois infections est essentielle à la bonne prescription du dépistage".

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Portrait de Kio

Toutefois, une formation des médecins généralistes sur ces trois infections est essentielle à la bonne prescription du dépistage