Warning Bruxelles… en signes de reconnaissance !

Publié par jfl-seronet le 11.05.2012
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warningbelgian pride 2012
Rien de mieux qu’une Gay Pride pour se faire connaître… surtout lorsqu’on est une association, récente, de lutte contre le sida et qu’on vise plus particulièrement à la mobilisation des gays séropos… Tout logiquement, Warning Bruxelles a donc décidé de jouer coup double à cette occasion : la Gay Pride de Bruxelles qui se déroule samedi 12 mai. Que compte faire Warning Bruxelles ? Seronet vous dit tout.
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Crédits photos : Michelanunes

Le 12 mai 2012, jour de la Belgian Pride, Warning Bruxelles propose un stand place de la Bourse à Bruxelles avec diverses animations, dont "MR. HIV". Un stand, cela peut paraître classique, mais l’animation intitulée "MR. HIV" est loin d’être banale. En  effet, chacun est invité à poser avec l'écharpe "MR. HIV" et être photographié. Dans un flyer qui sera distribué à cette occasion, l’association rappelle qu’après "bientôt 30 ans d’épidémie il n’existe pas de lieux de débat et d’initiatives entre gays séropositifs dans la capitale de l’Europe. Pourtant, nous vivons concrètement nos désirs et notre sexualité malgré le discours misérabiliste ambiant qui nous isole les uns des autres et renforce les préjugés", avance l’association. "Nous restons invisibles dans le milieu gay, dans les campagnes d’information et les associations. Avec cette élection, nous voulons défendre la visibilité des gays séropositifs dans les débats publics, médicaux, sociaux et politiques qui les concernent", explique Warning Bruxelles. L’objectif clairement et fièrement affiché par l’association est de "se réapproprier ainsi nos corps, notre santé et notre identité, et de rompre avec la morale qui pèse sur nous et nos sexualités en prenant en compte la culture de la fête et du plaisir, fondamentale dans nos vies". Bref, il s’agit rien moins que de "défendre la sérofierté", de "retourner la honte et le "stigmate" de la séropositivité en emblème de reconnaissance, de respect et d’égalité". Cette campagne, ils sont, pour le moment, quatre à y avoir associé leur visage dont Laurent Gaissad, président de Warning Bruxelles, Frédéric, gérant d’un établissement gay Le Duquesnoy. "Je me suis engagé dans cette campagne en tant que Mister HIV vis-à-vis de ma propre clientèle. Cela fait déjà un moment que j’ai pu observer autour de moi un certain nombre de problèmes alarmants liés à l’information relative au VIH (…) J’ai pu observer une difficulté énorme pour les personnes séropositives à communiquer leur statut sérologique (…) je voudrais apporter une image plus neutre et plus acceptée du VIH dans mon établissement, mais aussi dans la société en général", explique Fred dans une interview avec François Massoz-Fouillien pour "Rainbow Times" (RBT, la revue de la Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles). "Il y a, en Belgique, un tabou absolument ahurissant autour du VIH", confirme Laurent Gaissad dans la même interview.


Les causes de cette situation sont connues, analyse Warning Bruxelles : un vrai problème de la gestion de l’information autour du VIH, un discours "misérabiliste" sur le VIH marqué, de surcroît, par le fatalisme et le moralisme. Pour Warning Bruxelles, il est assez évident que passer son temps à affirmer que "contracter le VIH est la pire des choses qu’il pourrait vous arriver" et ne dire que cela, conditionne à la fois l’attitude des personnes séropositives et la façon dont les personnes séronégatives les considèrent. Honte pour les premiers, peur des premiers pour les seconds. C’est schématiquement résumé (l’interview de Laurent Gaissad et Fred apporte bien plus d’éléments et de clefs de lecture) le mécanisme qui conduit à l’instauration d’une "sérophobie structurelle et institutionnelle". C’est tout le sens de la campagne "Mister HIV".


Mais ce n’est pas l’unique message que l’association entend porter. A la différence du discours ambiant en Belgique, elle veut mettre en avant le rôle déterminant des traitements antirétroviraux comme outil de prévention. Le pari est d’autant plus important à relever qu’une "partie du corps médical reste mitigé pour reconnaître l’efficacité du traitement comme prévention", note Laurent Gaissad. Warning Bruxelles entend donc faire du battage pour que l’ensemble des outils de prévention soient présentés, diffusés, vulgarisés pour être accessibles et utilisables par tous. La volonté est bien de rompre avec la confiscation actuelle d’une partie de l’information. Concrètement, cela donne un nouveau message que l’association va diffuser lors de la Belgian Pride et au long cours… notamment par le biais d’un flyer. Quel en est le message ?


Le titre donne déjà le ton et l’esprit : "Plaisirs indétectables : le traitement est une prévention". "Aujourd’hui, il est établi que le traitement antirétroviral (trithérapie) est un outil de prévention. Parce qu’il bloque le développement du VIH, il peut rendre la quantité de virus indétectable dans le sang comme dans le sperme, les muqueuses rectales et vaginales. Autrement dit, les personnes séropositives qui ont un traitement efficace depuis plusieurs mois et en l’absence d’IST ne peuvent pas transmettre le virus", indique le message. Message qui estime que le "Tout capote a non seulement échoué, surtout chez les gays où la prévalence au VIH reste élevée, mais [qu’il] a aussi contribué à renforcer les stigmates qui pèsent sur nous, en particulier lorsqu’on est séropositif… Bien conduits, les traitements donnent une plus grande espérance et qualité de vie, ils empêchent la transmission et renforcent les libertés que notre expérience sexuelle a anticipées. Retrouvons les mots d’une sexualité gay positive". Sérofierté, promotion d’une information complète, stratégie de prévention qui s’appuie sur le tryptique : préservatif, traitement comme prévention et dépistage… voilà la feuille de route que s’est lancée Warning Bruxelles.