Toujours pauvres

Publié par jfl le 11.06.2008
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Le gouvernement actuel ne jure que par le travail, y compris pour répondre aux revendications des personnes en situation de handicap ou atteintes d'une maladie chronique. C'était tout le sens du discours de Nicolas Sarkozy à la Conférence nationale sur le handicap, le 10 juin. Pourtant la réponse présidentielle est à la fois loin du compte.

Réunies au sein du collectif Ni pauvre, ni soumis, les associations de personnes handicapées ou atteintes d'une maladie chronique réclament la création d'un revenu d'existence décent égal au smic. Pour elles, c'est l'unique moyen pour que les 800 000 personnes qui bénéficient de l'allocation adulte handicapé (AAH, 628,10 euros) ne vivent plus sous le seuil de pauvreté (817 euros), ce qui ne perturbe manifestement pas grand monde.


Le gouvernement est opposé à cette idée, trop coûteuse selon lui. Du coup, il s'est engagé à revaloriser l'AAH de 25 % sur cinq ans. C'est un "effort" comme le dit le président, mais c'est notoirement insuffisant. Et puis, ne parler que de l'AAH, c'est oublier (sciemment ?) toutes les personnes bénéficiaires de pensions d'invalidité et de rentes accident du travail qui ne roulent pas sur l'or non plus.


Comme il fallait faire quelques annonces lors de la Conférence, Nicolas Sarkozy s'est engagé à ce que le cumul de l'AAH avec un salaire soit simplifié et à ce que la condition d'un an d'inactivité pour accéder à l'AAH soit abaissée à trois mois voire supprimée. En revanche, c'est le refus opposé aux associations qui demandaient que le calcul du montant de l'allocation accordée à une personne ne soit plus établi en fonction des revenus du conjoint.


Ces avancées très modestes sont évidemment loin des enjeux. En effet, si les personnes handicapées travaillent peu, c'est pour deux raisons. D'une part, leur état de santé ne le leur permet pas ou plus de le faire. La moitié des personnes sont dans cette situation. Dans ce cas, le gouvernement n'apporte aucune réponse puisque sa seule solution aux problèmes de ressources est de mettre les gens au travail. D'autre part, si les personnes handicapées travaillent peu, c'est tout simplement parce que ces personnes, dans la vraie vie, sont souvent exclues de l'emploi. Un exemple ? En France, la loi fixe à 6 % le taux d'emploi des personnes handicapées dans les entreprises. En 2006, ce taux, pourtant obligatoire, atteignait péniblement 4,4 % dans le privé.


"Une personne handicapée dans une entreprise (...) c'est pas une charge, c'est une chance", a expliqué Nicolas Sarkozy. C'est tout de même curieux que la fonction publique ne saisisse pas davantage cette "chance" puisque le taux d'emploi des personnes handicapées y est de 3,5 %, alors que la loi le fixe à 6 %. Là encore, personne ne semble s'en émouvoir autre mesure.
Annoncé comme une priorité du gouvernement, le handicap ne se voit proposé qu'une idée : faire de l'AAH un "tremplin vers l'emploi", et qu'une annonce : 50 000 places d'hébergement. Sur la question des ressources, c'est l'évidence même, le rendez-vous est manqué ! La précarité a de beaux jours devant elle.

Commentaires

Portrait de cierva54

Effectivement, c'est très bizarre, car moi qui était serveur de métier, j'ai du changer de travail pour subvenir à mes besoins, donc j'ai fait une formation que la cotorep m'a accepté, mais problème une fois le diplôme obtenu (fleuriste), on m'a interdit de travailler...

Aprés trois ou quatre ans, je ne sais plus exactement on m'a autorisé à retravailler, super mais maintenant je fais comment devant un patron pour justifier un diplome qui n'est pas validé par les professionnels (effectivement c'est un métier qui évolu comme la mode et sans parler des nouvelles techniques).

Donc maintenant je me retrouve sans rien et pourtant on veux me remettre au travail, je veux bien même je fais quoi, serveur (dans masituation, pas possible), fleuriste (en état de cause, personne ne me prendra), alors quoi je refais une formation qui coute de l'argent ou je garde cette argent pour me nourrir...

Voilà, je ne sais plus quoi penser, alors monsieur sarkozy, les bonnes paroles ne fais rien, les actes seraient plus interéssant pour nous.

A bon entendeur, un séropo qui est une personne comme tout le monde (n'oublions pas). 

Portrait de sonia

et pendan ce temps là madame Bachelot nous exhorte à manger 5 fruits légumes par jour pour la santé, aux prix du marché actuel, ce ne sont pas les personnes vivant avec l'aah  et autres qui pourraient se le permettre, le luxe dans une assiette!