Alcool et réseaux sociaux

16 Janvier 2019
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Publiée mi-novembre dernier par le Journal of studies on alcohol and drugs, une étude de l'Université du New-Jersey (États-Unis) pointe le lien entre les publicités Facebook pour des alcools et le désir de boire chez les jeunes, indique un article récent de la  lettre d’informations du Respadd (7 janvier). Les chercheurs-euses observent notamment que l'envie d'alcool est 3,5 fois plus élevée chez les participants-es qui viennent de visualiser une publicité accompagnée de commentaires positifs sur le fait de boire. À l'inverse, les personnes confrontées à une publicité assortie de commentaires négatifs sur la consommation d'alcool étaient celles qui présentaient le désir de boire le plus faible. « Les commentaires influencent non seulement l'envie d'alcool mais ils augmentent également la viralité du message original », explique le Dr. Jonathan Noel, l'un des auteurs de l’étude. En effet, les participants-es ayant été soumis aux commentaires positifs sont deux fois plus susceptibles de partager ou d'aimer la publication, souligne l'étude. Pour réduire ces impacts, les chercheurs suggèrent donc de limiter ou de supprimer les commentaires sur les publicités liées à des alcools.

 

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Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation était l'invité de BFMTV et RMC ce mercredi matin. 

Invité ce mercredi matin de Bourdin Direct sur BFMTV et RMC, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Didier Guillaume, interrogé sur les addictions, a estimé que le vin "n'est pas un alcool comme les autres". 

"L'addiction à l'alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le phénomène du 'binge drinking'. Mais je n'ai jamais vu un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu'il a bu du Côtes-du-Rhône, du Crozes-Hermitage, du Bordeaux, jamais. Ils boivent des mélanges, de l'alcool fort", a fait valoir Didier Guillaume. 

"Il faut lutter contre toutes les addictions, et il faut éduquer les Français, les Françaises, la jeunesse, au beau, au bon", a-t-il ajouté. "Il faut éduquer à boire un verre de vin, pour savoir ce que c'est. Mais je le redis: attention aux addictions". 

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Le vin "pas un alcool comme les autres", selon Guillaume: tollé des médecins

PAR AFP Mis à jour le 16/01/2019 à 16:28 Publié le 16/01/2019 à 16:02

Du rosé (image d'illustration).

 

Du rosé (image d'illustration). Photo AFP

Une déclaration du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume estimant que le vin n'était "pas un alcool comme les autres" a déclenché mercredi sur les réseaux sociaux l'indignation de nombreux médecins spécialistes des addictions.

"Je ne crois pas que le vin soit un alcool comme les autres", a déclaré Didier Guillaume mercredi sur le plateau de BFMTV.

"L'addiction à l'alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le "binge drinking", etc. C'est dramatique, mais je n'ai jamais vu, à ma connaissance, malheureusement peut-être, un jeune qui sort de boîte de nuit, et qui est saoul, parce qu'il a bu du côtes-du-rhône", a ajouté le ministre, estimant que les jeunes buvaient plutôt "des mélanges" ou "de l'alcool fort".

Ces déclarations ont d'autant plus mis le feu aux poudres qu'elles interviennent une semaine après la présentation d'un plan gouvernemental contre les addictions déjà très critiqué par les spécialistes à propos de son volet alcool.

"Quel aveuglement! M. Guillaume, tous les médecins vous invitent à faire un tour aux urgences un soir de feria ou de beaujolais nouveau. Pour être plus précis, il y a tous les jours des comas éthyliques au vin", a réagi sur Twitter le professeur Michel Reynaud, addictologue et président du fonds actions addictions.

Ce discours du ministre "place surtout la France dans une position intenable et lamentable quant à l'influence du lobby sur nos politiques", a estimé pour sa part le professeur Amine Benyamina, psychiatre spécialiste des addictions, également sur Twitter.

"Contrairement à ce que prétend le ministre de l'Agriculture, les études démontrent que les jeunes se saoulent avec du vin (18%) ou du champagne (25%) selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Le vin est aussi un alcool comme les autres pour se saouler", a déclaré de son côté Bernard Basset, vice-président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), lui aussi sur Twitter.

"Il faut lutter contre toutes les addictions, mais il faut éduquer les Françaises et les Français et la jeunesse au bon, au beau", a ajouté le ministre, avant d'enfoncer le clou: "Il faut éduquer à boire un verre de vin, pour savoir ce que c'est".

LOBBY DU VIN

Des déclarations qui tranchent avec une des études sur lesquelles s'appuie le plan gouvernemental, selon laquelle "faire goûter de l'alcool à un enfant pourrait avoir pour effet d'augmenter la consommation de boissons alcoolisées à la fin de l'adolescence".

Des acteurs de la lutte contre l'alcoolisme ont dénoncé ces derniers mois la présence d'Audrey Bourolleau au poste de conseillère Agriculture de l'Elysée. Elle était déléguée générale du lobby du vin avant de rejoindre Emmanuel Macron.

"Il y a au gouvernement et surtout à l'Elysée des gens qui ont décidé de soutenir la viticulture",avait réagi M. Reynaud, lors de la présentation du plan contre les addictions, déplorant l'absence de "mesures structurellement efficaces" et notamment pour agir sur le prix de l'alcool.