Décès de Christian Doubrère

14 Mars 2019
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La lutte contre le sida a toujours compté dans ses rangs des militants chevronnés, engagés de longue date, novateurs et parfois d’une grande discrétion voire méconnus du grand public, alors même que leur militantisme a joué un rôle très important dans cette lutte et que cette dernière leur doit beaucoup. C’est le cas de Christian Doubrère, récemment décédé. Président du Kiosque infos sida et toxicomanie dont il était un des co-fondateurs en 1992 et d’Arcat (groupe SOS), Christian Doubrère a soutenu toutes les étapes du développement de l’association, « de la création de la première boutique de prévention ouverte sur la ville - une vitrine sur le sida comme il aimait à le rappeler - à la naissance du Checkpoint-Paris, lieu dédié à la santé sexuelle des personnes LGBT+ », comme le rappelle un message d’hommage publié par l’équipe du Checkpoint-Paris. En 2014, le militant était élu président d’Arcat, « impulsant alors des synergies entre ces deux associations ». « Son engagement sans faille dans la lutte contre le VIH/sida et son regard critique ont inspiré Le Kiosque et Arcat. Christian était un président présent à nos côtés, avec lequel nous discutions des orientations et choix stratégiques. Il était là pour nous encourager et avait un profond respect pour le travail mené par ses équipes. Nous honorerons sa mémoire en poursuivant notre combat commun contre le VIH/sida et les discriminations », explique l’émouvant message des structures de lutte contre le sida qu’il a contribué à créer ou animer ou faire vivre. Dans une interview en juillet 2016, Christian Doubrère revenait sur ce compagnonnage entre Le Kiosque et Arcat. « Le Checkpoint-Paris est reconnu dans la communauté LGBT, il a été l'un des précurseurs du dépistage rapide du VIH. Avec l'obtention du statut d'antenne de Ceggid, il augmente sa visibilité auprès d'un public toujours trop concerné par les contaminations, qu’il s’agisse du VIH ou des autres IST (…) À la fin de l'année 2005, les bénévoles et le conseil d'administration étaient épuisés ; il n’y avait pas, ou peu, de relève à l'horizon. Sans le Groupe SOS, l'esprit et les objectifs du Kiosque se seraient éteints, faute de moyens humains et financiers. Sans l'implication du groupe et de son fondateur, Jean-Marc Borello, les projets successifs de recherche biomédicale n'auraient pas pu voir le jour. Je pense en particulier au soutien sans faille du docteur Guy Sebbah. Enfin les synergies avec Arcat, la direction commune assurée par Eve Plenel, nous ont permis d'assurer nos équilibres financiers et de pérenniser nos actions en étroite collaboration avec la communauté scientifique. Si le Kiosque était resté isolé, aurait-il obtenu le soutien des scientifiques et de Sidaction ? Je ne le pense pas », expliquait-il alors. Il concluait ainsi son interview : «  Après 30 ans d'engagement et 20 ans de vie avec le virus, ma détermination reste intacte ! »