Décès de Mathieu Riboulet

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L'écrivain Mathieu Riboulet, auteur à la fois sensible et radical, lauréat du prix Décembre en 2012 pour "Les Oeuvres de la miséricorde", est décédé le 5 février à l'âge de 57 ans des suites d'un cancer, a annoncé son éditrice à l'AFP. Mathieu Riboulet a d'abord été réalisateur avant de se lancer dans l'écriture. Il est l'auteur d'une quinzaine de romans, la plupart édités chez Verdier. En 2015, il avait co-signé avec l'historien Patrick Boucheron, "Prendre dates", recueil de réflexions croisées et profondes, nées de l'onde de choc provoquée par l'attentat contre "Charlie Hebdo" en janvier 2015. Il est également l'auteur de "Entre les deux il n'y a rien", un récit, mi-essai, mi-fiction, sur les mouvements de contestation des années 1970 à Paris, Rome et Berlin ou encore de "L'amant des morts", livre poignant sur le sida récompensé en 2008 par un prix de la SGDL (Société des gens de lettres) et en 2009 par le prix de l'Estuaire. "Aussi violent et cru soit-il, le chapitre inaugural de ce roman initiatique frappe par sa douceur. Les mots savent ce qu'ils disent, ils connaissent leur pouvoir guérisseur. Soudain gonflés de lyrisme, mais justes et ciselés, ils pansent les plaies du héros, le transformant en guerrier qui partira au secours des autres pour effacer sa peine (…) Court et dense comme une tragédie antique dont il déroule cinq actes fondateurs, ce livre est aussi un magnifique traité de l'abandon. Abandon de soi, abandon des autres. Si Jérôme n'éprouve jamais un seul sentiment, c'est qu'il craint la désagrégation de l'émotion, et la perdition qui s'ensuit. Sa dureté n'est qu'une armure trop grande pour lui, qu'il lui faut sans cesse remettre en place. D'où cette impression de secousses, de chocs et de ruptures dans ses actes, qui le mènent dans un Paris qui se meurt à petit feu du sida", écrivait "Télérama" en 2008 à l’occasion de la sortie de ce roman. Le site des éditions Verdier rend hommage à son auteur.

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