Erreurs médicamenteuses : plan d’actions

10 Janvier 2019
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L’opération avait pour titre : « Les médicaments ? À bon escient ! ». Elle a été proposée dans le cadre de la semaine de la sécurité des patients-es. Le 28 novembre dernier, le Collège de la médecine générale (CMG) et l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ont organisé une journée consacrée aux « Erreurs médicamenteuses en ville ». L’occasion de publier quelques données. De 2013 à 2017, plus de 12 000 signalements d’erreurs médicamenteuses ont été enregistrés par l’ANSM. Sur ces signalements, 60 % ont entrainé un effet indésirable, dont la moitié considérés comme graves. Deux tiers des signalements d'erreurs concernent des populations sensibles (enfants et population âgée). En ville,  80 % des erreurs chez les personnes âgées ont entrainé des effets indésirables dont la moitié considérés comme graves. Dans ce contexte, le CMG et l’ANSM ont souhaité réunir l’ensemble des acteurs-trices de ville (médecins généralistes, pharmaciens-nes, infirmiers-ières et patients-es) afin de les sensibiliser à cette problématique et chercher ensemble des solutions pour partager, informer et prévenir les erreurs médicamenteuses. A l’issue des échanges du 28 novembre, le CMG et l’ANSM ont établi un plan d’actions commun. Il comprend la « volonté d’intégrer la thématique Gestion des erreurs médicamenteuses dans la formation initiale et dans la formation continue pluri-professionnelle (pharmacien, médecin, infirmier…) », la « mise en œuvre d’une aide méthodologique aux équipes de terrain souhaitant s’engager dans une démarche d’identification des erreurs médicamenteuses » et « l’organisation d’un concours, au cours du second semestre 2019, qui pourrait prendre la forme d’un hackathon, afin d’aider au développement d’outils numériques permettant de faciliter la déclaration, l’analyse et le retour d’information sur les erreurs médicamenteuses. Pour ce faire, l’ANSM propose de partager ses données sur les déclarations d’erreurs médicamenteuses ». Sont également prévues : « Le développement de documents d’information ou d’actions de communication pour une meilleure sensibilisation de tous les acteurs-trices [du soin], la généralisation de fiches patient pour accompagner le changement dans l’utilisation d’une spécialité ou encore la création de guides pour chacun des acteurs, etc. », le « renforcement de l’accompagnement du patient à sa sortie de l’hôpital via notamment l’utilisation systématique d’une fiche de conciliation permettant d’apporter des informations nécessaires pour le suivi du traitement (dé-prescription, changement de dosage au cours de l’hospitalisation, etc.) », ainsi que la « valorisation de l’usage du dossier pharmaceutique permettant le partage de l’historique des prescriptions et de délivrance nécessaire à un bon suivi du patient » et l’organisation de journées thématiques sur les erreurs médicamenteuses ou la surconsommation des médicaments et de la dé-prescription destinées aux professionnels-les de santé.