USA : qu’est-ce qui drive l’épidémie ?

10 Avril 2019
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Aux États-Unis, chercheurs-euses et autorités de santé cherchent à connaître les ressorts de la dynamique de l’épidémie de VIH. Une récente étude, publiée mi-mars, constitue une réponse. Environ 80 % des contaminations par le VIH dans ce pays sont dues à des personnes ignorant qu'elles sont séropositives, ou des personnes vivant avec le VIH, connaissant leur statut, mais qui ne sont pas traitées. Ces résultats semblent raccord avec les objectifs de la stratégie récemment annoncée par le président Donald Trump pour mettre fin à l'épidémie d'ici dix ans dans le pays. Celle-ci s’appuie sur un recours plus fréquent aux dépistages (VIH, hépatites, IST) et une mise sous traitement immédiate de toutes les personnes diagnostiquées. L’étude publiée est fondée sur des données de 2016. Elle estime que 38 % des contaminations sont le fait de personnes séropositives ignorant leur statut, et que 43 % viennent de personnes connaissant leur séropositivité au VIH, mais pas traitées, soit un total d'environ 80 %. Les 20 % de contaminations restantes viendraient de personnes traitées, mais pour lesquelles la thérapie ne permet pas encore d’atteindre l’indétectabilité (traitement pas adapté, difficultés d’observance…). Pour les autorités de santé, l’explication de ce phénomène serait d’ordre financier voire social. À l'inverse, l'étude américaine estime que le demi-million de personnes traitées et chez qui la charge virale est devenue indétectable (soit la moitié des personnes ayant le VIH aux États-Unis) sont à l'origine de zéro nouvelle contamination, preuve du succès des médicaments, qui permettent non seulement de vivre mieux et plus longtemps, mais aussi d’éviter des infections. Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes représentent plus de la moitié des personnes vivant avec le VIH du pays. Les trois quarts des nouvelles infections sont liées à des relations sexuelles entre hommes. Près de 5 % des infections sont dues à l'usage de seringues de drogues chez des gays, indique le rapport.