Faut-il ajouter une journée contre la sérophobie au calendrier ?

Mardi 11 Juin 2019 - 21:00 au 22:30
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Sérophobie ? C’est le rejet et la discrimination des personnes vivant avec le VIH. Il existe une sérophobie d’État comme dans certains pays avec des refus d’entrée ou de séjour pour les personnes séropositives. Mais aussi dans l'entourage familial, sexuel, milieu du travail ou scolaire... Et le phénomène ne date pas d’aujourd’hui. Une étude de 2005 (Sida Info Service) montrait que 57,3 % des personnes séropositives estimaient avoir déjà été discriminées du fait de leur séropositivité, et notamment pour 43,7 % des personnes interrogées de la part de professionnels-les de soin, et en particulier de la part de dentistes. Pour la publication de son rapport VIH Hépatites, la face cachée des discriminations 2017, AIDES a fait réaliser un sondage aux données intéressantes et inquiétantes. Le sondage mené par l’institut CSA confirme que des représentations contradictoires circulent : 98 % des enquêtés-ées considèrent qu’une personne vivant le VIH peut travailler mais 31 % estiment qu’il est normal que l’accès à certaines professions leur soit barré. Parmi les parents, plus d’un sur cinq seraient mal à l’aise s’ils apprenaient que l’enseignant de leurs enfants vit avec le VIH, et pour la moitié d’entre eux, c’est la crainte d’une contamination qui motive cette peur irrationnelle. Les chiffres constataient un « malaise persistant à côtoyer des personnes séropositives dans des situations quotidiennes ». 16 % des répondants-es en activité se sentiraient également mal à l’aise à l’idée de travailler avec un-e collègue séropositif-ve, et 10 % des répondants-es préféreraient ne pas fréquenter le même cabinet médical qu’une personne vivant avec le VIH (…) Chez les 18-24 ans, cette proportion s’élève respectivement à 30 % et 15 %. Voilà où nous en sommes. Et pourtant la discrimination en raison de l’état de santé est prohibée par l’article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Le droit français traduit cette interdiction à plusieurs égards… sans que cela semble avoir un effet dissuasif. Alors, faut-il en faire plus contre la sérophobie en instaurant une Journée éponyme au calendrier ? Avec quel programme ? Pensez-vous à d’autres modes d’action ? C’est autour de ces questions qu’on vous propose d’échanger pendant le chat thématique mardi 11 juin à partir de 21 heures, en compagnie de Diane-Seronet.