Migrants à Paris : le ton monte

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La noyade accidentelle d'un réfugié à Paris a encore un peu plus envenimé les relations déjà tendues entre la maire de Paris Anne Hidalgo et le gouvernement sur la gestion des campements de personnes migrantes, à l'insalubrité alarmante, réapparus dans la capitale, indique l’AFP. Survenu dans la nuit du 7 au 8 mai, le drame a coûté la vie à un jeune réfugié qui aurait sauté volontairement dans le canal Saint-Martin au niveau du quai de Valmy, selon une source policière. Le jeune homme aurait voulu traverser le canal alors qu’il était ivre. Pour Anne Hidalgo qui, depuis plusieurs semaines, n'a de cesse d'interpeller l'Etat face à la situation "indigne" de plusieurs campements de personnes migrantes installés dans le nord de Paris, ce drame impose de mener "au plus vite" une opération de "mise à l'abri des migrants présents dans ces campements parisiens". "Nous craignions le pire, et le pire est arrivé. Nous sommes présents tous les jours avec nos équipes, et nous demandons depuis des mois aux autorités de prendre leurs responsabilités et de mettre les personnes à l'abri de toute urgence et en toute dignité", a indiqué, pour sa part, Terre d'Asile. Dans un courrier adressé le 27 mars au ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, Anne Hidalgo dénonçait, entre autres, "la densité des campements" et "l'étroitesse de certains passages entre les tentes et les canaux, parfois réduite à 50 centimètres", générant "des risques très significatifs de noyade". Le 9 mai, après les nouvelles critiques de l'élue parisienne, la réaction du gouvernement a pris la forme d'une sèche réponse de Gérard Collomb, via un courrier adressé à la maire et dont l'AFP a eu également copie. Le ministre de l’Intérieur y défend la mobilisation "sans faille" de l'Etat et oppose un total "désaccord" aux critiques d'Anne Hidalgo. Gérard Collomb tacle également "la politique d'hébergement indifférencié des personnes arrivant à Paris, telle qu'elle a été mise en œuvre" durant le quinquennat précédent. Concernant le campement installé près de la porte de la Villette, le ministre renvoie la balle dans le camp de la mairie. Installé depuis plusieurs mois le long du canal Saint-Denis, il compte quelque 1 500 personnes vivant dans des conditions insalubres. Gérard Collomb renvoie la balle à Anne Hidalgo et l’invite à faire usage de ses "compétences" et "d'entamer les procédures judiciaires" pour permettre à l'Etat de "mener à bien" l'évacuation.

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