Pays du Sud : co-infection VIH et cryptococcose

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La cryptococcose neuro méningée est une infection grave due à un champignon qui est particulièrement fréquente chez les personnes immunodéprimées et en particulier chez les personnes atteintes du sida. Même si on assiste à une augmentation globale de la couverture en traitement antirétroviral pour le VIH, l’incidence de la cryptococcose n’a pas diminué et elle reste la cause de plus de 100 000 décès par an en Afrique (1), rappelle l’ANRS dans un communiqué (24 juillet). Le traitement standard recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) consiste en une phase d’induction d’une perfusion quotidienne d’amphotéricine B (AmB) associée à la prise orale de flucytosine (5-FC) pendant deux semaines, puis d’une phase de consolidation et de maintenance fondée sur la prise orale de Fluconazole (FLU). L’amphotéricine B est efficace mais n’est pas disponible dans les pays à ressources limitées et entraine parfois des effets indésirables graves. Les chercheurs ont donc voulu tester des traitements alternatifs et efficaces qui permettraient de se passer d’amphotéricine B. L’essai Acta (dont le Medical research council et l'ANRS étaient les promoteurs), a inclus 721 personnes infectées par le VIH et atteintes de criptococcose. Il avait pour objectif d’évaluer la non infériorité de deux traitements d’induction en comparaison à celui recommandé par l’OMS. Le premier, un traitement de deux semaines sans amphotéricine B, contenait du Fluconazole et de la flucytosine pris oralement. Le deuxième, était identique à celui recommandé par l’OMS (amphotéricine B + flucytosine) mais pris seulement sur une semaine, limitant ainsi la prise d’amphotéricine B. Ces trois traitements d’induction, ainsi que deux autres à base d’amphotéricine B + Fluconazole pendant une ou deux semaines, ont été évalués. Après le traitement d’induction, toutes les personnes ont pris le traitement de consolidation à base de Fluconazole pendant huit ou neuf semaines pour un total de dix semaines de suivi. Après les dix semaines de suivi, les personnes ont continué le Fluconazole en phase de maintenance selon les programmes nationaux de chaque pays. L’essai Acta a montré, pour la première fois, la non-infériorité de deux combinaisons thérapeutiques antifongiques (anti-champignons) pour le traitement d’induction de cette maladie. Ces traitements permettent une diminution de la durée d’administration de l’amphotéricine B, voire sa suppression totale. Ils promettent ainsi d’être coût-efficaces pour les pays du Sud, explique l’ANRS. Ces traitements permettraient donc  limiter la prise de l’amphotéricine B très peu disponible en Afrique. Ces résultats sont d’une grande importance car la cryptococcose et notamment la méningite cryptococcique, est une maladie grave. Les résultats de l’étude Acta ont présentés pour la première fois à la conférence IAS 2017.

(1) : Radha Rajasingham et all The Lancet HIV, 5 mai 2017

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