Prix des médicaments : plus de transparence

10 Juin 2019
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Dans une précédente brève, nous évoquions le vote à suspense de la France d’une résolution sur la transparence des prix des médicaments (initiée par l’Italie et rapidement soutenue par l’Espagne, le Portugal, l’Afrique du Sud, etc.) à l’Assemblée mondiale de la santé. Et c’est une bonne nouvelle qui est tombée mardi 28 mai. La résolution visant à « améliorer la transparence du marché des médicaments, vaccins et autres produits de santé » a été adoptée à Genève, durant cet événement annuel qui rassemble en grande pompe l'ensemble des États membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette résolution constitue une avancée majeure à plusieurs égards. Pour la première fois, un texte de référence internationale pose sur le papier des « fondamentaux » défendus par les activistes depuis de longues années. Le lien avéré entre le prix élevé des nouveaux produits de santé et les freins à l'accès à la santé est énoncé de façon explicite. De même que l’importance de rendre publiques les informations relatives aux médicaments, notamment leurs prix réels, condition indispensable pour des négociations équitables, la collaboration entre les États et ainsi favoriser un accès abordable et équitable aux produits de santé. Par cette résolution, les États sont appelés à se saisir de cet enjeu transversal, hissé au niveau international, et à promouvoir la transparence du marché pharmaceutique. Mais cette résolution n’est pas une fin en soi, n’étant pas contraignante juridiquement pour les États. Si ces derniers ne s’en saisissent pas, ces engagements resteront sans effet. Elle n’est par ailleurs pas dépourvue de limites, notamment concernant la transparence du « coût humain » dans les essais cliniques, ou des dépenses réelles de recherche et développement des laboratoires. Rien non plus sur des suites potentielles entre les États. Sur ce sujet, la France était attendue au tournant, notamment au vu des enjeux grandissants concernant le niveau d'opacité des conditions de négociations des tarifs des nouveaux médicaments chez nous, alimentant la hausse des prix dans un contexte budgétaire contraint. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, était présente à Genève où les activistes français et internationaux-les mettaient la pression pour que le plus de pays possible votent en faveur de cette résolution, dont la France. Agnès Buzyn et le représentant permanent de la France auprès de l'Office des Nations unies à Genève, l’ambassadeur François Rivasseau, n’étaient pas présents dans les sessions consacrées à cette question, alors que la décision cruciale approchait. La France a finalement rejoint le camp des pays en faveur de la transparence. « Une belle victoire pour l'activisme car c'est notre mobilisation intense, en alliance avec des associations françaises et internationales, les relais nombreux de chacun-e sur les réseaux sociaux […] qui ont contribué à l'adoption de cette résolution ! » a pour sa part salué l’association AIDES.