Santé : les Français-es entre clairvoyance et méfiance

8 Janvier 2019
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Les Français-es ont une « conscience très aigüe des difficultés du système de soins », si on en juge par les résultats d’une étude d’opinion réalisée par Viavoice pour la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP). En effet, les deux-tiers des Français-es considèrent que [le système de soins français] est victime de « dysfonctionnements majeurs ». « La nature de ces dysfonctionnements concerne d’abord le manque de moyens financiers dévolus tant au système de santé qu’aux établissements, qui se traduit par des conséquences préjudiciables pour les professionnels de soins : pénurie, épuisement », explique Viavoice dans un communiqué (13 décembre). Selon cette même étude : « Un tiers des Français-es dit ressentir des difficultés à se soigner correctement, particulièrement en matière d’accès aux soins, tant géographique que financier ». Autre chiffre édifiant : plus d’un tiers des Français-es a « le sentiment qu’un soin nécessaire ne lui a pas été prodigué, ou qu’un examen ou un soin inutile lui a été prescrit ». Globalement l’indice de confiance en France n’est pas très élevé, note Viavoice. Seul moins d’un Français sur deux (43 %) fait spontanément confiance à quelqu’un. On constate une forte disparité en fonction des générations : près des trois quarts (67 %) des plus jeunes de 18 à 34 ans ne font pas confiance aux personnes rencontrées la première fois. Les personnes plus âgées (65 ans et plus) sont la seule classe d’âge à répondre majoritairement de façon positive à cette question : elles sont 58 % à faire confiance à une personne rencontrée pour la première fois. Ces chiffres sont révélateurs d’un climat général de confiance plutôt dégradé dans notre pays. Dans ce contexte qui n’épargne pas grand monde, on constate toutefois l’augmentation globale de la confiance envers les acteurs garants de l’intérêt général. Parmi le quintet gagnant, on trouve les acteurs de proximité que sont les professionnels-les de santé (88 %), les établissements d’hospitalisation publics (80 %) et privés (78 %), l’armée (79 %), la police (76 %) et la gendarmerie (80 %). Publics ou privés, les établissements de santé jouissent d’un large capital de confiance (en augmentation par rapport à 2017 : plus quatre points de confiance pour les hôpitaux publics, plus huit points de confiance pour les cliniques et hôpitaux privés). Concernant les professionnels-les de santé, les Français-es considèrent en priorité que ces derniers ont de solides formations (46 %), qu’ils se consacrent au bien-être des gens (42 %) et qu’ils sont à l’écoute des patients-es (40 %). En dépit d’un indice de confiance élevé, 67 % des Français-es estiment que le système de soins connait des dysfonctionnements majeurs, note l’étude de Viavoice. Les causes les plus citées ? Une pénurie de personnel soignant (71 %), ainsi qu’un manque de moyens financiers (53 %). Mais ils expriment aussi une crainte : près d’un tiers d’entre eux dit avoir des difficultés à se soigner, soit à cause de difficultés d’accès géographique aux soins (40 %) soit à cause de difficultés financières d’accès aux soins (27 %). De plus, 72 % considèrent que ces dysfonctionnements sont plus nombreux. Même constat pour les établissements de santé : 64 % des Français-es estiment que ces derniers connaissent des dysfonctionnements. Ils les expliquent en priorité par l’épuisement professionnel du personnel soignant (74 %) et par un manque de moyens financiers (69 %). Une majorité de Français-es (73 %) estime que ces dysfonctionnements sont plus nombreux… et seulement 4 % d’entre eux estiment qu’ils sont moins nombreux. Si 72 % des Français considèrent comme étant facile d’accéder aux professionnels de santé, un tiers d’entre eux (26 %) éprouve des difficultés. Là encore, ce sont sans surprise les habitants des zones rurales (49 % contre 14 % pour l’agglomération parisienne) qui pâtissent d’un accès géographique plus difficile aux professionnels de santé. Sur le sujet de la pertinence des actes prodigués, 31 % des Français-es estiment avoir déjà effectué un examen de santé ou un soin inutile (66 % pensent le contraire). Et si 59 % des Français estiment que l’ensemble des examens ou des soins nécessaire leur a été réalisés dans une situation de soin donnée, un tiers d’entre eux (38 %) ont le sentiment que cela n’a pas été le cas. « Ces données sont édifiantes sur le ressenti des patients en matière de pertinence des soins et des actes qui leur ont été prodigués », commente l’institut de sondage.

Étude d’opinion réalisée par Viavoice pour la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), en ligne, du 16 au 22 octobre 2017, auprès d’un échantillon de 1 019 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité est assurée par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe, âge, profession, région et catégorie d’agglomération.