Tchétchénie : répression homophobe

22 Janvier 2019
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Les autorités tchétchènes ciblent une nouvelle fois des gays et des lesbiennes présumés. Au moins deux personnes seraient déjà mortes des suites de tortures depuis décembre 2018, indique un communiqué d’Amnesty International (15 janvier). Dans son communiqué, l’ONG indique que le Russian LGBT Network a reçu le 28 décembre 2018 des informations faisant état de nouveaux enlèvements de personnes gays et lesbiennes en Tchétchénie et de leur placement en détention secrète à Argun. « D’après des sources confidentielles, [les autorités, ndlr] ont détruit les passeports de certaines victimes afin de les empêcher de quitter le pays ». Le Russian LGBT Network, une ONG qui a aidé des dizaines de personnes gays et lesbiennes à fuir la Tchétchénie au cours des deux dernières années, estime qu’environ 40 personnes se trouvent actuellement en détention. Cette nouvelle vague de répression fait suite à celle, très violente, de 2017. « De nombreuses personnes [LGBT+] en Russie restent traumatisées par la purge de 2017, au cours de laquelle des dizaines d’homosexuels en Tchétchénie ont été enlevés et torturés, voire tués », indique Amnesty. « En l’absence d’enquête officielle [sur les événements de 2017], les autorités tchétchènes se sont enhardies et ont lancé une nouvelle vague de persécutions, persuadées que le gouvernement russe les suivra dans leurs dénégations et leurs discours équivoques. Le 21 décembre 2018, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a publié un rapport sur la répression de 2017, dans lequel est mentionné le refus de la Russie de coopérer ou de répondre aux demandes d’investigation. Jusqu’à présent, aucune enquête officielle digne de ce nom n’a été menée et personne n’a eu à rendre de comptes pour les atrocités commises », dénonce Amnesty.