Un index contre l'inégalité salariale

3 Décembre 2018
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Le gouvernement a dévoilé son « index » pour mesurer les inégalités salariales femmes-hommes dans les entreprises. Ces dernières auront trois ans pour les réduire au minimum si elles ne veulent pas payer de pénalités financières. Cet outil de mesure vise à remédier au fait qu'en France les femmes sont payées en moyenne, tous postes confondus, 25 % de moins que les hommes, rappelle l’AFP. A poste et âge égal, l'écart est de 9 % alors que le principe « à travail égal, salaire égal » est gravé dans la loi depuis 45 ans.  Entre les temps partiels subis, le plafond de verre pour les postes à responsabilité, la faible mixité de certains emplois ou encore la mise au placard au retour du congé maternité, la situation des femmes au travail n'est pas toujours rose. « Une situation inadmissible », selon Muriel Pénicaud, ministre du Travail qui, avec Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, a consulté les organisations syndicales et patronales pour établir cet indicateur. La loi « Avenir professionnel », votée cet été, assigne aux employeurs l'objectif de « suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes » ainsi qu'une obligation de transparence car ils devront rendre publics ces écarts. Selon plusieurs sources syndicales, cinq critères ont été retenus : l'écart de rémunération (avec des distinctions par âge et catégorie socioprofessionnelle), l'écart dans les augmentations annuelles, l'écart dans les promotions, les augmentations au retour de congé maternité et enfin la présence de femmes parmi les plus gros salaires de l'entreprise. Cet index, comprenant les cinq critères, sera une échelle de 100 points et en-deçà de 75 points, les entreprises devront agir, sous peine de sanctions financières. Dans un courrier adressé à Muriel Pénicaud, le Medef et la CPME (confédération des PME) demandent à ce que les entreprises de 50 à 250 salariés « bénéficient d'un dispositif allégé plus simple à mettre en œuvre », avec une entrée en vigueur plus tardive, au 1er janvier 2020. Pour faire respecter ces obligations, l'exécutif prévoit le quadruplement des contrôles de l'inspection du travail sur l'égalité salariale.