Le regard de autres est une prison dont il faut se libérer

Publié par maya 9830 lectures
A -
A +

Le regard des autres, je crois, m’a brûlée trop tôt, voire calcinée même : j'étais toxicomane (avant d'être séropositive) et les jugements ne sont ni tendres ni compassionnels avec une ado paumée de 17 ans…

Le mépris, la peur, le jugement, les réprimandes médicales, familiales, autres… Côté famille, c'est le déni plus ou moins ; on n'en parle pas, du sida non : Maya est forte, elle se débrouille avec sa merde, ramassée de plus dans des circonstances non approuvées ! A part maman (une vraie maman ne lâche pas son enfant) c'est valable pour toute ma famille quasiment, frères compris. Quelque part, j’ai le sentiment qu’ils m'en veulent de ma résistance, de ma longévité malgré les menaces de mort et cette vie de "bohème" que je menais. Je suis restée près de 2 ans hospitalisée pour mon dos, j'ai eu une fois leur visite. Maman venait tous les jours. Sans elle je n'aurai pas tenu. A l'hosto, c'était l'horreur en 1986 : pas de connaissances médicales, pas de remèdes, rien qu’une énorme terreur du SIDA. Sur la porte de ma chambre : un panneau rouge-danger, personne du ménage n'osait entrer, seul le personnel médical avec gants et masque, mais je n'ai pas fini dans ce lit d'hôpital, désertée de tous, contrairement à beaucoup de mes amis à qui je pense toujours avec les yeux noyés, car ça devrait pas être permis ce genre de fin...

Certaines familles abandonnaient plus ou moins leurs gosses séropos dans des mouroirs, maisons de fin de vie où il y avait un tas de jeunes hommes, ou il  régnait une odeur pestilentielle, la plupart n’avaient plus le contrôle de leurs organes, se faisait dessus et côté hygiène c’était l’anarchie totale. Les malades n’étaient pas lavés, changés une seule fois par jour, avec des diarrhées violentes. Nous portions Mario et d’autres sous la douche et lui faisions sa toilette. Au début sa fierté en a pris un coup, on a beau être au plus bas, on reste un homme avec toute sa dignité. On en a parlé, nous parlions de tout, même de sa mort qu’il savait être une question de jours, de semaines avec beaucoup de chance. Il a été très courageux et lucide longtemps. Il a testé le DDI puis l'AZT qui l'ont encore plus dévasté. On est obligé d’occulter tout futur, de se canaliser sur le présent, l’immédiat. Cette façon de penser s’installe souvent à vie, empêchant de se projeter. J’aérais sa chambre, j’essayais de lui aérer l’esprit aussi. J’ai accompagné quatre autres de mes amis proches dans un délai très rapproché et j’en ai enterré d’autres si nombreux, moins proches, dans un ressenti qu’à 22 ans on peine à gérer : la tristesse, la colère et l’impuissance  forment un amalgame qui génère  aussi une  carapace pour ne pas sombrer et se préserver des autres.

C’était ça les années 80… Après ça, le regard des autres qu'est-ce que ça pouvait bien me faire ?

J'ai appris grâce à la rage tristesse qui m'habitait quand j'accompagnais mes compagnons d'infortune à la mort, dans un climat de terreur générale, à me foutre totalement de "ce" regard des autres écœurés quand ils me voyaient embrasser les pauvres carcasses qui restaient de mes potes. Moi aussi j’étais écœurée par leur peur panique,  par leur absence de toute empathie, pitié, charité, que sais-je d’humanité, bordel… Non la majorité rejetait cette "punition de Dieu" touchant comme par hasard des populations qui n’ont pas la cote sociétale : les toxicos et les pédés… facile !

Avant de devenir plus sereine quelques années plus tard, ma colère de cette époque-là est toujours indemne 30 ans après, quand je revis les choses ! J'ai toujours parlé ouvertement du VIH, aucun souvenir de non-dit sauf évidemment dans mes emplois et encore ! J'ai été une fois virée à cause de mes paroles, en 30 ans c'est assez rare ! Certains de mes anciens collègues sont devenus des amis chers car cette honnêteté leur a plu souvent au départ comme quoi... Alors oui, évidemment côté sexe ça a joué négativement, car ma prise de conscience était si forte que je me "sentais" contaminante, pratique sexe donc avec présos, à tel point qu’au fil du temps je ne supportais même plus l'odeur de ces trucs !
"J’assume" comme on dit, j'ai mis le temps, vécu 2 TS importantes avant de pouvoir mettre tout ça à plat : résumer la douleur que procure le "je-m'enfoutisme" des siens en est une lourde. Après on peut sans souci gérer le reste, en tout cas ce fut mon chemin de vie.

J'appuie ce que dit Gys sur certains jugements sur le VIH qui en font une maladie sale pour certains porteurs (contamination sexuelle ou shoot) et propre pour d'autres (contamination par  perfusion) et ça c'est "inentendable", ça te fait bouillir de rage, genre : "Ah hum toxico, vous l'avez cherché finalement". Non je n'ai rien cherché, on n'a rien cherché dans ces années 80 à part le plaisir ou sa recherche : on ne savait juste pas que ce virus existait votre Honneur ! Moi j'appelle ça des victimes aussi ! Même si ce statut me fait horreur ! Quand on ne sait pas que ça existe, de quoi se protègerait-on ? ! Là aussi on apprend avec le temps à modérer, à répondre, à se battre. Le regard des autres fait partie de ce qui me pousse à militer ! Il est une prison dont il faut se libérer. J'avais déjà cette rébellion en moi, j'ai trouvé la cause pour l'exprimer.

"La vie m'a appris que la résignation est en règle générale l'attitude la plus stérile que l'on puisse adopter donc je combats !" Françoise Giroud

Pays  : 

Commentaires

Portrait de pascalcoucou

J'ai eu à peu près le même parcours, sauf que j'ai eu de la chance , si l'on peut dire que d'être catalogué comme tox avant que le virus soir découvert, mais en plus ne pas avoir eu de problèmes graves de santé pendant un moment (toxico commencé à 14 ans en 74) test 9 septembre 1984 à 95 mais vu le regard et la haine des autres retomber sur moi qui ne crevait pas alors les autres tombaient souvent dans les mouroirs de banlieue ou j'allais les voir, mes potes en fin de vie, afin de  leur amener quelques réconforts intraveineux !!!!! quelle chance d'avoir eu le début des médocs de course, je ne sais pas mais je suis encore là pour le dire aussi, après, je le dis que ça déplaise à certains je comprends, mais ça permet à ces quelques personnes come moi  qui restent de cette époque de laisser une chose, le désarroi que l'on a éprouvé des années à errer dans la société en fait, pour ça quand je dis que les nouveaux traités sont bien mieux pris en charge médicale, mais moins sociale, j'en ai pas eu du social, j'ai bossé tant que j'ai pu, j'ai été au taf, jusqu'au jour ou je suis tombé dans les vapes, et une semaine d'hosto après on m'a dit ça va aller, pour moi c'était comme dab, mais j'avais déjà des copies en pagaille et t4 en chute libre ce qui n'a pas empêché de sortir, jusqu’à en devenir épuisé.

à partir de ce moment là, j'ai décidé de plus me défoncer ni came ni cachetons, alcool, rien sauf la clope, puis un pote qui me voyait dépérir, en fait m'a amené voir à Créteil et là début des médocs de course, mais qui m'ont tenu en vie modifié des choses et puis je me suis bien adapté, depuis, avec les changements de molécules, et puis l'hépatite C qui m'a bien fait C***R mais au bout de 3 ttt j'ai réussi à l'avoir, maintenant que je récupère un peu de mes capacités, je me mets aussi dans des actions un peu plus pour aider les autres sur le vieillissement, la façon de se traiter, et bien des conseils et surtout une écoute un suivi, (on commence à répertorier ca dans le Corévih et réorganisation de l'etp), pas trop les axes nationaux de Aides je sais, mais bon, c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour le moment de faire avancer les choses,

je fais plus dans l’explicatif. Dans la polémique, je passe ma route, et puis voilà, je côtoie certains, parlemente avec d'autres et puis ça va comme ça je trouve quelques anciens contaminés avec qui ça se passe très bien, et puis le regard des autres maintenant, me passe au dessus de la tête, je laisse bien des causes de coté, en prends qu'une petite partie, de celles qui se déroulent par chez moi, et vais essayer d'en porter d'autres un peu plus loin.

et à échelle locale enfin sur le TA aquitaine, avec les nouveaux besoins qui arrivent à être recensés.

voilà, un petit résumé de mes souvenirs

D'un ex tox, qui à toujours assumé sa ou ses conditions !!!!

                   Pascal ... .. .

Portrait de frabro

Comme Maya et Pascalcoucou (hello les amis !) j'ai eu des hauts et des bas, perdu un compagnon, des amis proches, soutenu comme je pouvais les uns et les autres.

J'ai eu une chance : celle de ne jamais faire de maladie opportuniste, même lorsque mes T4 sont descendus aux alentour de 100.

J'ai eu une autre chance : celle d'avoir eu le temps de me construire avant d'être séropo, ce qui m'a aidé à me reconstruire ensuite même si c'était sur d'autres bases.

Le regard des autres ? Seuls celui de ceux que j'aime est important, et j'ai du expliquer à ceux là ce que je vivais ; ça a été facile avec les uns, plus difficile avec d'autres. J'ai fait le tri...

Je vis avec, je n'en ai pas honte, j'en parle quand c'est nécessaire, que ce soit dans ma vie personnelle ou ma vie professionnelle.

Le regard des autres ? Je m'en contrefiche, en fait.

La seule chose qui me gène vraiment est le jugement à l'emporte pièce des autres séropos, notemment ici sur Seronet. Seul ce regard là m'est insupportable.

Portrait de frederic16

Mon Ami pur(virtuellement).Que dire,il faut avoir le respect de chaque vecu,donc respect de tous.(seropo-seroneg et autres).AMITIE

 

                       LE REGARD DE CHAQUE PERSONNE NE DOIT PLUS ETRE TABOU

                                                                A MEDITER

                                                            penser-etudier et approuver

Portrait de romainparis

Je dois être vulgaire et ce prochain mot résume tellement par quoi nous sommes passés. Putain !!!! quand on sait à quoi nous avons survécu... Sans aucun mérite pour moi, je ne fais pas partie de ces personnes qui ont cherché à survivre à tout prix ou qu'il le prétende - j'avais accepté ma mort - j'ai survécu, je ne sais pas pourquoi et je ne cherche pas la réponse.

D'ailleurs, mon médecin m'a dit une phrase juste : "ton problème est de ne pas être mort quand tu aurais du". Et c'est vrai, sans que cela soit une histoire de culpabilité envers celles/ceux qui sont morts. Je ne me suis jamais dit pourquoi eux et pas moi ? Comme tout le reste, j'ai fini par le digérer, m'adapter et c'est beaucoup moins prégnant aujourd'hui. Il y avait des situations plus faciles à accepter et d'autres qui m'étaient difficiles. J'ai accepté le verdict d'être s+ en quelques heures, avec la conséquence de la mort à venir. Mon esprit était libéré. J'ai mis, et c'est encore parfois difficile, des années à accepter les conséquences autre que la mort.

Heureusement, je suis gay avant d'être s+. J'avais déjà fait mon parcours du rejet.

Quand je suis devenu s+ j'étais détaché des morales sociétales homophobes et tutti quanti... Alors, le regard de la société ne m'a pas atteint et ne m'atteindra jamais. Cela n'a pas empêché la colère, mais elle était légitime face aux injustices et même si elle m'écorchait vif, elle était saine. Certes, elle me coûtât cher jusqu'à aujourd'hui encore, elle m'a aussi permis de me libérer, de ne pas garder au fond de moi des sentiments qui m'auraient étouffé.

Cela a fait partie de l'acquisition de la vraie liberté, pas celle que l'on fait semblant d'avoir, non, la vraie, celle qui me poussera à mourir plutôt que d'y renoncer.

Etre réellement libéré du regard des autres, c'est cela que je nomme liberté. Mon précieux :) C'est aussi un choix sans que celui-ci ne soit obligatoire, nous vivons en collectivité et je pense qu'il faut parfois s'adapter. Sous la forme d'une métaphore je dirais : n'est insulté que celui qui veut l'être. Tout dépend de la situation ou des personnes à qui on a affaire...

Portrait de maya

même si il y a des résonnances quand on a connu cette époque fatalement, je crois qu'on s'est construit en depit de la destruction annoncée, je suis heureuse que mon petit texte vous fasse vous exprimer aussi.

il faut du temps pour oublier mais je n'oublierai jamais cette période de ma vie, c'est comme ça, çaa me ramène aux choses vraies quand je m'égare...

mais je ne vis pas dans le passé, mais avec ce que j'ai tiré de cette expérience,  sans laquelle je ne serais pas la même aujourd'hui.

des bizatous

Portrait de badiane

Maya,

Pour ton humanité, pour avoir aidé les autres dans des conditions très dures, pour ta résistance.

Je t'embrasse

Régine

PS / J aime aussi le dessin

Portrait de detlevera

Contrairement à vous, je me suis construit uniquement en fonction du regard des autres.

De part mon éducation d'abord ("tu as vu de quoi tu as l'air ?", "pourquoi veux tu que l'on s'intéresse à toi ?", "tiens toi bien que l'on ne puisse pas penser que tu es mal élevé", "tais toi, ce que tu dis n'est pas intéressant", "que tu es bête", etc...), souvent violente physiquement aussi.

Après cela, à cause de cela, j'ai eu beaucoup de mal à m'insérer : l'image que j'avais de moi était totalement tronquée, faussée même. J'ai moi aussi trouvé refuge dans la défonce.

Puis plus tard dans le travail.

Puis j'ai compris il y a peu, "enfin !" devrais-je dire, que si j'étais tellement soucieux du regard d'autrui, c'est d'abord parce que j'avais une tellement vilaine image de moi : vilain petit garçon effronté, insolent et qui mangeait trop, écrasé par une mère fatiguée et dépassée, puis ensuite découverte de mon homosexualité ("pd c'est pas normal", "sale pd", "tapette", etc...), puis immersion dans la défonse pour avoir un sentiment d'appartenance à un groupe, puis contamination vih alors que je pensais avoir trouvé l'amour, bref, j'avais "tout faux"... J'étais tellement sale !

Oui j'ai compris il y a peu qu'il fallait que je pose un regard plus clément sur ma petite personne, que j'apprenne à m'accepter avec mes défauts et mes qualités (je dois bien en avoir quelques unes).

C'est par là je crois que se trouve pour moi le chemin de l'acceptation du regard des autres, quel qu'il soit.

La prison, je m'y suis enfermé moi même.

Det. 

PS. Je profite de ce post pour te dire Maya, que je trouve que tu as de telles qualités rédactionnelles que tu devrais te raconter plus souvent. Je te lis toujours avec énormément de plaisir et d'intérêt.

J'ai déjà lu dans quelque tribulle au gré de mes errances sur seronet, que tu avais pensé te raconter peut être dans un livre : j'adorerais le lire.

Portrait de maya

merci pour ta gentillesse à mon égard, en effet j'avais commencé un bouquin relatant mon histoire mais je l'ai perdu ya qqannées dans un crash PC, depuis je n'ai plus eu le courage de tout recommencer, car écrire c pas facile, ça demande de revivre les choses pour les expliciter et ces petits textes sur seronet sont deja bien remuants pour la plupart d'entre nous...dans ces cessions d' ecriture, je pleure, je ris , je revis les choses mais en groupe on s'entraide, on se console, on s'appuie sur les autres...

alors que seule chez moi j'ai plus envie de revivre tout ça, de me perdre dans les souffrances d'antan, alors

 je la joue lâche sur ce coup là...

on a plusieurs thématiques dans cette cession tu vas encore nous lire pendant qq temps ;-)

je te souhaite une super journée ! -)

bizzzz bizz

gros calin à ma badiane !

Portrait de ce0413

Ma maman devait être une fausse.G appris à 6 jours a affronté le regard d'une autre puis des autres.Mon HIV en 95 n'était qu'une nouvelle épreuve.Je suis armé depuis longtemps.

JM beaucoup ton témoignage Maya.J'aurais aimé rencontrer Légion dans les années 80,mon envie de disparaître aurait été peut-être satisfait.G loupé mon rdv en 97.Les vraies amies je peux compter sur eux.Renée aurait été tres peinée d'apprendre ma disparition par mon ami, dois-je dire un faux ami?Je ne suis pas un regard pour les autres.

Je croyais que le HIV serait mon suicide, 7 la vie qui te donne la mort.Il n'en est rien.Légion veut vivre avec ou sans ARV. Me suicider serait pour moi faire un orphelin.Je continue le schéma initial? Je veux y mettre un terme.

Très compliqué Lohic!!! ?

Très simple pourtant.Touts les monde qui m'entourent je les acceptes.

Le piéton avec son walk-man qui traverse je vais pas l'écraser, le perdreaux qui gambade devant mon opel( pub), envoles-toi bonhomme je suis à la bourre, la biche qui me fait ses yeux, dois-je?.

Le regard n'est pas qu'humain.Quand pour satisfaire l'envie de propreté de mes employeurs je passe le rotofil sur une parcelle, je constate que les orchidées sont plus nombreuses l'année  suivante.G plus de regard sur ma débrousailleuse.Je passe outre les directives de mes employeurs en laissant les orchidées vivre.Ils en sont ravis.Je faits le guide  dans nos promenades, ces monde me sont familiers.Je porte souvent des lunettes de soleil pour cacher ma désaprouvation de vos propres  regards.

Mes yeux sont vert et très expressifs.  Tu ne les vois pas car virtuels.Ils savent lire.

Bien à Toi et vous de Nous.

Portrait de Felix77

le mauvais oeil de l'autre, car ça tombe bien, je n'ai aucune envie de les voir non plus, avec leurs préjugés et autres désagréments. Surtout, si c'est pour m'emmerder, parce que les cases qu'ils me proposent, sont trop petites pour moi ! Le Clash est déjà consommé entre eux et moi, depuis belle lurette, et je suis pas là, pour pardonner, ils ont inventés un Dieu pour ça. Et bien, qu'ils méditent sur leurs projections négatives et réfléchissent à quoi faire, le jour où ça leur tombera dessus, car c'est innévitable, on finit toujours par faire face à l'adversité, tôt ou tard... Et là, je souris en disant, tu vois la roue finit toujours par tourner ! Tongue Out

Évidemment, faut pas me demander ma pitié, j'en ai plus.

Portrait de gys

Ton témoignage m'a bouleversé, comme toi je ne vis plus dans le passé mais il m'a fait revivre certaines situations, surtout dans l'hôpital de la Conception à Marseille où 1 aile réservée aux "sidéens" ressemblait à l'enfer, l'impuissance, la solidarité et oui on faisait ce qu'on pouvait....l'AZT cette saloperie que j'ai pris très peu de temps car impossible à supporter surtout que je travaillais...j'élevais mes 2 enfants seule, la peur au ventre de les laisser...mais étant battante je suis là et c'est que du bonus !

Nétant ni toxicomane, ni homo, le regard des autres était terrifiant, jugeant, on me classait dans les "filles de mauvaise vie" alors qu'avec mon ami toxicomane de l'époque nous méttions systhématiquement le préso, pas de chance 1 jour 1 à craqué et j'étais plombée....lui est décédé, moi je VIS !

Ayant travaillé pendant longtemps avec et pour les toxicomanes...il n'y en a pas d'heureux !!!

Je ne juge personne, la vie est 1 lutte permanente, de chaque jour, chaque être humain fait ce qu'il peut, c qu'il veut avec ses armes, sa force, son courage !

A bientôt !

Bon WE à tous !

Portrait de IMIM

Je me suis toujours sentie en "marge" pour x raisons. La révolte bouillait déjà en moi très tôt. J'ai du batailler des l'âge de 11ans. J'étais la mère de ma mère.

J'ai connu la toxicomanie. J'ai évité la prison de peu mais pas la psychiatrie. Un des rares moyen à l'époque proposé pour le sevrage des tox. Une de mes TS, + violentes les unes que les autres me privera définitivement d'une de mes rotule.

La rue. J'adorais la rue. Il m'arrivait de m'y promener la nuit seule pendant des heures sous la pluie. Plus tard, j'y ai dormi, quand plus aucune porte ne s'ouvraient et que je n'avais pas assez de tunes pour l'hotel. Ou que j'avais raté le dernier métro... 


j'y ai  galéré c'est vrai, J'aimais cette vie de bohème mm si je la subissais parfois. Et la nuit m'attirais.

Les années 80. J'ai vécu, bien sur, tout ce qui a été décrit plus haut. 

Mais malgré l'incertitude du lendemain, pour moi le vih ne fut qu'un détail de ma vie pendant près de 30ans.

Ce n'est pas lui qui a causé les plus graves dommages.

Par contre mes pôtes, leurs yeux interrogatifs et leurs corps torturés ne me quitteront jamais.

Le VIH devint un problème plus récemment quand il a commencé à  faire souffrir mon corps.

Mais dans mon âme, il n'a jamais fais "tâche". Je l'ai toujours assumé.

Le regard des autres ? Oui, il m'a foudroyé plus d'une fois

Mais jm'en contrebalance. Le mien relève le defi

Et puis de tt façons, mm quand je suis au plus mal, personne ne voit rien! Toutes personnes confondues !

Me regardent-ils vraiment ???!!!

Portrait de jean-rene

Quand je prends ma dizaine de cachetons sous l'oeil hypnotisé de mes beaux-frères, belles-soeurs, cousins ou cousines qui se doutent de la présence en moi du VIH mais n'osent pas me poser LA question, je m'amuse.

Leur peur du VIH, c'est leur peur du sexe, leur peur de voir ma bisexualité supposée confirmée.

Moi, j'assume, je suis comme un poisson dans un aquarium, braqué par les regards écarquillés des voyeurs collés contre la vitre.

Ils sont tétanisés. Moi, je batifolle.

Portrait de maxim33

Bonjour a tous

Le regard que personne ne mérite ,le mépris,le jugement.Qui sont t'il pour juger?????

Drogué,gay,hétéro,personne ne mérite cette foutu maladie qui nous détruie a tous physiquement et moralement..

Moi j'ai choisi de ne rien dire pour pas faire de mal a ma famille,mon médecin traitant qui me là conseillé et pour ne pas étre juger bassement.

On me dit tu a toujours le sourire......mais si ils savaient ce que je vie tous les jours.

Juste 2/3 très bon amis savent.Et eux me jugent pas.

Personne ne mérite ça.

Merci a SERONET ici on peu parler.

Bisatous.COURAGE.

Portrait de didfie

Bonjour à tous

Je suis seropo depuis 1 an.J'ai 53 ans.

Seulement ma femme et 3 amis gay proches savent.

Tous mes médecins savent.

Pas mes 4 enfants mais j'hésite à leur dire.

J eme revendique homo et je suis fier de l'être malgré le VIH mais surtout grâce à des mecs fabuleux.

Moi aussi on me dit souvent au boulot comment fais tu pour être toujours en forme et souriant , s'ils savaient?

Mais le plus dur je l'ai vécu il y a 9 mois quand mon patron m'a demandé de soutenir 2 collègues ayant des pathologies lourdes.

Vous me croirez si vous voulez mais j'ai fermé la porte de mon bureau et j'ai pleuré.

Et j'ai soutenu mes collègues en me disant et moi qui me soutient mais chut il ne faut  pas que je dise que je suis séropo au boulot.

A part ça tout va bien et j'ai repris une vie sexe gay.

Amicalement.

Didier

Portrait de jean-rene

Chapeau Didier. Moi, je crois que le VIH nous grandit parce qu'il nous oblige à tenir bon sans nous plaindre.

J'ai pris mes médocs pendant 10 ans avant que ma femme se demande si je n'avais pas la même maladie qu'un ami gay et séropo que je lui avais présenté. Quand elle m'a posé la question, je lui ai répondu par l'affirmative et tout a été bien. Elle en a parlé à nos enfants qui lui ont dit qu'ils s'en doutaient.

Jusqu'alors, je n'avais eu, pendant 10 ans, pour en parler, que cet ami séropo, mon médecin traitant et mon infectiologue.

Portrait de ce0413

secrets inavoués.

7 pas moi qui compte.

T'infliger ma peine par mes mots,Je te sourits.

Tu me sourits . j'entends tes maux .

T'expliquer mes mots?

Tes maux sans mot,mes chats sourient.


Je t'avoue mes sourires;

Histoire d'en rire.

Tes secrets avoués,

Deux dans l'intimité.


Masque le sourire?Ta pitié feinte par mes maux dire ,  masque je demeure.Visages souriants , vivant.

Parler de ses sourires sans mot dire , Arthur Tu sais le dire. Ton chat-souris.

Les disant , restes souriant.Mes maux avoués sont pour tes mots inavoués.Je permets toutes orthographe aux maux.Jongleur, comment faire , autre ment.


Mon regard est léger, Tu sourits.JM ton sourire.

Portrait de ce0413

Cane blanche déambulante dans le monde hostile, j'ai du mal à franchir certains obstacles.Mon monde rêvé est lisse,les yeux fermés je m'y promène.

Choc lumineux,bruits métalliques,odeurs inconnues.De projet je passe à réalité.

Premier regard que la douleur  déforme.Il se veut apaisant et me chuchote des mots infiniment tendres.Ne jamais oublier , ce que pendant longtemps j'ai faits.T'en souvients-tu?

Regards techniques : poids,taille,sexe.Il est froid ( Qui? ) . Leurs attentes sont satisfaites, moi dans touts les sens , les sens.

Regards initiatiques, le plus compliqué pour moi a intégrer.Plusieurs mères 7 le bordel.G du synthétiser, analyser, digérer; non Maman j'ai déjà tété avec maman.Mes langes sont propres Maman les a changés.Les grands, le conflit permanent.Chacunes y vont de leurs expériences.G tout pris.L'une pensant que l'autre faisait moins bien ,elles me donnaient le meilleur.Regard rétrospectif.

A 7 ans Mère DDASS désire mettre de l'ordre.Trop d'enfants pas assez de mamans.Je l'ai compris , à 7 ans tu parles t'es un grand.

Nouveaux regards, moins investis, juste besoin de résultats.G pas faillits mais trop d'enfants 7 aussi le bordel.

Jeune adulte indéfini, voulant évoluer dans un cadre , lui bien défini, bordel assuré ( 3X bordel.). Nouveaux regards,hypocrites le plus souvent.Homo je peux pas, S+ je peux pas , je te passe touts les interdits qui ont eu leur minute de gloire.Cadre bien indéfini pourtant, à homo tu rajoutes fortuné ,je passe ; S+ , célèbre, je passe; noir bien membré, cà passe aussi.Ces regards jugeant ne me dérangent plus.S'ils s'érigent en regard absolu, le cadre actuel , méfiance, je suis là.

10 000 regards ont faits ce que je suis.Tu me regardes.Dans touts les sens.Je Te regarde avec touts mes sens.Subtilité du mot.

Affectueusement Lohic et Légion, ma clique aussi.

Portrait de IMIM

Toujours aussi percutant... et tendre.

Merci Lohic Kiss

Portrait de ce0413

Mon décalage a de quoi laisser muet.

Changer le regard de la société peine perdue.Quand tu n'avais pas de maux tu avais le même regard, les mêmes mots:réussite,fortune , individualisme, l'infortuné(e) n'a pas droit au respect.Pourquoi crois-tu que la société nous en veux?

Ses lois heureusement nous protègent.Tes soins sont pris à sang/sang, tes médocs aussi.Tu bénéficies d'un suivi médical de qualité, le travail si ton état de santé le demande peut t'être épargné et rémunéré,les transports et sûrement d'autres avantages que je ne connaits pas.Et qui plus est nous savons nous serrer les coudes dès que la société veut déroger en tentant de nous descriminer.

Sur ce dernier point, permettez -moi d'en douter,vos regards muets en disent long.

Le ho! du panier de la société ,il s'en fout.Il leurre vend des tri, des soins,des protocoles à un prix moins que modeste.

Je vous rassure je bosse et suis S+.Je pourrais avoir ce regard  du sociétaire moyen pour internationaliser le phènomène;

7 qui Eux?Le "con" de base toujours mal informé, l'information 7 pas son truc; ces P-D, toxicos ,trans et toutes ces bizareries que leur société ne veut pas considérer, S+ en plus.Le "con " qui paye; son ressenti.

G et Tu as du avoir ce genre de discours lors d'un repas amical voir familial.

Changer ce regard? J'en suis incapable; la société ne le veut pas.

Mes derniers posts sont réconciliants vis à vis des regards posés sur moi mais que je n'ai pas su apprécier.Le regard des autres , disparus ,  m'a forgé.Mon infinie tendresse est pour eux et ceux qui comme moi reconnaissent leurs erreurs d'appréciation.

Marie-Louise, j'ose l'a nommer, ma S+ ne te pose pas de pb , Toi " l'handicapée" selon EUX.

Mont coeur parle.Pour libérer mes mots certains maux sont neccéssaires, ces maux défendus.Je suis perdu sans eux.

Merci à Toi IMIM et touts et toutes ceux et celles qui savent lire entre mes lignes.Affectueusement Nous.