Quand régularisation rime avec soins

Publié par Cindy le 22.07.2015
1 754 lectures

On m’a annoncé au Cameroun en 2002, pendant ma grossesse, ma double pathologie VIH et VHC...

Sept mois après, j’ai perdu mon enfant qui venait de naitre. La même année, j’ai perdu mon ainé de 10 ans dans une mort accidentelle. J’avais déjà perdu un enfant un an avant… J’étais alors très affaiblie par tout ça. Je suis allée en Belgique en 2013 dans le cadre d’une mission professionnelle et c’est à ce moment là que tout mon passé a ressurgi ; j’étais en état de choc. A l’aéroport avant mon retour au Cameroun, j’ai fait un malaise. J’ai appelé une amie, qui habitait Limoges. Elle m’a proposé de la rejoindre et m’a payé mon billet.

En arrivant à Limoges je ne me sentais pas bien. Mon amie m’a accompagnée à l’hôpital. Le médecin qui m’a reçue m’a expliqué que je n’étais pas en état de rentrer au Cameroun. A cause de mon hépatite mon état de santé s’aggravait et je devais me faire soigner. Ce n’était pas facile comme décision à prendre. Le médecin m’a rassurée et les examens ont commencé.

J’ai fait une demande d’AME (aide médicale d’Etat) que j’ai obtenue. Sans logement sur Limoges, je suis allée chez une amie qui pouvait m‘héberger à Clermont-Ferrand. La cohabitation devenant difficile, j’ai été logée en ACT (appartement de coordination thérapeutique) où je bénéficie toujours d’un bon accompagnement. J’ai décidé de me faire traiter pour mon hépatite car je souhaite avoir un autre enfant. J’ai commencé un traitement par Interferon et ribavirine qui devait durer un an et demi mais à ma grande surprise, le professeur qui me suivait a fait une demande pour un accès au Sovaldi qui a été acceptée. J’ai été guérie en cinq mois.

Pendant le temps de mon traitement, mon dossier de régularisation avançait, du coup au même moment, je me suis retrouvée soignée et régularisée !

Quand j’écoute le récit de mes sœurs africaines sur les difficultés administratives qu’elles ont rencontrées, j’ai peur de mon avenir. La France m’a montré et prouvé beaucoup d’affection, à laquelle j’ai donné un fort retentissement au pays. J’ai été sur un nuage ! Maintenant, quand j’entends d’autres témoignages, je me pose beaucoup de questions. Je souhaite vivement que la France reste à mes yeux comme je la vois aujourd’hui. Pour moi, c’est un exemple : le fait qu’un pays soigne une étrangère qu’il ne connait pas !

Je ne veux pas que quelque chose vienne ternir mon nuage. Je perçois cela comme une deuxième chance. Je peux maintenant travailler et la France est pour moi ma seconde patrie.