Si ce n’est pas maintenant, c’est quand ? (2)

Publié par Rédacteur-seronet le 09.03.2018
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C’est en 1977 que les Nations Unies ont officialisé la Journée internationale des droits des femmes, comme un héritage des luttes des ouvrières et des suffragettes du début du 20e siècle. Les revendications concernaient les conditions de travail, les salaires, le droit de vote tout spécialement. Celles d’aujourd’hui portent sur les mêmes sujets… Bien sûr, il y a eu des avancées, mais beaucoup reste à faire, à gagner, à accomplir. Le 8 mars, des manifestations sont organisées dans le monde entier. Elles sont l’occasion de dresser un bilan de la situation des femmes, tous domaines confondus ; l’occasion aussi de défendre l’égalité entre les femmes et les hommes qui n’est pas toujours acquise ; l’occasion de montrer la singularité des femmes dans tous les domaines où elles s’investissent, travaillent, militent. Cette année, des femmes de AIDES prennent la parole pour raconter leur engagement dans la lutte contre le VIH et les hépatites virales, expliquer les actions qu’elles y mènent et faire des propositions pour renforcer la place des femmes.

Patricia Girardi, militante, Périgueux

Hier, aujourd’hui et demain……
C’était hier, j’ai poussé la porte de AIDES en 1997, je cherchais un refuge où trouver d’autres femmes comme moi. C’était trop tôt, je n’ai pas trouvé ma place. En 2009, le sida avait changé de visage et moi, j’étais enfin prête à me consacrer à ma cause : devenir une militante pour porter, haut et fort, les revendications pour l’avenir de toutes et tous. En Dordogne, j’ai été accueillie par deux femmes et c’est ce qui a fait la différence. J’ai compris, par elles, le sens du mot communautaire ; à  moi de découvrir quelle était la place des femmes dans AIDES. J’ai mis tout mon enthousiasme de militante à gravir les étapes. Je me suis sentie libre de proposer, de porter des projets, de faire ensemble avec plaisir et cette solidarité qui donnait tout son sens à l’action. Animer un atelier santé, participer aux permanences hospitalières, alimenter un observatoire local sur les effets indésirables des traitements et plus tard participer à l’enquête EVE. J’ai vécu l’expérience formidable d’animer des Universités de personnes séropositives et des week-ends santé. Je me suis investie dans le plaidoyer sur droits et santé, avec "le protocole de soins" et dans la Conférence de consensus sur le vieillissement. J’ai aussi eu la chance de participer à toutes les rencontres spécifiquement Femmes, comme "Femmes séropositives en action" (FSA) ou "Femmes en action" (FEA). Aujourd’hui, je suis moins sur le terrain si ce n’est pour des actions de santé sexuelle et prévention vis-à-vis de femmes en grande précarité ou des actions de visibilité tous publics et je suis bien occupée par ma fonction d’élue du conseil de région.

Dans AIDES, je rêve d’un engagement politique fort au niveau local et national pour un plaidoyer plus efficace et plus d’actions. Je crois que nous sommes sur la bonne voie ; même si tous les militants devraient se sentir concernés par les enjeux relatifs aux femmes. Je crois aussi que tous les espaces politiques doivent être investis : les conseils de régions, les plénières, les assises régionales… pour mettre en avant ce qui est fait par nous, pour nous et avec nous. Mettre en lumières ce qui est fait peut contribuer à encourager et à mobiliser. Il faut aussi donner les moyens humains et financiers pour accompagner la mise en place des actions destinées aux femmes, et montrer que OUI c’est important ! 
Les "lieux d’expression" comme FSA et FEA sont essentiels pour les militantes du réseau, nous avons vu combien il est important d’échanger, de savoir qui nous sommes et ce que nous faisons. Il est important de construire nos outils de visibilité et de plaidoyer et de passer à l’action ensemble. Il faut aussi faire vivre la liste Femmes, informer de ce qui ce fait "ailleurs". Pourquoi ne pas organiser dans nos régions des tables rondes, des conférences avec nos partenaires locaux associatifs ou soignants en exploitant nos réseaux ? Pourquoi ne pas imaginer des rencontres inter- régions ayant un objectif commun ? Redonner vie à  un groupe régional Femmes ? Refaire des Etats généraux en 2020 ?
Cette  lutte est depuis des années un projet collectif au niveau international et depuis des années l’histoire du sida est aussi une histoire de femmes.
Je souhaite être présente encore longtemps à AIDES en tant que femme et militante.

Bijou Cibalama, militante, Lyon

Pourquoi militer chez AIDES ? Je suis concernée par le VIH car je fais partie de la communauté la plus touchée par le VIH. Je voulais aussi apporter ma contribution dans ma communauté pour essayer d'enlever le tabou qui existe encore aujourd'hui sur le VIH. Mes actions, je les conduis auprès de tous les groupes les plus exposés. Aux côtés des personnes migrantes, c’est surtout l’accompagnement aux droits et la prévention qui me mobilisent. Dans mon lieu de mobilisation, nous avons mis en place des soirées pour les femmes pour sensibiliser sur tous nos problèmes (santé, droits, violences, etc.).

Il nous faut davantage mobiliser les femmes, faire plus d’actions avec et auprès d’elles.

Marie-José Lafortune, volontaire, Ducos (Martinique)

J’ai toujours été investie dans le milieu associatif d’abord auprès des personnes primo-arrivantes comme animatrice, puis dans une association pour les femmes victimes de violences au sein des couples comme coordinatrice. En 2011, je découvre AIDES grâce à une amie qui me propose d’assister à une réunion. Je m’étais intéressée au VIH quelques années plus tôt lorsque je travaillais dans un laboratoire d’analyses médicales et que je rencontrais des personnes malades… Cela a fait écho et je me suis retrouvée au contact d’une association qui apportait des réponses aux questions que je me posais de manière inconsciente. J'ai été, entre autres, accompagnée dans mon parcours de militante par Patrick G., avec qui j'ai pu beaucoup échanger sur ma place dans AIDES et le sens à y donner. J’ai commencé par des actions de terrain et reste en contact avec celui-ci, même si j’ai, très vite, été propulsée dans des fonctions d’élue comme présidente de Territoire d’action, puis comme présidente de la région Caraïbes de AIDES et comme administratrice. Ce rôle politique me plait et j’y suis à l’aise. J’y trouve la rigueur, et un niveau de réflexion qui me conviennent parfaitement. J’y discute et prends part au choix des axes stratégiques et défends des principes qui me tiennent à cœur comme le "AIDES qui monte et qui descend". Je suis engagée dans une région très vaste géographiquement, confrontée à une épidémie concentrée, dynamique et cachée. Je suis consciente de cette situation et des enjeux de la lutte ; sans doute aussi parce que j’ai une fille de 20 ans et que cette génération de jeunes est aussi particulièrement confrontée à cette épidémie dans notre région alors qu’elle est la génération future. Je m’investis de plus en plus sur les problématiques concernant les femmes, les personnes migrantes.

Quant à la place des femmes dans AIDES, j’ai une expérience dans notre région Caraïbes différente d’autres. On parle, chez nous, de femmes "Doubout" : des femmes debout, des femmes qui prennent leur place, des femmes volontaires, qui ont leur mot à dire … Nous sommes force de proposition et notre participation aux actions est sans barrière. Certes, à mon avis, il y a encore trop peu de femmes mobilisées sur nos territoires, mais aucune porte ne leur est fermée et d’ailleurs nombre d’entre elles exercent des postes à responsabilité, notamment dans des fonctions d’élues. Notre difficulté est plutôt de réussir à mobiliser de nouvelles femmes, de réussir à ce qu’elles passent le cap entre être une usagère de l’association et devenir une future militante. Dans mon entourage, on m’a interrogée sur mon engagement à AIDES, on a compris mes motivations ; les interrogations portent plutôt sur le fait de réussir à jongler entre mon engagement militant, ma vie personnelle, mon activité professionnelle : je suis cheffe d’entreprise dans le BTP. Les retours que j’en ai, c’est que je ne m’organise pas trop mal et que je réussis plutôt bien.
En tout cas, j'y prends beaucoup de plaisir, ça c'est sûr !

Graciela Cattanéo, militante, Rouen

Je suis devenue volontaire en 1993 à la création du Comité AIDES Haute Normandie. Touchée et révoltée par les souffrances et les discriminations subies par des amis proches.  AIDES, grâce à une rencontre avec les écrits de Daniel Defert, m’est apparu comme le lieu où je pouvais donner du sens à ma colère, agir pour aller bien au-delà d’un accompagnement compassionnel, agir pour transformer la société là où elle était source des discriminations.
Mon engagement dans les actions avec les femmes s’est fait progressivement au fil des rencontres, des constats sur le terrain, de la prise de conscience qu’au nom d’un traitement "universel" des problèmes auxquelles étaient confrontées les personnes vivant avec le VIH les spécificités biologiques, sociales et économiques qui rendent  les femmes vulnérables au VIH étaient ignorées. Suite à un projet sur l’acceptabilité du femidon par des femmes migrantes vivant dans un foyer du Havre, on m’a proposé d’intégrer un groupe national qui travaillait sur les actions avec les personnes migrantes et tout particulièrement les femmes originaires d’Afrique sub-saharienne. J’ai fait partie ensuite du comité de pilotage "Les actions de AIDES avec les Femmes", participé à la rédaction et présenté au CA le rapport qui permettra le développement de plusieurs projets. Je deviens référente nationale (à l’époque il y avait des référents nationaux qui n’étaient pas administrateurs) sur cette thématique. En 2003 je suis élue, au tour national, administratrice de AIDES.

Dans ma profession de foi, je mets en avant mon désir de porter au CA la cause des femmes. Jusqu’en 2017, j’ai toujours été élue au tour national et même si je me suis investie dans d’autres thématiques la cause des femmes a toujours été un des axes principaux de mon engagement. Et cela l’est resté le temps de ma vice-présidence à AIDES de 2007 à 2013.
Je suis devenue présidente de région en 2017. Que faut-il faire pour améliorer la place des femmes dans AIDES ? Nous rendre de plus en plus visibles, affirmant nos besoins, nos revendications, notre capacité à faire face et à résoudre toutes sortes des difficultés, mettant en avant notre endurance et notre obstination ; mais également en demandant à nos compagnons de lutte de nous soutenir comme nous l’avons fait depuis longtemps.
Il n’y aura pas de fin d’épidémie sans les femmes.

Céline Offerlé, militante, Marseille

En 1996, un ami âgé de 30 ans mourait du sida. A ses obsèques, peu de monde et une chape de plomb autour des circonstances de sa mort. Du haut de mes 16 ans, cette question : quelle était donc cette maladie de la honte qu’on osait à peine évoquer ? Près de dix ans plus tard, j’ai poussé la porte de AIDES et son projet m’a enthousiasmée : là où dans d’autres associations il s’agissait de donner de mon temps pour distribuer des vivres — démarche noble au demeurant —, ici, on m’offrait de contribuer à changer la société ! Me voilà donc en 2005 volontaire à la délégation de Nice.

Ce qui me mobilise aujourd’hui, c’est le défi du déploiement et de l’accompagnement de parcours en santé sexuelle pour toutes les personnes les plus concernées par les virus du sida et des hépatites, et cela inclut de nombreuses femmes. Pour les prendre en compte, il nous faudra cesser de les voir comme une entité homogène et mystérieuse, il faudra entendre et rendre visibles leurs pratiques sexuelles et de consommation, il faudra créer ces passerelles et ces processus d’identification entre les militant-e-s qui composent AIDES. Il faudra avoir le courage de nous interroger nous-mêmes avant d’imaginer changer la société.

Amandine Lesmes, militante, Bayonne

Depuis mon enfance, j’entends parler de VIH, de sida… Les années passent et je comprends mieux ce que tout cela veut dire et met en cause… J’ai envie de m’investir, mais dans une cause dans laquelle je me reconnaisse. Puis un soir, je rencontre un militant de AIDES et j’ai envie d’en savoir plus sur l’association. On m’invite à participer à un socle (1) qui me donne envie de me mobiliser. Aujourd’hui, c’est un enrichissement à chaque action, rencontre, réunion ou formation. Mes combats concernent surtout les HSH, les actions sur les lieux de rencontres extérieurs, les saunas, les permanences de santé sexuelle, bars gays, mais je rencontre souvent des femmes sur ces actions. J’essaie toujours d’aller vers elles, de leur parler de sexualité, santé, estime de soi et de réduction des risques. Mon propre combat est de toujours remettre les femmes dans certains sujets d’actualité, de mobilisation ou du champ médical… où elles sont trop souvent oubliées.

Il faut toujours que nous nous battions plus pour obtenir un peu de considération, d’attention…  Il y a tellement de petits points sur lesquels travailler pour qu’enfin la femme dans AIDES soit réellement à sa place… Mais si nous sommes solidaires les unes des autres, que nous parlons haut et fort, que nous obtenons la parité dans certaines instances, que nous prouvons que sans nous l’association n’aurait pas gagné certaines batailles, alors nous arriverons à nous faire entendre et à changer des opinions. Nous serons à égalité avec les hommes… Car au final, c’est seulement cela que nous voulons !

(1) : Il s’agit d’un court module de formation qui permet de découvrir AIDES, ses principes d’action, ses objectifs. C’est la première étape d’engagement vers le volontariat.

Jennifer Lankar, militante, Montreuil

Je suis à AIDES parce que ça fait sens pour moi : faire reculer les épidémies en travaillant à rendre accessible les informations concernant la santé et les droits des publics les plus vulnérables au VIH et/ou aux hépatites virales, la démarche de dépistage et les outils de préventions. Les valeurs de l’association sont en adéquation avec ma manière de voir le monde et l’impact que je souhaite avoir dessus. Dans la culture féministe on a l’habitude de répéter "le privé est politique", il me semble que c’est de cela dont il s’agit dans la lutte contre le VIH et les hépatites : ce qui se passe dans mon lit, mes interactions avec les médecins, les institutions, etc., tout ceci est politique et quelque soit ma manière de prendre du plaisir ou la pathologie qui me concerne, j’ai le droit d’être traitée et considérée dans le respect. Le VIH et les hépatites sont des pathologies stigmatisées parce qu’elles sont reliées au sexe ou à l’usage de drogues dans l’imaginaire collectif et que ce sont des sujets encore extrêmement tabous voire pénalisés. Il s’agit d’un immense frein pour la plupart des gens d'en parler : quelle est la place pour la question du plaisir quand on parle de sexe ou de produits ?

Je suis à AIDES aussi parce que j’aimerais participer à rendre visible/audible la voix et le parcours, parfois chaotiques, des publics que l’on rencontre. Depuis plusieurs années avec l’équipe de AIDES Montreuil, nous menons des maraudes au bois de Vincennes auprès d’un public de femmes migrantes travailleuses du sexe. Mon objectif c’est de mettre en œuvre des actions de prévention, d’accompagnement et d’échanges avec ces femmes non francophones et en situation de précarité administrative et sociale, afin qu’elles aient les moyens de se protéger et de faire valoir leurs droits. Aussi, lorsqu’on regarde de plus près la question du travail du sexe par exemple, on se rend compte que les premières personnes concernées ne sont jamais les personnes à qui on donne la parole ou qui bénéficient d’un espace pour rendre visible leurs conditions d’existence, d’accès aux droits, à la santé, au logement, à la sécurité etc. Dans les actions que l’on mène notre objectif est de renverser ce système de valeur et de travailler avec ces femmes pour mettre leurs besoins au centre de l’action.
Pour améliorer la place des femmes dans AIDES il faut laisser de la place aux actions qui les concernent spécifiquement. Il s’agit aussi prendre en compte les vulnérabilités spécifiques des publics femmes, qu’elles soient trans, migrantes, consommatrice de produit, travailleuses du sexe etc. Prendre en compte les violences spécifiques qui s’exercent à leur encontre, et également prendre en compte les rapports sociaux qui les empêchent d’avoir une relation sereine à leur sexualité et à leur corps. On a besoin de solidarité et d’appuie aussi, entre nous, et de la part de tous les militants de l’association.

Agnès Daniel, militante, Clermont-Ferrand

J'ai poussé la porte de AIDES à Clermont-Ferrand car un ami très proche m'a annoncé sa séropositivé et j'ai observé toutes les discriminations dont il a été victime (sérophobie, homophobie, biphobie, etc.). J'ai toujours été combative et combattante et AIDES a répondu à toutes mes attentes. Je suis engagée principalement auprès de détenu-e-s et des personnes immigrantes. En tant que présidente de la région Auvergne-Rhône-Alpes de AIDES, je suis sans doute plus vigilante quant à la participation des femmes dans les instances, même si nous sommes encore minoritaires au sein du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes ; sur cinq femmes faisant partie du Conseil régional de AIDES trois sont issues d'Auvergne — historiquement dans AIDES, le comité auvergnat a toujours été féminin.

J'essaie de valoriser le travail des militantes ; je pense que je suis plus attentive aux demandes et aux problématiques rencontrées par les femmes (santé, droits, violences, sexisme ordinaire, etc. Pour améliorer la place des femmes dans AIDES, il faut que nous soyons plus visibles ! Que nous nous sentions encore plus légitimes qu'actuellement. Que nous soyons plus présentes sur des postes en responsabilité. Nous ne prenons pas suffisamment la parole en notre nom. Il faut que nous prenions notre place dans AIDES et ne pas attendre qu'on nous la donne !

Ketty Kancel, militante, Basse-Terre (Guadeloupe)

Avant d'être salariée à AIDES, j'ai été militante. Je travaillais déjà auprès des travailleuses du sexe. J'ai donc voulu continuer ce combat que je mène voilà neuf ans. Je n'ai pas voulu "les abandonner". J'ai toujours lutté contre les violences qu'elles subissent dans leur travail et même avec leur époux ou compagnons. J'en accompagné des femmes travailleuses du sexe pour soins et pour les aider à revendiquer leurs droits à la santé, au soutien social en tant que personnes immigrées. D'autant plus que j'avais fait la connaissance de l'une d'elle, qui était battue, qui avait contracté le VIH par son époux. C'est alors que AIDES est entrée dans mon quotidien. Je participe à des maraudes, au cours desquelles nous faisons de la RDR, proposons des Trod. Mais, à travers nos ateliers, nous n’omettons jamais l'estime de Soi. Nous allons chaque mois dans leur quartier, discuter, écouter, manger et boire avec elles dans leur bar. Le médecin du CeGGID vient parfois avec nous pour les conseiller en soins médicaux. Nous les accompagnons aussi  au CeGGID pour soins et dépistage. Pour la Fête des Mères, nous avons fait une sortie plage, un moment de convivialité et de détente loin des trottoirs et des charges familiales avec un repas réalisé par elles, des jeux de sensibilisation à la RDR, des échanges de cadeaux, etc. Les femmes ont besoin d'être écoutées, de pouvoir s'exprimer. Il nous faut un lieu pour nous les Femmes, pour des informations, pour pouvoir nous exprimer, montrer nos talents et ne plus être vues que comme des travailleuses du sexe, mais aussi comme des mères, des épouses. Un lieu pour mener des actions de sensibilisation sur le VIH et toutes les IST pour lesquelles nous sommes vulnérables. Ce combat difficile, nous le mènerons avec toutes les militantes et les femmes migrantes hispanophones travailleuses du sexe.

Leïla Richard, militante, Noisiel

Mon engagement est venu DE mon expérience personnelle. En effet, j'ai toujours été investie dans la lutte contre les discriminations et d'autant plus celles faites aux femmes.

En rencontrant l'association et la découvrant, j'ai vite compris que je pourrais participer plus activement à cette lutte en alliant mes forces à celles de cette grande structure qu'est AIDES. En y devenant militante, j'ai pu m'investir dans une lutte qui ne devrait plus en être une aujourd'hui : "L'égalité des sexes, je dirais même des genres".
Je souhaite que toutes les femmes puissent parler librement de leur sexualité, s'habiller comme elles le souhaitent, faire le(s) métier(s) qui leur convient sans subir de discriminations verbale ou physique. Je voudrais que la femme de demain n'ait plus de craintes à être ce qu'elle souhaite, peu importe son origine ethnique, sa religion, son orientation sexuelle... Je voudrais ne plus entendre qu'un couple de lesbiennes s'est fait agressé dans les transports en commun, ou qu'un homme à frapper sa femme parce qu'elle n'a pas été ce que son mari souhaitait... Alors, j'accompagne au mieux, ces travailleuses du sexe qui font ce travail par obligation mais aussi celles qui le font par choix. J'accompagne ces femmes qui sont dans des situations de précarité et qui se battent pour se soigner ; pour un toit au dessus de leur tête, pour que leur statut sérologique ou leur orientation sexuelle ne soit pas une raison d'exclusion familiale. Je pense qu'il serait intéressant de créer des documents spécialement à l'attention des femmes, où l'on traiterait de la sexualité de la femme (bi, lesbienne, hétéro, pansexuelle) vu par des femmes. Et bien sûr n'oublions pas de les mobiliser !

Lire la partie 1

 

AIDES : les militantes en chiffres au 31 décembre 2017
Un tiers des volontaires de l’association sont des femmes : 571 femmes et 1027 hommes. C’est la quasi-parité chez les salarié-e-s de AIDES. Selon les chiffres, on compte 229 femmes et 252 hommes. Dans le réseau, un peu partout en France métropolitaine et dans les départements français d’Amérique, on compte 175 femmes et 192 hommes. Au siège de l’association : 54 femmes et 60 hommes. Au total, il y a donc 800 femmes militantes dans AIDES et 1 279 hommes militants. Du côté des instances politiques de l’association : on compte 34 femmes parmi les 110 élu-e-s (mandats national et/ou régional). Au Conseil d’administration, on compte seulement 8 administratrices sur 22 élus.

Femmes en action, un événement
La rencontre Femmes en action s’inscrit dans la lignée des rencontres nationales "Femmes séropositives en action" organisées en septembre 2011, mais en l’étendant à l’ensemble des femmes concernées et mobilisées dans AIDES. Cet événement part de l’idée que la mobilisation des femmes est un maillon essentiel dans la stratégie de fin des épidémies, parce qu’elles représentent 30 % des nouvelles contaminations au VIH chaque année, mais aussi parce qu’elles ont, en tant que femmes, des capacités particulières à mobiliser les communautés autour d’elles. Cet événement a été pensé et créé à l’initiative du Groupe national Femmes de AIDES. Cette rencontre pour mobiliser les forces militantes d’aujourd’hui et de demain s’est déroulée du 9 au 12 novembre 2017.

Commentaires

Portrait de IMIM

et bien évidemment je me place aux cotés de celles qui défendent nos droits....

Mais à AIDES je n'ai pas besoin d'être mise ds une case......

Ce sont les médecins et les scientifiques qui doivent prendre en compte ces spécificités.....qui ne devraient être utiles que pour les statistiques

Faire des ateliers pour chacun de ces groupes, est concevable

Bien qu'il ne me semble pas qu'il y est des "ateliers paroles ou autres pour les anciens tox !!?

Après les HSH, les trans, les migrants...les femmes

Dans une "lutte", "un combat" pour la défense d'une cause , compartimenter les protagonistes ne me semble pas être le bon moyen pour rassembler........
Sommes-nous TOUS S+ ou pas ??????????? Sommes-nous tous SOLIDAIRES ou pas??????

Mais si vous avez des arguments à m'opposer, je suis toute ouie.......

Portrait de Superpoussin

Puisque nous sommes sur un site dédié aux personnes concernées par le VIH, et même si cela n'est pas vraiment dans l'esprit de cet article, je voudrais en profiter pour parler d'une inégalité Hommes-Femmes dont on parle peu et qui parfois impacte négativement les hommes séropositifs affaiblis: beaucoup d'entreprises réservent l'accès au temps partiel aux femmes et se refusent de l'envisager pour les hommes, fussent-ils physiquement incapables d'assumer un plein temps.