Problèmes de réseau !

Publié par Jean-François Laforgerie le 26.01.2016
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De temps à autre, le pape François se lance dans des combats à un niveau macro qui peuvent troubler tant leurs champs semblent vastes voire infinis. Certains vont sans doute considérer que c’est le job du chef de l’Eglise catholique que d’essayer de tirer le monde vers le haut en pointant, çà et là, l’œil et la pensée sur des attitudes, problèmes, habitudes qui, comment dire... nuisent à la bonne marche du monde.

Le 22 janvier dernier, François recevait Tim Cook, le directeur général d'Apple. Il ne s’agissait nullement de parler du renouvellement de l’équipement informatique du Vatican, mais d’un sujet autrement plus sérieux : l’agressivité du langage sur les réseaux sociaux et dans le monde politique et un peu dans la religion… mais surtout sur les réseaux sociaux. Voilà, nous le tenons, le gros sujet qui fait souci au pape… la violence des échanges sur Internet et les réseaux sociaux.

A vrai dire, on ne sait pas grand-chose du contenu du rendez-vous entre le patron du géant informatique américain et celui de l’Eglise de Rome, même "L’Osservatore romano", la voix officielle du Vatican, s’est montré discret sur le sujet. Il faut juste comprendre que la communication via Internet et les réseaux sociaux fait partie des nouvelles préoccupations du Saint-Siège. Pourquoi pas ? C’est peut-être un combat plus facile à gagner que celui de la fin de la misère dans le monde. Profitant de la méconnue Journée mondiale des communications sociales — c’était la 50e du genre —, le souverain pontife n’a, semble-t-il, pas évité tous les souverains poncifs, prêchant pour un "bon usage de la communication" qui "aide à sortir des cercles vicieux des condamnations et des vengeances". "Ce n'est pas la technologie qui décide si la communication est authentique ou non, mais le cœur de l'homme", a insisté François, avant de revenir aux grands standards de l’Eglise… Et l’AFP de citer le saint-homme : "Nous pouvons et devons juger les situations de péché, mais nous ne pouvons juger les personnes". C’est ce propos qu’il a, du reste, souligné à l'adresse des prêtres et hommes d’Eglise, dans son message intitulé "communication et miséricorde : une rencontre féconde".

Sans vouloir médire, cette rencontre "féconde" que François appelle de ses vœux connait, parmi les hommes de foi, des bonheurs très variables. Un exemple ? Mais sans problèmes ! Enfin, sans problèmes, pas vraiment car elle en pose un très sérieux la récente déclaration des évêques catholiques camerounais. Ces évêques, ceux qui constituent une partie des troupes miséricordieuses du pape François, ont appelé le 14 janvier à la "tolérance zéro"… contre l’homosexualité. Plus précisément, rapporte Giuseppe Di Bella sur le site Voxigay, les évêques ont demandé aux "fidèles catholiques et à tous les hommes épris de bonne moralité de barrer la voie à l’homosexualité". C’était un des messages principaux de la 39e conférence épiscopale nationale camerounaise, largement repris dans la presse, sur Internet et les réseaux sociaux.

Il est certain que lorsque des évêques se réunissent l’homosexualité doit nécessairement s’imposer comme la priorité du moment et LE sujet de discussion. C’est un peu comme dans les repas de fin de battue lorsque les chasseurs parlent des écolos !

Bingo ! L’homosexualité était le thème principal de la première journée de travail des évêques camerounais, mi janvier. Un choix carrément logique dans un pays où les conditions de vie de la population sont de plus en plus difficiles, où la pauvreté chronique touche environ 26 % de la population et où les menaces terroristes sont désormais fortes, si on en croit les avertissements aux voyageurs de certaines ambassades occidentales. C’est sans doute plus facile pour monseigneur Samuel Kleda, le chef des évêques locaux, de tirer à boulets rouges contre les pédés ("Il n’est pas possible d’accepter une telle pratique qui menace la structure de la famille et les bases de l’Eglise") que de dénoncer la corruption, la violence ou les conséquences de la misère. C’est plus facile, même si ce n’est pas très chrétien.

Evidemment, le clergé camerounais n’est, hélas, pas le seul à faire des sorties homophobes. Dans certains pays africains, c’est même à se demander si l’homophobie n’est pas une sous-discipline de la théologie.

Le rendez-vous avec Tim Cook a bien mis en garde contre l’agressivité du langage sur Internet, à travers les réseaux sociaux et parmi le monde politique. C’est très bien de penser aux autres… mais François ne devrait pas oublier les siens, ses petits soldats de la foi. Manifestement, il y a un sérieux problème de réseau !

Commentaires

Portrait de hellow

les voies du seigneur sont impénétrables, mais pas celles de ses enfants de coeur 

Portrait de ballif

pour les homosexuels c'est ''sodome et gomorts""   pour les prostituées c'est Marie Madeleine

ces texes sont lu une foi par an  sans autre cmmentaire