Des préservatifs remboursés sur prescription médicale

4 Décembre 2018
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« À compter du 10 décembre 2018 », les Français-es pourront se faire délivrer des "boîtes de six, douze ou 24 préservatifs (...) en officine de pharmacie sur présentation d'une prescription d'un médecin ou d'une sage-femme », indique le ministère de la Santé dans un communiqué. Cette prise en charge à 60 % (le reste étant couvert par les mutuelles) ne concerne qu’une seule marque : Eden, du laboratoire Majorelle. Le 27 novembre, interviewée sur France Inter, la ministre de la Santé Agnès Buzyn, annonce que Majorelle, a entrepris, il y a plusieurs mois, des démarches auprès de la Haute autorité de santé (HAS) en vue du remboursement par la Sécurité sociale d’une marque de préservatifs qu’il fabrique. Elle explique que le laboratoire a obtenu un avis favorable de la part de la HAS. C’est la première fois qu’un préservatif masculin sera remboursé par l’Assurance maladie. « Cette prise en charge par l’Assurance maladie concerne les femmes comme les hommes. La délivrance, sous forme de boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs, s’effectue en officine de pharmacie sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme. Mesure de prévention et priorité du gouvernement, elle permet de renforcer la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles. Les infections sexuellement transmissibles (IST) représentent un problème majeur de santé publique en France, notamment les principales IST : infection à VIH/Sida, hépatites virales B et C, syphilis, gonococcie, infections à chlamydia », indique le communiqué ministériel (27 novembre). Celui-ci rappelle que la « feuille de route 2018-2020 de la stratégie nationale de santé sexuelle « prévoit d’améliorer le parcours de santé en matière d’infections sexuellement transmissibles avec comme premier objectif de renforcer et diversifier la prévention des IST et du VIH, particulièrement dans un contexte de recrudescence de certaines infections. La lutte contre les IST se décline en effet autour d’une offre diversifiée de moyens de prévention, dans une approche globale de santé sexuelle. A quelques jours de la journée mondiale de lutte contre le sida, il est important de rappeler notre palette de prévention : le dépistage, le traitement du VIH comme prévention (une charge virale indétectable signifie l’absence de risque de transmission), la prophylaxie pré exposition (Prep) par toutes les personnes concernées, le traitement post-exposition (TPE), et le préservatif qui reste l’outil de base de la prévention ». « La prise en charge et l'obtention sur prescription médicale d'Eden vont permettre de redynamiser l'image du préservatif, en envoyant un signal fort qu'il ne s'agit pas d'un gadget sexuel mais bien d'un véritable outil de prévention indispensable, (et permettre) de développer son usage, notamment auprès des jeunes et de nouveaux utilisateurs dont le pouvoir d'achat est très contraint », a estimé dans un communiqué le laboratoire Majorelle.  D’autres moyens de prévention sont déjà remboursés par la Sécurité sociale, c’est notamment le cas de la Prep, prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie.