Maladies cardiovasculaires : l’aspirine inutile

13 Septembre 2018
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Deux études présentées au récent congrès de l'European Society of Cardiology indiquent que l’usage quotidien d’une faible dose d'aspirine pour se mettre à l'abri des maladies cardiovasculaires n’est pas confirmé. Autrement dit : l'aspirine à faible dose donne des résultats décevants en prévention primaire de ces pathologies chez les personnes qui n’ont pas d’antécédent cardiovasculaire. En revanche, ce médicament garde toute sa place en prévention secondaire, donc chez les personnes ayant déjà été victimes d'un événement cardiovasculaire ou cérébro-vasculaire. Une première étude, dont les résultats ont été publiés dans The Lancet, a porté sur plus de 12 500 personnes âgées de plus de 55 ans pour les hommes et plus de 60 ans pour les femmes, avec un risque d'événement cardiovasculaire modéré (estimé entre 10 et 20 % à dix ans). Recrutés-es dans sept pays, les participants-es ont reçu quotidiennement soit 100 mg d'aspirine, soit un placebo. Deux groupes étaient ainsi comparés. Au bout de cinq ans en moyenne, un décès causé par une maladie cardiovasculaire, un infarctus du myocarde, une angine de poitrine instable, un accident vasculaire cérébral (AVC) ou un accident ischémique transitoire (AIT) est survenu chez respectivement 4,3 % et 4,5 % des personnes. Les auteurs de l’étude ont cependant noté une réduction de 47 % du risque d'infarctus chez ceux qui suivaient le mieux le traitement. Mais le risque de saignement digestif a doublé chez les premiers : celles et ceux sous aspirine. Les auteurs de l'étude constatent que, en raison de la bonne prise en charge des facteurs de risque des patients, le taux d'événements cardiovasculaires était nettement plus faible que ce qui avait été prévu. Dans ces conditions, l'aspirine est inutile… Une autre étude, dont les résultats ont été publiés dans le New England Journal of Medicine, a concerné près de 15 500 personnes ayant un diabète de type 2 – une population exposée à un risque cardiovasculaire élevé. Elles ont pris soit 100 mg d'aspirine, soit un placebo. Elles ont été suivies durant plus de sept ans en moyenne. Le risque d'infarctus, d’AVC, d’accident ischémique transitoire ou de décès de cause vasculaire s'est élevé à 8,5 % avec l'aspirine et 9,6 % avec le placebo. Cette baisse de 12 % du risque d'événement cardiovasculaire est significative. Mais, parallèlement des hémorragies graves ont été plus fréquentes chez les personnes prenant de l'aspirine que chez les autres. Le bénéfice lié à la baisse du risque d'événement cardiovasculaire majeur est annulé par une augmentation de même ampleur du risque d'événement hémorragique grave, concluent les auteurs.