Violences sexistes dans les médias

15 Mars 2019
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Dans les médias, les violences sexistes et sexuelles sont « massives ». C’est ce qu’indique une enquête menée en ligne auprès de 1 800 journalistes et étudiants-es en journalisme par les collectifs NousToutes, Prenons la Une et Paye Ton Journal. Cette enquête, baptisée #EntenduALaRédac, recense des cas dans plus de 200 rédactions. Elle a été lancée, fin février, dans la foulée de l'affaire de la « Ligue du LOL ». Elle visait à mesurer l'ampleur des violences sexistes et sexuelles au travail dans les rédactions françaises, en recueillant notamment des témoignages. Sur les 1 837 réponses (dont 271 émanant des écoles de journalisme), 1 500 personnes déclarent avoir été victime ou témoin d'au moins un agissement sexiste dans le cadre de leur travail, détaille l’AFP. Parmi elles, 199 personnes victimes d'agression sexuelle ont témoigné (dont 188 femmes) et deux cas de viols ayant eu lieu dans le cadre du travail ont été rapportés. Les trois collectifs, qui précisent que les répondants-es ne sont pas statistiquement représentatifs des journalistes en général (76 % ont moins de 40 ans, 80 % sont des femmes), estiment toutefois que l'ampleur des réponses et la diversité des rédactions concernées (270) « montrent que la thématique est d'actualité partout ». Parmi les principaux enseignements de cette enquête, il apparaît que les violences sont « plus fréquentes à la télévision que dans les autres médias » et « plus fortes vis-à-vis des femmes racisées et des hommes homosexuels ». Ces violences « commencent dès l'école de journalisme », les femmes pigistes y sont plus régulièrement exposées et les remontées d'information dans les rédactions ne fonctionnent pas, estiment les organisations qui ont mené cette enquête. « Les rédactions citées dans l'enquête ne disposent d'aucun système efficace de remontée d'information en cas de violences. Dans 83 % des cas, les faits de harcèlement sexuel ou d'agression sexuelle ne remontent pas aux RH (ressources humaines) ou à la direction », notent ces collectifs. Et « lorsqu'elles sont informées, les directions citées dans l'enquête ne traitent les violences que dans une petite partie des cas. En effet, dans 60 % des cas d'agression sexuelle comme dans 70 % des cas de harcèlement, les rédactions n'ont pas réagi suite au signalement ».